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Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
Gérald BLONCOURT (1926-2018) : un regard engagé (2e partie)
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

En 1948, Gérald Bloncourt est embauché dans une entreprise parisienne où il apprend son métier sous la houlette du propriétaire M. Rativet. C’est l’époque des châssis-doubles, des plaques photosensibles en verre, du voile noir et de la poire en caoutchouc qui actionne le déclencheur au moment de la prise de vue. Il entame, en train, un périple à travers la France pour faire dans les écoles des photos de classe et apprend dans le même temps à pratiquer les retouches, la préparation des révélateurs.  Très vite ce métier le passionne.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
Gérald BLONCOURT (1926-2018) : Un regard engagé (1ère partie)
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

Gérald BLONCOURT a quitté ce monde, le 29 octobre 2018. Haïtien, il a eu un parcours marqué du sceau d’un idéal de justice et d’égalité, valeur héritée d’une  tradition familiale.

 Jeune homme, il a participé au côté de Jacques-Stephen Alexis et René Depestre à une révolte connue sous le nom des «Cinq Glorieuses», dont les aspirations confisquées resteront  la référence du combat à mener et à gagner en Haïti. Expulsé de son pays à l’âge de vingt ans, il sera en France reporter-photographe. Soucieux des humbles (ouvriers, immigrés, habitants des bidonvilles), il portera sur eux à travers l’objectif de son appareil photo, un regard bienveillant  et résolument engagé.

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« KONGOS de la GUADELOUPE – Rites d’une identité préservée »  de Justin-Daniel GANDOULOU
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

La Toussaint, en Guadeloupe, voit les familles se réunir autour des tombes illuminées dans une atmosphère conviviale. Mais sur les hauteurs de Cambrefort à Capesterre Belle-Eau, perdure une façon atypique de célébrer le souvenir des défunts.

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« Le créole de la Guadeloupe / Nègres-marrons » Gérard LAURIETTE (1975)
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

Le Guadeloupéen Gérard LAURIETTE  fut un des pionniers de la mise en valeur de la langue et de la culture créoles. Radié de l’Education Nationale, il fonda  en 1966,  L’Association Guadeloupéenne d’Education Populaire (AGEP). Ses recherches et expériences pédagogiques s’articulèrent autour de l’idée que l’élève guadeloupéen devait partir de ce qu’il connaissait et de la langue qu’il parlait pour pouvoir s’ouvrir sans dommage et plus aisément à une autre culture et à une autre langue. 

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
« Couleur de peau stigmates et stéréotypes » de Patricia BRAFLAN TROBO
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

En Guadeloupe, on le sait, pour des raisons historiques, la couleur de peau signale souvent (parfois à tort) l’origine qualifiée abusivement de raciale des individus et en même temps leur origine sociale. Et c’est ainsi qu’on parle de « blancs » et de « noirs » ou « nègres », ces derniers désignant les descendants des Africains réduits en esclavage. Dans son ouvrage, Patricia Braflan-Trobo rappelle d’emblée que le «nègre» n’existe pas, qu’il est le fruit d’une construction idéologique raciste ayant permis méthodiquement, au cours des siècles, de faire perdre à des femmes et des hommes la conscience de leur humanité. Et de se référer, notamment, à l’auteur afro-américain Na’im Akbar qui décrit la technique éprouvée de « fabrication du nègre » et ses effets tenaces sur les générations suivantes qualifiés d’« expressions actuelles de l’esclavage mental ». Elle note que nombre de Guadeloupéens peuvent aujourd’hui encore privilégier une identité fondée sur leur couleur de peau avant de se penser essentiellement en tant qu’être humain.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
« Victoire, les saveurs et les mots » de Maryse CONDE
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

Dans cet ouvrage, Maryse CONDE, reconstitue l’histoire de sa famille. Elle raconte avec la volonté affichée de ne rien travestir (faut-il croire l’écrivaine ?), à commencer par les noms des siens et les différents épisodes de leur histoire personnelle, datés et circonstanciés. De plus, l’auteur se met en scène en tant que meneuse d’enquête. Afin d’en en savoir plus sur ses origines, elle fouille dans les papiers et archives, elle interroge les témoins, lit les journaux de l’époque, elle se déplace sur le terrain. Mais pour expliciter certains points obscurs, interpréter des comportements énigmatiques, Maryse Condé se souvient bien sûr qu’elle est romancière et elle invente de quoi raccommoder les lambeaux d’une histoire pleine de trous et de silences.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
“Vansé san loprésyon”
Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

 Mwen maké tèks-lasa an kréyòl-gwadloup. An touvé lenspirasyon adan sa yo ka kriyé « Le Testament de Baltimore », on poèm (Desiderata, 1927) a Max Ehrmann (1872-1945).  Mwen pa mofwazé-y an kréyòl chouk- pou- chouk. Tèks an-mwen pa menmparèy a ta Max Ehrmann. Mwen enki voyé douvan sé lidé-la ki té ka sanm mwen fondal adan  pawòl-maké a-y.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
                        Trois romanciers israéliens : Sayed KASHUA , Orly CASTEL-BLOOM et Yossi SUCARY.
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Yossi SUCARY, dans « Emilia et le sel de la terre », s’inspire de la discrimination subie en Israël par les Juifs sépharades dominés par les Juifs ashkénazes. Sayed KASHUA, dans « Les arabes dansent aussi » brosse le portrait paradoxal d’un Arabe palestinien, citoyen israélien.  Les deux auteurs développent le thème d’une quête identitaire problématique. Quand à  Orly Castel-Bloom, elle illustre dans « Textile » les thèmes universels que sont Le sens de la vie, la peur du vieillissement, la mort ainsi qu’un certain désenchantement, voire une angoisse générée par la société dans laquelle elle vit. Les trois ouvrages sont traduits de l’hébreu.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
Harlem  de Eddy HARRIS (USA)
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Dans cet ouvrage E. Harris nous raconte  ce qu’il appelle son retour à  Harlem, bien qu’il n’y ait jamais vraiment vécu. Enfant, il s’y rendait avec son père.  Il y séjournera deux ans au début des années 90, afin de se frotter  aux réalités d’un lieu mythique n’ayant pas, selon lui,  tenu ses promesses et devenu  pourvoyeur   de désespérance.

E. Harris  aimerait, pour sa part,  être défini non pas comme un noir, mais comme « un homme tout court », ce qui ne l’empêche pas de revendiquer avec ferveur ses origines et  son histoire ; c’est pourquoi il  prend  le pouls de cet Harlem  à la dérive qui n’en finit pas de hanter sa conscience.

 

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
Arundhati ROY « Ben Laden secret de famille de l’Amérique »
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Arundhati ROY est une écrivaine indienne. Son roman « Le Dieu des petits riens », best-seller international,  a obtenu en 1997, le prestigieux Booker Prize. Un mois seulement après l’attaque du World Trade Center de New York en 2001, elle publie un pamphlet intitulé « Ben Laden secret de famille de l’Amérique dans le journal  Le Monde.

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« La Soufrière de la Guadeloupe, un volcan et un peuple »*
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Michel FEUILLARD (1932-2013), ingénieur géophysicien, est connu pour avoir dirigé, pendant plus de 30 ans, le Laboratoire de Physique du Globe de la Guadeloupe. Il était à la manœuvre lors de la période éruptive de la Soufrière en 1976. Avec cet ouvrage consacré au volcan de son pays, l’auteur nous invite à découvrir une passion qu’il voudrait voir mieux partagée. Pour ce faire, il explore pour nous de nombreux aspects en rapport avec la Soufrière, qu’ils soient historique, géographique, scientifique, événementiel, anecdotique. Ce livre entend permettre une appropriation circonstanciée du volcan par les Guadeloupéens, tous les Guadeloupéens et pas seulement les spécialistes; les lecteurs y trouveront de quoi satisfaire leur curiosité, de quoi s’instruire et prendre conscience que la « vieille dame » fait partie intégrante de leur identité collective.

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Edouard GLISSANT (1928-2011) : Le penseur du « tout-monde »
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Poète, dramaturge, essayiste et romancier martiniquais, Edouard Glissant est aussi un philosophe, un penseur qui fait de l’écriture et de la réflexion un métier. Pour lui, le rôle de l’écrivain étant de «fouiller par-dessous l’apparence des choses pour tenter de dégager des lignes de force», il lui faut «mettre en relation les lieux, les cultures, les imaginaires du monde.».

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« Adèle et la pacotilleuse »  de Raphaël CONFIANT
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Céline Alvarez Bàà est pacotilleuse. Son métier l’amène à parcourir tous les pays du Bassin caribéen de Cuba à Trinidad, de Cayenne à Panama en passant par Maracaïbo. Céline connaît tous les genres d’hommes et de femmes, toutes les langues, toutes les façons de parler le créole : « l’abrupt haïtien, mangeur de voyelles ; le chantonnant guadeloupéen, le martiniquais aux élans nasillards, le saint-lucien surtout avec ses intonations saxonnes ». Elle achète et vend d’île en île des produits du monde entier : des miroirs et des peignes en écaille de tortue venus de Chine, des montres à gousset, des encriers, des marteaux venus d’Europe, des noix de muscade, du café, du rhum,  du tabac des Antilles, des soieries du Levant …

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« Anansi boys » de Neil GAIMAN (Angleterre)
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Charles Nancy, plus communément appelé Gros Charlie vient de perdre son père, un mauvais père, oisif, fantasque, joueur impénitent de dominos, passionné de karaoké… qui lui faisait honte. Gros Charlie est gaffeur et gauche; s’étant trompé d’enterrement, c’est sur la tombe béante d’un parfait inconnu qu’il fait une fausse déclaration d’amour filial. Une voisine mieux renseignée que lui, révèle que son père n’était pas un homme comme les autres, que c’était un dieu, le dieu appelé Anansi. Sur la lancée, elle apprend à un Charlie pantois, qu’il possède un frère, héritier de tous les pouvoirs divins de leur père et que pour le faire venir, il suffit d’en informer une araignée.

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Symbole de la Noire aliénée pour Frantz FANON, Mayotte CAPECIA n’était pas celle qu’il croyait
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Quand sort, en 1952, l’ouvrage «  Peau noire masques blancs », Mayotte CAPECIA, devient sur la lancée, à travers la démonstration de Frantz FANON, le parangon de l’Antillaise aliénée. FANON voit en Mayotte, l’auteur de « Je  suis martiniquaise » paru en 1948, un  double parfait de son personnage romanesque et la condamne sans appel. Mais grâce à une biographie écrite par Christiane P.MAKWARD, nous savons aujourd’hui que le roman  est en fait le fruit d’une création collective masculine élaborée chez un éditeur parisien, à partir du journal écrit par un Blanc, lieutenant de marine et pétainiste. L’écrivaine Mayotte CAPECIA n’existait  pas.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
« De Panama à la Guadeloupe, la vie de Dubail ELISA »
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Le canal de Panama a été construit, il y a 100 ans, en grande partie grâce à l’exploitation de travailleurs caribéens, notamment de Guadeloupéens. Beaucoup sont morts sur ce chantier monstrueux, beaucoup par la suite se sont intégrés dans la société panaméenne. Mais certains nés à Panama en sont revenus. C’est le cas de Dubail ELISA, dont la mémoire est aujourd’hui sauve grâce à son biographe Ary BROUSILLON.

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« Le silence des Chagos » de Shenaz PATEL  (MAURICE)
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

A Diego Garcia, une île de l’océan Indien située dans l’archipel des Chagos, la vie était simple, sans surprise. Avant l’aube, on se présentait devant l’administrateur chargé de répartir les tâches. Les uns gagnaient la grande case, les autres les cocoteraies et Charlésia, (l’héroïne du roman), la sécherie dans laquelle le calorifère extrayait des noix l’huile de coprah. La vie était agréable à Diego Garcia. Dans la traditionnelle caraille à fond bombé, juchée sur les quatre roches d’un foyer, on préparait le seraz : des tranches de poisson frit nappées de pulpe de coco. A tour de rôle, le samedi soir, on organisait le sega : les tambours en peau de raie donnaient la cadence et dans la lumière des lampes, on dansait.

Mais un jour, une injonction fut donnée aux habitants. « Il fallait partir. Là. Maintenant. Tout de suite. C’était un ordre. Sans discussion. Sans appel. Sans raison. Il fallait partir. » A la nuit tombée, le bâtiment chargé d’une population hagarde et pétrifiée prit le large et sa cargaison humaine quitta Diego Garcia pour ne plus y revenir.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
« Le briseur de rosée »  Edwidge DANTICAT (HAÏTI)
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

La structure du roman peut désarçonner car le lien ne paraît pas évident d’emblée entre les différents chapitres, qui ne correspondent pas pour autant aux critères propres à la nouvelle. Galerie de portraits et situations. Tous les personnages sont d’origine haïtienne et vivent aux Etats-Unis.

Le bloc-notes de Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
« Bicentenaire » de Lyonel TROUILLOT (HAÏTI).
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

« Bicentenaire », c’est la chronique d’une mort annoncée. Nous sommes à Port-au-Prince, un dimanche de l’année 2004, à l’heure de la commémoration du 200è anniversaire de l’indépendance d’Haïti. Le titre ne détermine en rien ce qui va nous être raconté, à savoir les heures qui vont précéder une manifestation anti-gouvernementale vouée au carnage car, nous dit le narrateur, « les années se suivent et se ressemblent par delà les anniversaires ». En fait, la tragédie à venir n’est pas symbolique d’une date précise même si un vieillard désemparé au milieu d’une foule chargée par la police trouvera la force de s’écrier : « Mais, c’est l’année du Bicentenaire, tonnerre ! Il y a un pays à construire. »

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 Gérard LAURIETTE (1922-2006), l’homme qui a tenu tête.
Marie-Noëlle RECOQUE-DESFONTAINES

Pédagogue émérite, Gérard Lauriette a toujours refusé d’être « un fonctionnaire robot ». Sorti Major de sa promotion à l’Ecole Normale, il décide à l’âge de 20 ans d’échapper à « l’asservissement intellectuel du blanc ». Son originalité et son esprit kaskòd font qu’il est expulsé de l’enseignement public sous prétexte d’« aliénation mentale »,  avant d’être mis à la retraite d’office à l’âge de 39 ans. Toute sa vie il attendra vainement d’être reconnu pour ce qu’il était, à   savoir un «écrivain didactique»  ayant produit nombre d’ouvrages destinés le plus souvent aux élèves en difficulté scolaire. Dans l’école privée qu’il a fondée, il a appliqué ses méthodes et obtenu  des résultats témoignant de leur efficacité. Convaincu que l’enfant guadeloupéen devait partir de ce qu’il connaissait afin de pouvoir s’ouvrir à une autre langue et à une autre culture, il a préconisé l’usage du créole en classe pour favoriser les apprentissages. Gérard Lauriette, alias Papa Yaya, est mort le 17 août 2006.