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Linivèsité Bouliki liméwo 9 - On Touris, Sonson é sé Gwounouj-la.

Hector POULLET
Linivèsité Bouliki liméwo 9 - On Touris, Sonson é sé Gwounouj-la.

Sonson té ka fè chofè taksi.

Touris-la, li, té sòti-fin débaké asi tè lilèt-la.

Il té las kon las fèt

davwai té pasé sitèlman tan adan  vant a avyon-la !

E mi i té rivé la, an mitan on bann moun avè po fonsé a-yo

ka palé on kalité wanni-wannan i pa té ka konpwann.

Adan ki péyi i té débaké la ?

Gwadloup ?

Matinik ?

Yo té di-y i té ké adan on dépatman-Lafwans !

I té rivé koté katrè-laprémidi é adan on batzyé

Solèy-la té anni kasé labadijou.

Syèl-la té liminé èvè zétwèl klérant

E katyé-lalin la kant a-y té ka pwan on pozisyon

akwèdi on hanmak

pou kèk Pyéro- oswa Jan-lalin fengnan

vini lonji-pozé kò a-y. 

Enkyèt kon takyèt Touwis-la mandé chofè taksi-la :

  • Les oiseaux chantent ici après le coucher du soleil ?
  • De quels oiseaux parlez-vous Monsieur ? Ici nous n’avons point de rossignol, les oiseaux dorment quand il fait nuit.
  • Mais ce concert, ces trilles et parfois ce solo qu’on entend, ces cui-cui-cui, ne s’agit-il pas de chants d’oiseaux ?
  • Non Monsieur, ce sont des Hylodes de Martinique.
  • Des comment dites vous ?
  • Des Hylodes ! Des grenouilles terrestres qui vivent dans les bois.
  • Ah ! Vous voulez dire des espèces de rainettes ! Mais dites, elles doivent être énormes, pour faire autant de bruit, ne serait-ce pas plutôt des crapauds ?
  • Non, ce ne sont pas des rainettes car elles n’ont pas les pattes palmées et ne savent pas nager, elles ne vivent donc pas dans les mares comme vos rainettes, ce ne sont pas non plus des crapauds  et par ailleurs elles ne sont pas plus grosses que l’ongle de votre pouce.
  • Ah oui, et elles font tout ce bruit ? Mais dites, d’où savez-vous tout cela ? Vous êtes un spécialiste de la faune locale ? C’est dans votre formation de chauffeur de taxi ?
  • Non, Monsieur,  absolument pas, je l’ai appris à l’école élémentaire.
  • Ah bon ! Elémentaire ?
  • Oui, car voyez-vous, ici, à l’école nous apprenons à mieux connaitre notre environnement, comme du reste notre langue créole, pour bien les aimer, les protéger et savoir en parler à nos visiteurs curieux, ceux qui veulent mieux nous connaitre.

 

  • Merci de la leçon.

Aprésa touris-la anni pé-bouch a-y tèlman i té wont limenm a-y, ka kalkilé asi diférans a kilti, chak pèp, chak kilti, i pa té kay rété viv ababa pou mò kouyon asi on péyi i té vini jous la pou té konnèt,  i rété bouch a-y fèmé jiktan yo rivé adan lotèl-la ola i touvé zanmi touris a-y.

 

Vokabilè : mo pou konnèt.

Davwa : parce que.

Wanni-wannan : de l’anglais : « one-one », jargon, charabia.

Kasé labadijou : casser la barre du jour, le soleil passe l’horizon pour aller se coucher sans les longs crépuscules qu’on connait au-delà et en deçà des Tropiques du Cancer et du Capricorne.

Pé-bouch : « paix (à la) bouche », se taire, garder le silence.

Pyéro-lalin : Pierrot ou Jean de la Lune.

Hylodes de Martinique : Eleutherodactylus martinicensis de la famille des Hylidés, est une espèce de grenouille endémique. (sources : Histoire naturelle des Amphibiens et Reptiles terrestres de l’Archipel Guadeloupéen par Michel Breuil, Muséum National d’Histoire Naturel).

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