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SHEHATA, ÉLECTRICIEN ÉGYPTIEN : « ET ALORS ? SADATE AUSSI ÉTAIT NOIR ! »

À l’annonce de l’élection de Barack Obama, l’hebdomadaire français {MARIANNE} a mobilisé ses correspondants à travers le monde afin de recueillir des opinions tant de gens de pouvoir que de personnes de la rue. Cela donne un Hamid Karzaï, président de l’Afghanistan qui supplie Obama de faire l’armée américaine arrêter les massacres de civils dans son pays à l’étudiant chinois qui dit qu’en Chine, on ne fait pas de politique et qu’il ne connaît même pas le nom de l’adversaire d’Obama, en passant par l’épicier israélien qui dit se méfier du nouveau locataire de la Maison Blanche parce que son deuxième prénom est « Hussein ».

De ce tour du monde, de Berlin à Sydney, de Mexico à Moscou, c’est la réflexion d’un simple électricien égyptien qui nous a semblé la plus pertinente :

{{ « Et alors ? Sadate aussi était noir ! »}}

En effet, il y a exactement 38 ans, en 1970 donc, l’Égypte élisait un président noir, Anwar Al-Sadate, lequel avait été auparavant vice-président du grand Gamal Abdel-Nasser, celui qui renversa le roi Farouk et instaura la République. L’arrivée au pouvoir de Sadate dans un pays majoritairement « blanc », ou en tout cas clair de peau, ne déclencha aucune hystérie médiatique ni en Égypte ni à travers le monde.

D’ailleurs, tout comme Obama qui se réclame d’abord « Américain », Anwar Al-Sadate se vivait tout à la fois égyptien, arabe et musulman. Il est resté 21 ans au pouvoir avant d’être assassiné, non pas parce qu’il était noir, mais parce que les islamistes estimaient qu’il était un traître pour avoir signé un accord de paix avec Israël.

Le « post-racial », comme on dit maintenant, l’Égypte l’avait déjà pratiqué, il y a… 38 ans !