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Le bloc-notes de Jean BERNABE

Le bloc-notes de Jean BERNABE
Submorphémique et sémiophonie créole
Jean BERNABE

Les créoles sont des langues réputées à morphologie réduite. En réalité, il y a lieu de distinguer un créole plus nucléaire (CPN) et un créole plus périphérique (CPP), l’adverbe « plus » utilisé ici servant à éviter toute réification de ce qui relève plus de la représentation et de l’artefact que de la réalité objective. Le premier opère, rappelons-le, par retraitement et surtout réinterprétation des « inputs » issus des langues-mères (notamment le français, pour ce qui est des créoles à base lexicale française, comme, par exemple, le guadeloupéen ou le martiniquais, desquels je tirerai mes exemples), alors que le second opère en empruntant à la langue-mère (qui est la langue lexicalement pourvoyeuse ou langue lexificatrice) l’ensemble de ses ressources tant dans le domaine lexical que dans celui de la morphologie, surtout dans sa dimension dérivationnelle (Bernabé 1983).

Le bloc-notes de Jean BERNABE
La Créolité, vingt ans après

L’Éloge de la Créolité, paru sous la signature conjointe de Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et moi-même, constitue le support emblématique du Mouvement de la Créolité. L’ouvrage est tout d’abord paru en 1988, chez Gallimard. Mais c’est à partir de la seconde édition bilingue français-anglais en 1989 (toujours chez Gallimard), que cet ouvrage a commencé à se répandre largement hors des frontières de la France, comme en témoigne le succès dans les universités nipponnes de la traduction japonaise, assez vite intervenue. Le mouvement de la Créolité est né de la convergence entre deux types de démarches : l’étude théorique du fait linguistique et culturel créole, d’une part, et, d’autre part, une pratique littéraire se voulant ancrée tout à la fois dans les réalités et l’imaginaire des sociétés dites créoles.

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La dérive identitariste
Jean BERNABE

La question de l’identité n’a jamais été aussi cruciale qu’en ce moment de montée de l’identitarisme, idéologie particulièrement nocive à l’échelle de la planète. On a affaire à ce que je qualifie de dérive cognitive, la cognition étant l’ensemble des mécanismes à travers lesquels l’être humain fait fonctionner son esprit, en rapport avec le langage. Certains sont gérés correctement, d’autres sont biaisés, ce qui produit des conséquences délétères.

Le bloc-notes de Jean BERNABE
Jean BERNABE

Dènié simézon: an dlo lanmè pa ni chimen

An jou, dépi anwo Mòn Sokoto, éti toutt moun sav ou pé dékouvè toutt londjè ek lajè péyi a anba platpié’w, i té lonviyé lanmè a ka fè minimini anba klérans gwo soley-la. Dapré mwen, sé jou tala lidé’y di’y bay désann pa asou tèplatt, konsi tjek léman té ka ralé’y vini atoutt foss an manniè pou mété’y gadgad épi lanmè, konsidiré sé sel wotè ki té obidjoul pou’y.

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Jean BERNABE

Adan an dézienm simézon, sa ki pou’y san ta‘y poubon sé lari nan bouk, lavil ek lantouvil

Le bloc-notes de Jean BERNABE
Jean BERNABE

Kidonk, adan an dézienm simézon, sé té anni ki chimen latè…

Le bloc-notes de Jean BERNABE
Jean BERNABE

Poumié simézon

Fanm-tala, pannan konmen tan i batt lapikoré. Mi sé sa ki ba tibren lanng bon kabi aléliwon toutt péyi a, ki an tett mòn, ki an fondok fandjass, ki asou tèplatt. Sé té an fanm mayé. Li épi toutt fanmi’y té ka rété adan an bidim kay lakanpann atè Létan-Brilé. An lannuitt, tou lonji adan kabann lan, i mété’y ka lévé chalbari asou nonm li davrè i té soupwann li ka bay kòn épi an an lott fanm. Sé pa ti madichon, sé pa ti jouré i voyé ba boug la ! Afoss i babié, lanng li trapé langoudi é siwwè i té fett an zo, asiré sé démi i sé démi. Rivé an lè, yo tou lé dé glinsé do pou do adan an vié landòmi. Jou apré, madanm lan anni pran bò’y adan an chanm nan lott boutt kay la.

Le bloc-notes de Jean BERNABE
Jean BERNABE

         Avan poumié simézon an, ja ni zonzon

Yè oswè, man té adan lolo Manzè Yaya, toula ka pwan an ti pétépié épi an bon zig mwen. Konm nou pa té jwenn dépi konmen tan, nou bay adan an sel langann. An mitan chalè milan an, man mandé’y an nov anlè an jenn fanm i té palé mwen dotwa lanné ozavan, konmkwa fanm tala, sé té an moun ki té ka ba lari chenn aléliwon akondi an fonmi-fol. Pass, ni tjek tan, man té wè an bel moso lesbonm ki té ka vansé gran balan anvil, épi toutt dikanman’y. An jenness owonzon trant lanné, dé janm lonng kon golett, tété bien douboutt akondi dé bel kannon kolé-séré anba wob li, chivé koulè fil mango-vè. Afoss i té bel, pou lakanté limiè fidji’y té ka sipé andidan hatt soley la, man pa té pé kwè sé piess fol i té fol. Kidonk, davrè i pa té ni diètè an moun ki ped tett li, man di an fonfonn tjè mwen sé dwett té tjek sigré man pa té pé konnett ki té ba’y tousa balan nan kò’y. Davrè man té aswef sav ési sé té menm moun lan, man di’y:

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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
Jean Bernabé
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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
Jean Bernabé

Relancer la créativité linguistique créole est possible à la condition, il faut y insister, que cet effort s’inscrive dans une dynamique collective. Les raisons de croire à cette possibilités sont confortées par l’existence d’une richesse inexploitée parce que méconnue de potentialités du créole. Les mécanismes qui génèrent la productivité de cette langue sont opaques au créolophone de base, mais leur divulgation et leur appropriation peuvent et doivent s’inscrire dans une visée citoyenne en rupture d’avec les conceptions et pratiques politiques en vigueur à ce jour dans notre pays.

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Les migrations d’Homo Sapiens et leurs succédanés
Jean Bernabé

Le rapport à la terre constitue une des caractéristiques essentielles de la colonisation traditionnelle telle qu’elle a abouti à la formation de nos pays. Ce rapport, qui est avant tout d’appropriation individuelle, n’est pas étranger à la marchandisation. Cette marchandisation de la terre, dans le cadre du système ultralibéral où opère la mondialisation actuelle, est en train de faire l’objet d’une priorité absolue, ainsi qu’en témoigne, par exemple, l’émergence d’une «Chinafrique», qui gère un nouveau type de colonisation sans installation d’une colonie sur place, mais avec un achat sans précédent de foncier (terres arables, forêts, espaces miniers). La colonisation n’est pas moindre pour autant! Comment, dans le pays Martinique penser aujourd’hui une réforme ayant pour objet le rapport à la terre?

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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
Jean Bernabé
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Les migrations d’Homo Sapiens et leurs succédanés
Le bloc-notes de Jean BERNABE
Dialogue entre Frantz SUCCAB et Jean BERNABÉ

Le créole, français et perte de soi

Voici mon commentaire du second article de Jean Bernabé: «La place du langage dans les représentations attachées à la nation», dans la série LE RASSEMBLEMENT DU PEUPLE MARTINIQUAIS À L’ÉPREUVE DE LA CRÉATIVITÉ... Commentaire ou témoignage d’un itinéraire guadeloupéen? Votre choix sera la mien, si ça peut servir.

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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
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Les migrations d’Homo Sapiens et leurs succédanés
Jean Bernabé

Le choix par les élites guadeloupéennes, guyanaises et martiniquaises d’une décolonisation par intégration à la nation française est un choix tout à la fois paradoxal et inscrit dans une certaine logique historique. Nos pays sont en réalité en proie aux effets et méfaits d’une manière de néocolonialisme très singulier et très ambigu. Malgré des aspects apparemment positifs, ce dernier constitue un frein à une émancipation véritable. Ce frein peut-il être desserré? A quelles conditions?

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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
Dialogue entre Frantz SUCCAB et Jean BERNABÉ
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Le rassemblement solidaire du peuple martiniquais à l’épreuve de la créativité
Jean Bernabé

La langue constitue un espace particulièrement propice à l’évaluation de la manière dont un peuple « fait peuple ». Si les linguistes sont placés aux avant-postes de l’aménagement linguistique, si les écrivains détiennent de par leur travail créatif sur la langue une certaine capacité à la faire évoluer, il ne s’ensuit pas qu’ils soient en mesure de la modifier de fond en comble. La langue s’inscrit en effet dans le temps plus ou moins long et seule une démarche collective (souvent, mais pas toujours, liée à la succession des générations) est en mesure d’en infléchir le cours de manière significative.

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Jean Bernabé
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