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Politique à la Martinique : à quand la fin du bal masqué ?

Politique à la Martinique : à quand la fin du bal masqué ?

 Le seul vote sincère aux Antilles, en particulier en Martinique, est le vote en faveur des candidats de la Droite assimilationniste.

  Pourquoi ?
 Pour une raison fort simple : l'idéologie du candidat correspond exactement aux souhaits de ceux et celles qui ont déposé un bulletin dans l'urne en sa faveur. Chez tous les deux, on veut le maintien de la Martinique dans l'ensemble français, on vénère le drapeau bleu-blanc-rouge, la langue française, l'école républicaine, l'Eglise catholique etc. et on exècre les idées que l'on qualifie de "séparatistes" à savoir celles des autonomistes et des indépendantistes. 
  A l'inverse, le vote pro-autonomiste et pro-indépendantiste est un bal masqué.
  Pourquoi ?
 Parce qu'on se retrouve dans une sorte de Kay Nana, non pas carnavalesque comme à Cayenne, mais politique : le candidat danse masqué, de la tête aux pieds, et son partenaire, l'électeur, lui, est à visage découvert. Le premier, autonomiste ou indépendantiste, va, sur les tréteaux électoraux égrener une liste interminable de projets (désenclavement des campagnes par-ci, aide aux personnes âgés et aux jeunes par-là, construction de tel ou tel équipement soi-disant indispensable etc.) sans jamais parler idéologie. Ce n'est qu'à la toute fin de ses discours, dans une phrase, voire une demi-phrase, qu'il va faire allusion à son positionnement politique sur l'échiquier martiniquais. 
  L'électeur, quant à lui, n'est dupe de rien : il sait pertinemment que lorsqu'il met un bulletin dans l'urne pour un autonomiste, c'est dans l'espoir d'obtenir quelque avantage ou "filon" (feuilles de tôle, sacs de ciment, poste à la cantine pour sa soeur ou sa fille etc.). Et quand il met un bulletin dans l'urne pour un indépendantiste, c'est parce qu'il sait que ce dernier ne piquera pas dans la caisse, ne se sucrera pas au passage. C'est un vote pour l'intégrité (supposée) du candidat, pas un vote en faveur de l'idéologie indépendantiste.
  Mais le pire dans tout cela, c'est que le candidat autonomiste ou indépendantiste sait, lui aussi, pertinemment pourquoi on a voté pour lui et pourquoi il a été élu. Il sait très bien que ce ne sont pas des partisans convaincus de la justesse de l'autonomie ou de l'indépendance. Si tout cela n'est pas un bal masqué, si ce n'est pas du Kay Nana politique, alors on ne sait pas comment le qualifier. Il faudrait que nos grand politologues universitaires, audio-visuels et facebookiens se penchent sur la définition à lui donner.  
 A la vérité, la chose n'est pas si compliquée et elle porte déjà une désignation bien locale : le Compère-lapinisme.
 Sauf que depuis quelque temps, le mouvement des activistes a mis à nu le caractère malsain de ce comportement hérité de l'époque coloniale et du système d'"Habitation". On peut penser ce que l'on veut des actions de ceux-ci et pour notre part, nous les jugeons inefficaces, incapables en tout cas d'ébranler sérieusement le système colonial ou néocolonial dans lequel vit la Martinique, mais il est tout simplement inadmissible de les qualifier de "vandales" comme l'ont fait S. LETCHIMY et D. LAGUERRE. Ils expriment la juste colère d'une certaine jeunesse qui voit, jour après jour, son pays être bradé. Oui, bradé, il n'y a pas d'autre mot. 
 Les grandes déclarations d'élus (es) dénonçant, comme ceux de PEYI-A, les violences policières ne mangent pas de pain. C'est du pur opportunisme car chacun sait que tous nos élus (es), DE QUELQUE BORD POLITIQUE QU'ILS SOIENT, n'ont plus qu'une idée en tête, une seule : les futures élections territoriales de mars 2021. Chacun (e) donc s'affaire déjà à préparer son bal masqué, à entamer des négociations avec tel ou tel, à envisager telle ou telle alliance du premier tour, voire du deuxième tour, certains (es), quinquagénaires pour la plupart, voire presque sexagénaires, osant même se présenter comme des "jeunes" face aux caciques, il est vrai octogénaires ou presque, du Kay Nana politique martiniquais. Sauf que ces messieurs-dames semblent oublier que les vrais jeunes sont celles et ceux qui s'activent devant les supermarchés, le Palais de justice et l'Hôtel de police.
 Si ces jeunes en arrivent aujourd'hui à casser des statues, c'est par rejet du système en place et notamment de tous ces élus (es) de tous bords qui se contentent de gérer ledit système au lieu de poser la vraie question, la seule qui importe : celle de l'accession à la souveraineté nationale de la Martinique, cela d'abord par une étape d'autonomie pour en arriver à l'indépendance. Déplacer des statues comme à Rivière-Pilote il y a 36 ans, les brûler comme celle de De Gaulle au Morne Rouge une quinzaine d'années plus tard, couper la tête de Joséphine sur la place de La Savane à Fort-de-France, une dizaine d'années plus tard, ça, on sait faire ! Et depuis longtemps. Sauf que cela n'a strictement rien changé au statut politique de la Martinique et n'a pas fait avancer l'idée d'autonomie d'un millimètre ni celle de l'indépendance d'un demi-millimètre.
 La seule et unique façon de répondre sérieusement au désarroi de notre jeunesse, ce n'est pas de pondre des communiqués de dénonciations des violences policières ni de faire des déclarations de soutien grandiloquentes à la radio ou à la télé, c'est de prendre, enfin !, une initiative forte. On en est loin quand on lit cet extrait d'une déclaration de Johnny Hajjar, secrétaire général du PPM :
 "L’absence de réponses claires et le silence de l’État deviennent exaspérants face aux problématiques majeures que vivent les Martiniquais, notamment celles de l’empoisonnement au chlordécone. Malgré l’identification formelle des responsables grâce à la commission d’enquête parlementaire, il n’y a aucune réponse de l'Etat."
 Ce beau monde attend donc une "réponse claire de l'Etat" tout en énonçant une grossière contrevérité : ce n'est pas la prétendue commission parlementaire sur le chlordécone de S. Letchimy en 2019 qui a permis "l'identification formelle des responsables", mais bien les associations écologiques martiniquaises et cela depuis au moins 15 ans. Sans même rappeler qu'en 2007, ce même Letchimy, alors député-maire de Fort-de-France, avait rameuté les revendeuses des différents marchés de la ville pour qu'elles défilent dans les rues en conspuant les noms des écologistes L. Boutrin et R. Confiant, coupables d'avoir dénoncé l'usage du chlordécone dans un livre ("Chronique d'un empoisonnement annoncé") au motif que ces derniers cherchaient "à ôter le pain de la bouche" desdites revendeuses !
  Quand tous ces politiques arrêteront-ils leur carnaval de suffisance ?
 Quand comprendront-ils que la Martinique a besoin d'une initiative forte ? Et cette initiative ne peut, ne saurait, ne devrait être qu'une seule. La suivante : exiger du gouvernement français un référendum sur l'autonomie dans un premier temps, puis sur l'indépendance dans un second temps. Rien d'extraordinaire : la France en a déjà organisé plusieurs en Kanaky (Nouvelle-Calédonie) et le prochain se déroulera en octobre prochain. Elle sait faire...
 Nous ne sommes pas les Noirs américains des Français ! Nous sommes un peuple, nous sommes une Nation, qui a sa langue, son histoire, sa culture propres et qui vit à 7.000kms de son colonisateur. Or, toute Nation a vocation à devenir un Etat. C'est le chemin qu'on ouvert avant nous, les pays qui nous entourent dans notre Caraïbe. Donc, un peu de courage, mesdames et messieurs les élus autonomistes et indépendantistes ! Vos tractations en vue des élections territoriales de 2021, ON S'EN FOUT !

Commentaires

Véyative | 19/07/2020 - 08:11 :
On sait tous que pour le PPM et le MIM, les plus représentatifs, c'est mort : ils ne vont rien revendiquer. Mais et ce nouveau parti au nom évocateur "PEYI A"? Nouveau pour faire quoi de cette cause: plan , projets...ETC . Regardez nous dans les yeux, les Nilor, Nadeau et Nella, palé ba nou.

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