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Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Les activistes panafricanistes échappent à leurs sorciers
Yves-Léopold MONTHIEUX

Pour les partisans de l’autonomie de l’article 74, le maintien par l’Etat des pouvoirs régaliens était la parade parfaite contre toutes les dérives du statut annoncé. Dès lors que l’Etat garderait ses pouvoirs de police, de justice et de défense, il n’y aurait plus rien à craindre. C’était, à côté de l’idée qu’il était débile d’avoir deux collectivités sur un si petit territoire, l’argument-massue de la campagne électorale. Après le refus du « 74 » et la limitation du changement au périmètre de l’article 73, cet argument parut encore plus évident, alors que le millefeuille administratif allait s’enrichir de trois communautés d’agglomérations.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
C’est quoi, l’article 49, alinéa 3 ?
Yves-Léopold MONTHIEUX

Dans les régimes parlementaires, la prédominance du pouvoir législatif sur l’exécutif est naturelle car les assemblées élues représentent le peuple souverain. D’où la notion de démocratie représentative qui s’oppose à celle de démocratie directe, laquelle, sauf en de rares exceptions étroitement encadrées, est impossible à mettre en œuvre. Cependant, même ramenée à sa dimension représentative, la démocratie a encore besoin de mécanismes institutionnels qui rognent l’expression populaire, au profit de l’exécutif. Le déplacement du curseur peut conduire à la situation inverse : la prédominance de l’exécutif sur les assemblées. Cette primauté est généralement reconnue à la 5ème république, à l’inverse de ses devancières.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Ces "40%" qui rendent fous !
Yves-Léopold MONTHIEUX

Cet article vient en réponse aux réactions suscitées par la chronique précédente : « Retraites : qu’en est-il des Non-fonctionnaires ? » Mais les évènements se bousculent et au moment où j’écris ces lignes, la boucle semble bouclée. Plus française que la France, la Martinique s’est érigée en chef de file des "gaulois" contre la réforme de la retraite. Forte de cet intégrisme, elle pourrait atteindre sinon dépasser le record de durée de la grève du Cartel des fonctionnaires, en 1952. Il s’était alors agi de justice et de dignité tandis que le spectacle donné aujourd’hui à la télévision révèle de curieuses finalités et, plus encore, des méthodes singulières de solidarité.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Retraites : qu’en est-il de la situation des non-fonctionnaires ?
Yves-Léopold MONTHIEUX

J’ai écrit à plusieurs reprises qu’il n’est pas juste qu’en Martinique, aux caisses des supermarchés, se retrouvent deux catégories de citoyens : ceux qui bénéficient de la majoration de salaires de 40%, et les autres. Les fonctionnaires ayant la garantie de l’emploi, cet avantage peut être considéré comme une prime supplémentaire à cette garantie. S’il était justice et conforme à leur dignité d’aligner le traitement des fonctionnaires autochtones sur celui des métropolitains, il est moralement insatisfaisant qu’à l’injustice passée ait succédé celle qui, sur un même territoire, fait la différence entre les fonctionnaires et ceux qui ne le sont pas, c’est-à-dire tous les autres.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Affaire Chalvet : la guerre des syndicats (II)
Yves-Léopold MONTHIEUX

Le père Le QUERE a été sans le moindre doute le témoin le plus objectif et le plus au fait des événements qui se sont déroulés à Chalvet en février 1974. Grâce à ses fidèles, il était directement informé de ce qui se passait dans sa commune, en particulier sur le terrain de la grève. Il était un curé concerné.

Il a été l’interlocuteur direct de toutes les parties prenantes à l’affaire : les 2 syndicats, les maires de Macouba et du Lorrain. Il s’est retrouvé l’arbitre de la première manifestation du conflit syndical qui s’est déroulée au presbytère. Il est allé voir le cadavre d’HILMANY à la morgue du Lamentin l’après-midi du jour prévu pour l’enterrement. Il a servi de relai pour la transmission d’un message de l’UPLG de Guadeloupe au nouveau syndicat : message lu en public avec le porte-voix du syndicat. Il a été arbitre et acteur au cours des démêlés relatifs à l’enterrement d’HILMANY. Il s’est opposé au maire du Lorrain et, dans un premier temps, au maire du Macouba avec lequel il a fini par accepter un compromis. Il a fixé aux syndicats ses conditions pour le second enterrement. Il a écrit au préfet sa colère due au passage d’un hélicoptère au cours de la cérémonie. Nul doute que toutes ces informations rapportées dans le journal de la paroisse dorment dans les archives de l’archevêché, à Fort-de-France. Dans l’indifférence de l’histoire, la vraie.

En effet, rendu public par ANTILLA, le témoignage du curé n’a jamais été évoqué ni dans les ouvrages ni dans les journaux ni dans les films ni à l’occasion des rétrospectives des incidents de Chalvet. Cette page inestimable d’informations a été ME-TI-CU-LEU-SE-MENT ignorée par l’histoire de Chalvet telle qu’écrite par les historiens militants de Chalvet[1].

 

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Affaire Chalvet : la guerre des syndicats (I)
Yves-Léopold MONTHIEUX

Ce titre est celui de la longue interview du père LE QUERE, curé de la paroisse du Lorrain au moment des incidents qui se sont déroulés en février 1974 sur l’habitation CHALVET, à Basse-Pointe. Réalisé par l’hebdomadaire ANTILLA et parue le 11 février 2004 (N° 1077), cet entretien est signé ADV, sous le titre « Affaire Chalvet, un autre regard »).

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
France-Antilles : un accompagnement en pointillé
Yves-Léopold MONTHIEUX

La campagne faite en ce moment en faveur de France-Antilles, à laquelle je souscris, me conduit à publier dans MontrayKreyol la tribune légèrement modifiée que j’avais adressée au quotidien en novembre 2019.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Selon la commission STORA, décembre 1959 n’était pas une émeute politique .
Yves-Léopold MONTHIEUX

La récupération politique des incidents des 21, 22 et 23 décembre 1959 à Fort-de-France n’a pas échappé à l’historien Benjamin STORA qui présidait la commission chargée par le ministre des outremers d’enquêter sur les évènements. S’agissant des 3 victimes, la commission déclare : « On peut tout de même souligner que la mort les a inscrites dans un destin paradoxal : chaque famille voudrait, en effet, que son fils, son frère, son cousin, ne fût pas un émeutier, alors que l’action militante des années 1970 fera de « Marajo, Rosil et Betzi des révolutionnaires héroïques »

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Décembre 1959 et après : entre discours identitaire et réalité assimilationniste.
Yves-Léopold MONTHIEUX

Ma dernière tribune sur les évènements de la Martinique des 20, 21 et 22 décembre 1959[1], a essayé de mettre en lumière les dérives politiques et médiatiques d’un incident fortuit. Celui-ci avait été une aubaine pour les intellectuels de gauche qui avaient besoin de signes et de repères pour alimenter leur récit national et inscrire la Martinique au nombre des pays en espérance de décolonisation. Les déclarations ne suffisaient pas, il fallait des preuves. Intervenant dans les tout derniers jours de la décennie, sitôt après l’avènement de Fidel CASTRO à Cuba, et au cours des dernières convulsions de la guerre d’Algérie, l’incident arrivait à point nommé pour les anticolonialistes. De leur point de vue, il ne pouvait être que de nature insurrectionnelle. D’où l’instrumentalisation, que j’ai qualifiée de scandaleuse, d’un évènement qui ne constitue pas moins une date essentielle de l’histoire.




[1] Emeutes de décembre 1959 : une présentation scandaleuse de l’histoire.

 

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Emeutes de décembre 1959 : une présentation scandaleuse de l’Histoire.
Yves-Léopold MONTHIEUX

Ainsi donc, en ce mois de décembre 2019 une série de commémorations a commencé. Recommence donc la répétition d’une série d’ « arrangements » avec l’histoire, alors que les faits réels auraient, à eux seuls, mérité qu’on les enseigne à nos enfants. Mais nos politiques sont obnubilés par leur soif de raconter leur roman à leur convenance, en lieu et place des historiens. Et ils n’ont de cesse de déplorer que cette histoire trafiquée ne soit pas inscrite dans les manuels scolaires.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Le Racisme : « une latence conflictuelle qui pourrait s’amplifier »
Yves-Léopold MONTHIEUX

Ainsi donc, plus que tout autre pays au monde, la Martinique croule sous le vocable racialiste. Après « Négritude », « nègreries », « peau noire et masques blancs », « métissage » et autres sous-déclinaisons, il est désormais question de « noirisme », « békéisme », « mulâtrisme », « martinikaner », et j’en passe. En 2010, j’écrivais : « Je ne suis pas surpris par le cours que prennent aujourd’hui les choses, sauf en ce qui concerne leur rapidité et leur ampleur. Notre rapport au racial est certainement le fait sociétal le plus important apparu au cours du mouvement social de février 2009. Nous en sommes tous responsables : noirs, blancs, indiens, chabins, mulâtres, intellectuels, médias, riches, pauvres, religieux, profanes, élus... ».

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
UN REFERENDUM SUR L'INDEPENDANCE DE LA MARTINIQUE ? CHICHE !
Yves-Léopold MONTHIEUX

Raphaël Confiant souhaite que soit organisé un referendum sur l’indépendance de la Martinique. C’est un sujet qui n’est pas inopportun. Dans une incontestable léthargie populaire qui a gagné tous les acteurs politiques et économiques, se promeut un activisme sauvage qui s’est emparé des couleurs rouge-vert-noir du drapeau « national » martiniquais. Quoi de plus normal pour un indépendantiste, serait-on tenté de se dire ? A moins qu’il ne s’agisse d’une pure provocation intellectuelle de la part du polémiste qui nous habitués à cette forme d’agilité de l’esprit.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Deux malheurs mis bout à bout ne s’annulent pas, ils s’ajoutent
Yves-Léopold MONTHIEUX

Raphaël CONFIANT partage rarement les points de vue de votre serviteur, qu’il accepte cependant de publier, fort de son intelligence de la démocratie. Il subit sans doute des pressions l’invitant à me censurer. Plus souvent que rarement, il me tacle en off, ne serait-ce sans doute, que pour éviter que Montraykréyol ne se transforme en ring. Mon dernier article sur le Chlordécone et les vieux l’a pourtant tiré de son silence.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
La Martinique, île aux esclaves, aux pesticides et …aux centenaires
Yves-Léopold MONTHIEUX

Trois anecdotes.

La première. Il y a une vingtaine d’années, je débarque à Orly et prends un taxi pour Paris. Comme c’est souvent le cas, la conversation s’engage avec le chauffeur sur le fait de société du moment, non sans que j’aie à préciser que je suis martiniquais. C’est en effet la réponse à la question que m’a posée d’emblée mon interlocuteur et qui se pose de plus en plus aux ultramarins antillais débarquant en France : « venez-vous de la Guadeloupe ? ».  Hésitant, il me gratifie alors d’une bafouille qu’on pourrait traduire par « la Martinique, est-ce l’île où il y avait des esclaves ? ». Quelques années plus tôt, en pleine période du Goncourt, l’un de ses collègues m’avait cité Blaise Cendrars au lieu de Césaire à qui il avait attribué le livre Texaco. Moralité, ces gentils chauffeurs écoutent la radio et regardent la télévision.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Les « sots métiers » des défenseurs du peuple
Yves-Léopold MONTHIEUX

Les contempteurs du BUMIDOM se sont rarement attendris sur les véritables difficultés rencontrées par les jeunes gens qui sont partis sous l’égide de cette institution. On ne sache pas, en effet, qu’un parti politique martiniquais soit venu en aide aux plus malheureux d’entre eux, coupables d’avoir donné la main à une initiative gouvernementale.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Jacques CHIRAC, le « faux ennemi » de la gauche martiniquaise
Yves-Léopold MONTHIEUX

Au lendemain de la disparition de l’ancien président de la République, les réactions sont peu respectueuses des clivages politiques traditionnels. En Martinique, la droite lui sait gré d’avoir été un président gaulliste, à l’origine de plusieurs mesures positives pour les DOM dont deux des plus emblématiques furent la défiscalisation et l’extension du SMIG métropolitain. D’autres relèvent tout juste que l’ancien président de la République aimait nos accras et avait le bonheur de faire entrer le punch martiniquais à l’Elysée. D’autres encore, devenus marginaux, sont surtout arcboutés sur sa fameuse saillie sur les « bruits » et les « odeurs ». Cette tirade qui lui avait valu la réputation de raciste avait fait le miel de la gauche martiniquaise sur les murs et les discours pendant les campagnes électorales qui avaient suivi. Certains élus durent leur succès à ce facile argument.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Les 20 « Glorieuses » martiniquaises
Yves-Léopold MONTHIEUX

Au lendemain des incidents de décembre 1959, faisant l’éloge funèbre de l’une des 3 victimes, l’écolier Christian MARAJO, le vice-recteur Alain PLENEL résumait les 3 jours d’émeutes par une formule qui fit florès, « Les Trois Glorieuses ». En 1979, Jean Fourastié allait créer la formule « Les Trente Glorieuses » pour décrire les progrès de la période d’après-guerre, de 1946 à 1975. Le rapprochement de ces deux chrononymes me conduit à vous proposer un troisième qui correspond bien, me semble-t-il, à la période de 1962 à 1982, les « Les Vingt Glorieuses martiniquaises ».

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
LA "FUSILLADE DU LAMENTIN" ET LES DISEURS D'HISTOIRES
Yves-Léopold Monthieux

   Le quotidien FRANCE-ANTILLES a donné le 24 août dernier une raison supplémentaire de regretter, si elle était confirmée, sa disparition annoncée.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
Le racisme de la peau sauvée en Martinique.
Yves-Léopold MONTHIEUX

L’article de Raphaël Confiant paru dans Montraykréyol le 14 août 2019 fait un balayage de divers sujets qu’il semble avoir eu du mal à résumer dans le titre Cela proviendra sans doute de la crise française et mondiale… L’écrivain évoque, sans le dire, l’indépendance de la Martinique, qui devrait, à l’image des ex-colonies anglophones, relever plus de l’initiative de la France que de la volonté des autochtones. Il serait davantage question de largage que de conquête. Pas vraiment glorieux. Reste que vis-à-vis de la France, la Martinique ne peut être que dedans ou dehors. L’entre-deux ”autonomiste-nationaliste” ne peut pas signifier la fin du colonialisme, l’objectif visé.

Le bloc-notes d'Yves-Léopold MONTHIEUX
L’OJAM : « IL Y A AUTANT D’OJAM QUE D’OJAMISTES ».
Yves-Léopold MONTHIEUX

Après avoir relu le livre-témoin de Gesner Mencé, L’affaire de l’OJAM ou le Complot du mardi-gras ; revu le film de Camille Mauduech, La Martinique aux Martiniquais, acte I, et pris connaissance de l’acte II : une mine de révélations en mode de confessions ou d’aveux ; après avoir assisté à deux débats sur le film, dont l’un avec la participation d’anciens de l’organisation, il est possible d’avoir une bonne connaissance du phénomène de l’OJAM. Lequel n’eût jamais eu un tel retentissement sans la regrettable arrestation de quelques-uns de ses membres.