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Le pays de Toussaint-Louverture et de Dessalines livré aux gangs

Le pays de Toussaint-Louverture et de Dessalines livré aux gangs

 Le président haïtien a beau se livrer à des rodomontades, disant qu'il enverra l'armée dans le "bounda" des gangs, la situation en Haïti s'aggrave jour après jour.

  Elle semble même, aux yeux de nombre d'observateurs, presque hors de contrôle, cela au moment où, de l'autre côté de la frontière, en Dominicanie, on vient d'assister à une transition politique à la tête du pays sans que cela ne provoque ni violence ni chaos. En effet, c'est quasiment tous les jours que des voyous armés (dont certains sont des criminels déportés par les Etats-Unis) assassinent des gens un peu partout à travers la patrie de Toussaint-Louverture et de Dessalines.
 Les médias, tout naturellement, mettent en exergue les assassinats de personnalités comme celle d'une poétesse connue et de son mari ou plus récemment du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, mais dans le peuple, dans les quartiers populaires, la terreur règne en maître dans l'indifférence de la communauté internationale. Un peuple déjà livré à la misère, au chômage, à l'habitat insalubre, à l'absence d'infrastructures médicales, parfois même à la faim.
  Haïti a adhéré à l'Union Africaine et pourtant cette organisation qui compte 54 pays ne dit rien !
   L'OEA (Organisation des Etats Américains) ne pipe mot non plus. Pas plus que le CARICOM. Comme si le sort des 12 millions d'Haïtiens importait peu. Le deuxième pays indépendant de tout le continent américain (après les Etats-Unis) et la première république noire du monde moderne mérite pourtant le plus grand respect, elle qui a dû payer une "dette", en fait une rançon, à la France, en 1825, d'un montant d'1 million de franc-or de l'époque soit 28 milliards de dollars d'aujourd'hui. Rançon qu'elle a remboursé rubis sur l'ongle pendant presque tout le 19è siècle, 40% du budget national y étant consacré chaque année. Rançon qui a empêché la construction de routes, d'écoles, de dispensaires, d'hôpitaux et a coulé économiquement le pays. Et puis, il y a eu l'occupation américaine de 1915 et la très dure lutte menée pour chasser les Yankees, ce qui a à nouveau affaibli Haïti. Et il y a eu ensuite le Duvaliérisme, cette déformation éhontée de la Négritude, qui a fini de mettre le pays à genoux.
 Il y a surtout une bourgeoisie mulâtre, syro-libanaise, allemande et plus tardivement noire qui a pillé et continue de piller ce qui reste.
  Mais le peuple haïtien est encore debout ! Il souffre, il paie chaque jour l'incurie de cette bourgeoisie alliée aux Etats-Unis, mais il continue à résister autant que faire se peut. Sauf que depuis deux ans, tout semble avoir basculé : les gangs font désormais la loi. Partout, dans les quartiers populaires mais aussi dans les quartiers bourgeois, les gens sont à leur merci et souvent, il s'agit d'une violence gratuite qui ne vise même pas à voler quoi que ce soit. C'est cela qui est le plus grave. Et le plus difficile à combattre !
   Il faut de toute évidence un sursaut caribéen et sud-américain pour éviter qu'Haïti ne s'effondre complètement...

Commentaires

Michel P. | 09/09/2020 - 22:17 :
Ainsi, les Républiques ont une couleur. La République haïtienne est noire. C'est même la "première" République noire. En fait, c'est la seule République qu'on qualifie de la sorte (Cf. recherche Google). On ne parle pas de deuxième République noire. Ce serait le Liberia, sans doute. Ancienne Côte du Poivre africaine, des esclaves afro-américains libérés l'ont colonisé sous son nom actuel. La situation conflictuelle entre ces colons et les autochtones a fini par donner une guerre civile dont le pays peine à se remettre. A noter qu'on n'utilise pas les termes "République jaune" ou "République blanche". Quand Nadine Morano déclare que la France est un pays de "race blanche", on s'indigne, à juste titre.

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