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Les RIP automatiques de Facebook

Les RIP automatiques de Facebook

   Ce drôle de machin appelé Facebook est devenu le café du commerce 2.0. Autrefois, au temps jadis quand l'Internet n'existait pas, les crétins se rassemblaient autour des comptoirs des bistrots et débitaient leurs fadaises, un verre de rhum (en pays chaud) ou de vin (en pays froid) à la main, en prenant un air profondément philosophique. on appelait ça "les brèves de comptoir" et des journalistes se sont fait une spécialité de hanter les débits de boisson pour pouvoir les recueillir et ensuite les publier.

    Les grands penseurs de comptoir d'autrefois n'étaient pas bien méchants, leur capacité de nuisance ne dépassant pas les murs de leur bistrot favori. Aujourd'hui, l'Internet a démultiplié ladite capacité laquelle est devenue carrément exponentielle. Grâce à la vidéo, n'importe qui peut débiter toutes les sornettes possibles et imaginables à propos de n'importe quel sujet en prenant là encore des airs de grands savants. Mais le plus hilarant ce sont les RIP (Rest In Peace) que les facebokiens s'empressent de mettre en guise de "posts" dès qu'une célébrité quelconque a passé l'arme à gauche. Quand il s'agit d'un chanteur ou d'un sportif, passe encore, mais quand c'est le cas d'un intello ou d'un écrivain, c'en est à mourir de rire.

   Le sociologue machin vient de décéder ? Hop ! Les RIP fleurissent dans la seconde qui suit ainsi que les "posts" élogieux : "Un grand homme", "Un esprit brillant" et bla-bla-bla. Le seul hic, c'est tous ces "RIPeurs" n'ont jamais lu une ligne du macchabée en question et qu'ils l'ont juste vu parfois à la télé. C'est comme Jean d'ORMESSON : le pauvre a croulé sous les RIP et les hommages facebookiens, mais chacun sait que ces gens n'ont jamais, pour la plupart, ouvert un seul de ses livres. Les réseaux sociaux, comme l'avait bien perçu Umberto ECO, sécrètent l'inculture de masse dans ce qu'elle a de pire, l'inculture satisfaite et souvent arrogante.

   RIP la culture alors...

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