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PLANTU (1) LE PETIT PERROQUET ET LE FIER TOCORORO...

M. Mélenchon est le seul homme politique à avoir affirmé publiquement que Cuba n'était pas une dictature et de marteler qu'il n'acceptera de parler de Cuba que lorsque le blocus criminel étatsunien sera levé, que les 5 otages cubains détenus arbitrairement aux États-Unis seront enfin libérés. Et il le dit avec toute sa verve, sa conviction, sa passion et ça fait mal à tous ces perroquets, médias et politiques, dont « l'analyse » se résume au suivisme poltron et bien-pensant de leurs maîtres. Oui, il dérange ! Oui, il ose afficher clairement pour qui il se bat ! Oui, il ose évoquer ces dirigeants du continent Sud-Américain qui ont réussi par les urnes à convaincre leurs peuples et à installer la démocratie dans leurs pays. Mais ils ont surtout, contre vents et marées, avec un courage exemplaire, tenu leurs promesses de campagne. Pire, la population les encourage en les maintenant au pouvoir. Pour tous ces pays, ne vous en déplaise, Cuba est un phare, pas un modèle, non, mais une étoile farouche qui brille au loin, de tous les « possibles » !

Avez-vous oublié que depuis 52 ans, les États-Unis mènent une guerre cruelle et impitoyable contre ce petit pays qu'ils ont toujours considéré comme leur chasse gardée, leur 51ème état ? Ils n'ont jamais toléré son audace, sa détermination à imposer sa propre façon de vivre avec, cela vous étonnera sans doute, l'assentiment de son peuple. Cuba est victime de la plus longue et terrible campagne terroriste de l’histoire orchestrée par les États-Unis. Elle a coûté la vie à 3 478 Cubains et a paralysé 2 099 personnes. En outre, la sale guerre économique que Washington mène contre Cuba depuis le 6 juillet 1960 dépasse tout entendement. Elle viole toutes les normes internationales dont la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Chaque année, ce blocus inique et unique au monde est condamné à la quasi-unanimité par l’ONU mais les États-Unis, donneurs de leçons patentés, adressent chaque fois au Monde, un véritable bras d’honneur !

Ces 52 années de lutte âpre à préserver son indépendance et les acquis de sa révolution, l'ont obligée à brûler des sommes énormes pour se défendre alors qu'ils auraient pu les consacrer à leur développement. En outre, le blocus étatsunien leur a déjà coûté plus 100 milliards de dollars ! Où en serait Cuba aujourd'hui si les E-U ne s'étaient pas comporté en criminels durant tant d'années, dans le seul but de désespérer le peuple cubain et de le retourner contre ses dirigeants ? Mais voilà, ils ont résisté encore et toujours, vent debout, convoquant à la fois la mémoire prestigieuse de leurs glorieux aînés indépendantistes, Cespédès, Marti ou le Che, et la force de conviction de leur Commandante qu'ils appellent affectueusement Fidel, voilà bien ce qui est gênant car ce peuple-là ne se bat pas avec des baïonnettes dans le dos, non, il sait pourquoi il se bat et que ce combat est l'un des plus difficiles qu'il aura affrontés.

La brutalité de l'interventionnisme par la force subissant échecs sur échecs, alors on se met à dénigrer systématiquement la nation cubaine y compris en tentant de salir celui qu'on avait auparavant promu au rang d'icône, le Che. On instruit uniquement à charge, on fabrique une poignée de « dissidents », de « prisonniers politiques » que l'on décore jusqu'en Europe, pour tenter de leur donner une légitimité mais qui, selon l'aveu même des États-Unis et malgré les sommes considérables qu'il leur sont versées pour les inciter à créer la subversion, sont pratiquement invisibles et totalement discrédités auprès d'une population qui sait qu'ils ne sont que de petits mercenaires à la solde de la CIA.

Savez-vous que ce pays pacifique n'a jamais attaqué personne ?(2) Bien au contraire, il a développé un internationalisme généreux dont les vecteurs principaux sont la santé et les méthodes éducatives qui lui confère un grand prestige auprès de nombreux pays dans le monde ? Ils n'exportent ni la guerre ni leur modèle économique ! Qu’il est gênant pour tous ces donneurs de leçon, d’apprendre que plus de trois millions de latino-américains ont appris à lire et écrire en utilisant la méthode cubaine « Yo si puedo » ! Qu’il leur est insupportable de constater que sur les 70 000 médecins que compte Cuba presque 20 000 interviennent dans 14 pays d’Afrique et d’Asie et en Amérique latine comme au Honduras, en Haïti, Bolivie ou au Venezuela où 20 000 personnes ont déjà été soignées pour des problèmes oculaires, avec comme seule préoccupation, le bien-être des populations ! Que toute cette générosité, cette incroyable ténacité, que les engagements révolutionnaires que 50 ans d’actes de guerre et de harcèlements n’ont jamais entamés, continuent à être mis en œuvre avec succès, leur est parfaitement intolérable !

Savez-vous que la première visite du Président Nelson Mandela en exercice fut pour Cuba, en reconnaissance de son engagement décisif contre le régime odieux de l'apartheid ?

Savez-vous que dans ce pays on vote beaucoup plus souvent qu'en France ? Que la démocratie participative est aussi respectable que la démocratie représentative ? Savez-vous aussi qu'en 2002, plus de 8 millions de cubains ont signé, s'engageant à rendre intouchable leur constitution née de la Révolution ? Savez-vous que le parlement Cubain est reconnu par toutes les instances internationales ?

Savez-vous que depuis 52 ans, ni l'armée, ni la police n'ont jamais tiré sur un cubain ? Ce sont les mafieux de la diaspora cubaine de Miami, soutenus et protégés par tous les gouvernements étatsuniens, qui ont ensanglanté par leurs attentats meurtriers, le sol cubain ? Savez-vous que Fidel Castro jouit auprès de son peuple d'un immense respect, qu'il témoigne à son Commandante une grande affection et lui accorde, ayant traversé tant de tumultes, de bruit et de fureur, une grande sagesse.

Savez-vous enfin que notre Président d'honneur, Georges Wolinski, qui connaît bien Cuba pour l'avoir parcourue en tous sens, pour avoir rencontré son peuple, ses représentants, ses artistes, pourrait vous dire que vous êtes un con pour en parler si mal sans jamais y avoir mis un pied ? Et que jamais des hommes de talent comme Charb et nombre de ses amis de Charlie Hebdo ne tomberaient dans cette caricature sans nuance, haineuse, de la société cubaine véhiculée par ses pires ennemis.

Oui, Cuba a une vision du monde différente de la vôtre, oui elle est progressiste et internationaliste. L'homme est au centre de ses préoccupations, la solidarité entre eux n'est pas un vain mot, l'éducation, la santé, la libération de la Femme, la prise en charge des anciens, la protection de l'environnement et bien d'autres choses encore sont des valeurs fondamentales d'où le fric pour le fric est exclus.

Oui Monsieur Plantu, « Cuba est victime d’un état de siège féroce, d’un acharnement médiatique venimeux. Pourquoi ? Sinon parce qu’elle symbolise l’espoir d’un monde meilleur, où les êtres humains ne sont pas condamnés à l’humiliation quotidienne et au désespoir ».

Aussi, Cuba Si France tient à saluer le courage de Jean-Luc Mélenchon quand il ose défier tous les représentants des média complaisants avec la politique anti-cubaine des États-Unis et que l'Europe suit servilement, en dénonçant les mensonges quotidiens qu'ils assènent avec arrogance, comme des vérités d'évidence.

Alors, M. Plantu, s'il vous reste un brin de lucidité et d'objectivité, avant d'emprunter un ramage belliqueux de perroquet au plumage bien fade du "politiquement aseptisé" pour taxer "le régime de La Havane" comme vous dites, de dictature, informez-vous sérieusement comme un journaliste doit le faire, au lieu de tenter de ternir le chant de liberté du plus beau des symboles de Cuba et de son peuple, le farouche Tocororo.

Enfin, permettez-nous, en raison de notre proximité de voisinage avec le Monde, de vous suggérer de passer nous voir. Il nous semble bien qu'il vous manque un pan entier de la réalité cubaine, et si vous êtes curieux et enclin au dialogue, des informations supplémentaires pourraient vous être hautement profitables.

Aristide Briand (3) écrivait : « Il est un droit supérieur à tous les autres : c’est le droit pour une nation de vivre dans son indépendance et dans sa fierté »

Jacques Milhas (4)

NDLR :

(1) Plantu est un dessinateur de presse et un caricaturiste français, tant reconnu en France qu'au niveau international. Il propose ses caricatures pour le journal Le Monde.

(2) Cuba n'a jamais attaqué personne. Mais durant la guerre froide et notamment en Afrique, les forces cubaines ont été le bras armé de l'Union soviétique dans sa lutte contre les États-Unis, notamment en Angola

(3) Aristide Briand est une figure de la III ème République, vingt fois ministre, prix Nobel de la paix suite aux accord de Locarno. Cet avocat, ministre de la Justice de Clemenceau a tenté d'obtenir l'abolition de la peine de mort.

(4) Jacques Milhas est membre de l'association Cuba Si France. Âgé de plus de 75 ans, il fut un grand coureur cycliste professionnel. Il est né à Auch dans le Sud-Ouest de la France et a beaucoup couru avec le frère du grand champion landais André Darrigade, champion du monde sur route en 1959, au palmarès inégalé à ce jour, qu'il a d'ailleurs battu au sprint dans une nocturne à Mont-de-Marsan en 1964 à laquelle j'assistais. En dépit de son âge, Jacques Milhas (maïs en occitan) est un ardent défenseur de la liberté des prisonniers cubains, incarcérés aux États-Unis pour avoir essayé d'infiltrer un réseau de terroristes cubains anti-castristes. Il milite dans une association, très structurée, par des actions, des marches, des pétitions, etc, qui me paraissent peu efficaces. Mais il ne faut pas dire à ce vieux routier, que, par lassitude, on risque de mettre pied à terre dans la montée du col. On prend alors, un sacré coup de gueule.

Thierry Caille

Photo du logo : une statue, art révolutionnaire

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