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MARTINIQUE : COVID-19 ET ENSEIGNEMENT EN LIGNE

MARTINIQUE : COVID-19 ET ENSEIGNEMENT EN LIGNE

 Dans les pays "avancés" (Japon, Taïwan, Corée du Sud, Singapour etc.), il y a des lustres que l'enseignement en ligne a pénétré l'école primaire et secondaire.

 Evidemment, tous les cours n'y sont pas en ligne, mais au moins un bon tiers, voire la moitié dans certains pays. Cette forme d'enseignement est, qu'on le veuille ou non l'avenir, même si dans d'autres pays "avancés" (Etats-Unis, Canada, France etc.), il concerne principalement l'enseignement supérieur. L'épidémie de Covid-19 aura eu au moins cet avantage de permettre à nos professeurs des écoles, collèges et lycées de la Martinique de s'y initier et d'en mesurer à la fois les avantages et les inconvénients. Il n'y a qu'une "sénateuse", qui ne connaît rien à l'enseignement, pour s'imaginer que l'école en ligne est synonymes de Club Med et pour réclamer la réouverture des écoles le 11 mai. Elle se croit encore à l'époque de la Rue Cases-Nègres et de José Hassam, quand des instituteurs en costume-cravate, baguette à la main, bourraient le crâne des enfants du peuple avec le subjonctif imparfait, les ancêtres Gaulois qui vivaient dans des cités lacustres ou les vignobles d'Aquitaine.
 D'ailleurs, l'enseignement en ligne est aussi une chance pour les pays dits "moins avancés" d'Afrique, d'Amérique du sud et d'Asie, là où l'Etat n'a pas les moyens de créer des écoles partout, notamment en dehors des grandes villes. Il y a également longtemps que dans certains de ces pays, l'alphabétisation et la scolarisation fonctionnent en ligne, donnant des résultats tangibles. La Martinique n'étant généralement considérée ni comme "avancée" ni comme "moins avancée" continuera-t-elle à demeurer dans sa position favorite à savoir l'arrière-train entre deux chaises ? En fait, toujours en retard d'un train, quoi ! Et cela le plus souvent par la faute de politiciens ignares et démagogues comme celles et ceux qui réclament à cors et à cris que nos élèves regagnent leurs classes sans plus tarder.
 Grâce ou à cause du Covid-19, enseignants et élèves de chez nous ont donc pu se frotter à l'enseignement en ligne. Les premiers ont découvert que ce n'est pas du tout la sinécure que certains s'imaginaient : il est beaucoup plus facile de faire un cours en présentiel, puis de regagner le parking de son école et de rentrer chez soi avec le sentiment du devoir accompli. L'enseignement en ligne, lui, n'a pas d'horaires, de 18h hebdomadaires, de sonnerie de la récréation, de fin des cours ou de weekends. Il mobilise l'enseignant à n'importe quel moment ! C'est pourquoi d'ailleurs, dans d'autres secteurs d'activité, les syndicats dénoncent le télétravail comme la forme moderne de l'exploitation capitaliste. Donc quand la "sénateuse" fait croire que nos enseignants se sont tournés les pouces depuis deux mois, non seulement, elle les insulte, mais en plus, elle démontre son ignorance crasse des méthodes pédagogiques modernes.
 Car enfin, nos enfants, sont des Millenials, c'est-à-dire des personnes nées avec le siècle nouveau, le XXIe, et l'informatique n'a aucun secret pour eux. Ils passent leur temps sur des tablettes, des ordinateurs ou des Iphones ! Si leurs parents sont demeurés au stade de José Hassam, pas eux ! C'est dire donc que les deux mois d'enseignement en ligne qui viennent de s'écouler n'ont rien eu d'extraordinaire ou de terrible pour la plupart d'entre eux. Certes, une partie d'entre eux est victime de la fracture numérique, mais ce n'est pas la majorité. N'importe quel gamin de 10 ans sait mieux manipuler un ordinateur que son père de 35 ou 40 ans et évidemment que son grand-père de 60 ou 70 ans !
 Donc si cette forme d'enseignement a pu poser problème ici et là, ce n'est ni de la faute des enseignants ni de l'inadaptation de leurs élèves, mais tout simplement parce que le système éducatif français est en retard sur celui des pays "avancés". Le système PRONOTE, par exemple, a pu connaître ici et là des bugs et les opérateurs téléphoniques ont pu ne pas se montrer à la hauteur, mais il y a justement des leçons à tirer de tout cela pour commencer à envisager le passage à la modernité. 
 A moins que nous ne voulions rester à l'époque de la Rue Cases-Nègres... 

Commentaires

Véyative | 01/05/2020 - 08:25 :
J'ai toujours pensé que l'école est restée trop classique alors que tout bougeait autour d'elle. L'enseignement en ligne ? Oui , c'est une évidence, mais avec une présence alternée en classe. Qu'en attendre? Moins d'élèves agressifs, moins de déplacements sur les routes, moins de bâtiments..etc. Que le coronavirus nous apporte une nouvelle société!

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