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Un Autochtone qui a lutté pour changer le nom des Redmen obtient son diplôme de McGill

Jessica Deer
Un Autochtone qui a lutté pour changer le nom des Redmen obtient son diplôme de McGill

Un étudiant membre des Premières Nations, qui a mené la campagne pour que l’Université McGill change le nom de ses équipes sportives masculines, a obtenu son diplôme, la semaine dernière, en tant que l’un des rares majors de promotion autochtones de l’institution montréalaise.

Tomas Jirousek, membre de la Première Nation Kainai, en Alberta, a reçu un diplôme en science politique et a été le major de sa promotion au sein de la faculté des arts.

« Chacun de mes pairs autochtones qui se sont rendus jusqu’à cette étape a surmonté un grand nombre d’obstacles, simplement pour atteindre cet objectif », a-t-il déclaré.

Le jeune homme de 22 ans, qui entamera un programme de droit à l’Université de Toronto à l’automne, affirme que sa distinction a suscité à la fois de la fierté et de la peine.

Il y a quelques décennies, mes grands-parents n’auraient probablement pas été acceptés dans une université comme McGill sans perdre leur statut. J’ai beaucoup réfléchi à cela au cours des derniers jours.

Tomas Jirousek

M. Jirousek serait le premier étudiant des Premières Nations à recevoir ce niveau de distinction de la part de l’université montréalaise.

Durant les 10 années où Kakwiranó:ron Cook, conseiller spécial en matière d’initiatives autochtones, a occupé son poste, celui-ci affirme qu’il n’y a eu aucun autre major de promotion originaire des Premières Nations. L’an dernier, le Métis André Moreau a obtenu son diplôme en tant que major de promotion de la faculté de droit.

 « Cela témoigne du chemin que nous avons parcouru, mais aussi des obstacles qu’il faut encore franchir », a mentionné M. Jirousek.

« Je vois toutes ces personnes autochtones brillantes qui ont marché dans ce sentier auparavant et qui n’ont jamais eu l’occasion d’être majors de promotion. Cela me fait mal de savoir que ces opportunités n’étaient pas accessibles. »

Changer le nom des Redmen

Pendant ses études, M. Jirousek a également été membre de l’équipe d’aviron de l’université et était commissaire aux Affaires autochtones de l’association étudiante, où il a cherché à éduquer et à sensibiliser les étudiants en faveur de la réconciliation active. Il a notamment mené la campagne pour que les équipes sportives masculines, toutes appelées Redmen, changent leur nom.

Les équipes portent ce nom depuis la fin des années 1920. Selon l’université, l’appellation découle des couleurs portées par les joueurs.

Cependant, des symboles, connotations et surnoms autochtones officieux ont été colportés par les médias et les amateurs de l’équipe. En avril 2019, Suzanne Fortier, la principale et vice-chancelière de l’université, a pris la décision de laisser tomber le nom en question.

« Je dois faire part de ma gratitude envers les étudiants qui ont entamé ces démarches avant moi », a indiqué Tomas Jirousek.

« Chaque étudiant autochtone qui a occupé des responsabilités, qui nous a représentés avant que je ne sois là, chaque étudiant autochtone qui a fait entendre sa voix sur le campus a balisé un peu plus le sentier pour favoriser le changement de nom. »

Un prix pour le courage moral en faveur de la réconciliation

Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, à Ottawa, est aussi professeure en travail social à l’Université McGill. Elle a écrit une lettre de recommandation pour que M. Jirousek soit nommé major de sa promotion.

« J’ai été grandement impressionnée par son leadership, par la grâce, la sagesse et la dignité avec lesquelles il a mené la campagne pour changer le nom des Redmen et par son engagement en faveur de toutes les formes de réconciliation et d’enjeux sociaux sur le campus », a-t-elle dit.

« J’ai vraiment eu l’impression qu’il est un exemple que tous les étudiants devraient tenter de suivre lorsqu’il est question de s’attaquer au racisme et à la discrimination systémiques. »

M. Jirousek dit être fier de son impact sur le campus. Ses efforts lui ont valu de recevoir la première édition du Prix du courage moral en matière de réconciliation de l’organisation Indigenous Accessd McGill.

« Lorsque je suis arrivé à l’université, tout avait l’air plus effrayant. Je me rappelle avoir vu d’autres étudiants autochtones finir par décrocher parce que nous étions si peu nombreux. J’ai presque perdu espoir à certains moments », a ajouté le jeune homme.

« Alors que j’obtiens mon diplôme, je sens que la machine s’est mise en route. Nous voyons des étudiants autochtones se tenir sur les fondations de ce que nous avons bâti collectivement au cours des générations, et je sens que les choses ne font que s’améliorer. Je suis vraiment fier de dire que j’ai participé à cela. »

Post-scriptum: 
Tomas Jirousek a été nommé major de sa promotion à l'Université McGill, notamment pour ses démarches en faveur de la réconciliation. PHOTO : PHOTO : COURTOISIE

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