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QUAND GARCIN MALSA MOUCHE LES INTELLECTUELS DE LA CREOLITE…

Vendredi 9 janvier 2009, Garcin Malsa, maire de Saint-Anne (Martinique) et président du MODEMAS, passait à l’émission matinale « Politix » de RFO-Martinique. Interrogé sur le fait de savoir sil n’était pas découragé de voir que ses idéaux n’avaient guère avancé au cours des dix dernières années, il a rejeté la faute sur « les intellectuels qui ne font rien ». A la question de savoir qui étaient ces intellectuels, il a répondu : « Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé. » Questionné sur les domaines où ces derniers auraient dû être intervenus, il a cité, en autres, la question de la terre en Martinique, celle de l’expulsion des immigrés caribéens et celle de Gaza.

Il est d’abord curieux que quelqu’un qui dirige une mairie française, qui se ceint de l’écharpe bleu-blanc-rouge, même enveloppée dans du rouge-vert-noir, qui est deuxième vice-président d’un Conseil général français, et qui touche donc les indemnités qui vont avec ces fonctions fasse porter l’entière responsabilité de son échec politique à trois personnes. Comme si en plus, il n’existait que trois intellectuels ans notre chère Martinique que l’on dit pourtant être l’un des pays le plus diplômés du monde.

D’autant plus curieux que le même Malsa n’a trouvé personne d’autre pour rédiger la préface de son livre paru l’an dernier que…Patrick Chamoiseau. Il est vrai qu’un autre ouvrage (un opuscule intitulé « La Mutation Martinique »), publié il y a une dizaine d’année et signé du président du MODEMAS avait été entièrement écrit par le Prix Goncourt et quelques autres intellectuels. Cet opuscule fit longtemps office de Bible du mouvement écolo-indépendantiste.

S’agissant de la terre en Martinique, Raphaël Confiant n’a-t-il pas été durant une quinzaine d’années un militant actif de l’ASSAUPAMAR et de l’ADEVAMAR ? N’a-t-il pas, en 2007, publié, avec Louis Boutrin, deux ouvrages sur la question de l’empoisonnement des sols et des rivières par le chlordécone, faisant même une conférence sur le sujet dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à Paris et une bonne dizaine à travers la Martinique ? Chacun sait que sans la publication de ces ouvrages, jamais cette question n’aurait été posée de manière aussi forte, ce qui a obligé le gouvernement français à proposer des solutions, lui qui pendant 30 ans n’avait pas bougé. Quant à l’engagement pro-palestinien de l’auteur du « Nègre et l’Amiral », il est universellement connu.

S’agissant de Jean Bernabé, chacun connaît l’énorme travail qu’il a abattu au sein de l’Université des Antilles et de la Guyane sur la question si fondamentale de la langue créole depuis 1973. Si aujourd’hui, cette langue dispose d’une graphie stable, c’est grâce à lui. Si elle possède des grammaires, si une licence et un Master de créole ont été créés à l’UAG, si le CAPES de créole a vu le jour etc…, tout cela est dû à l’énergie extraordinaire développée par l’auteur de « Fondal-Natal ». Rappelons aussi qu’en 2007, R. Confiant a publié le tout premier dictionnaire du créole martiniquais : 2 tomes et 1.447 pages.

Alors ces trois intellectuels sont-ils vraiment des fainéants comme les en accuse Garcin Malsa ou au contraire ce dernier cherche-t-il à justifier ses insuffisances et ses échecs en faisant porter la responsabilité sur d’autres ? Et pourquoi cible-t-il la Créolité alors qu’il existe des dizaines d’autres intellectuels qui, eux, se la coulent douce, quand ils n’occupent pas des postes de fonctionnaires d’autorité au sein du système colonial français ?

MONTRAY KREYOL ne répondra pas à ces questions. Chacun jugera sur pièce. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que Garcin Malsa a donné là une bien piètre image de l’élu martiniquais.

« C’est pas ma faute, c’est les autres ! C’est la faute des intellectuels ! »

Lamentable…

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