Accueil
Aimé CESAIRE
Frantz FANON
Paulette NARDAL
René MENIL
Edouard GLISSANT
Suzanne CESAIRE
Jean BERNABE
Guy CABORT MASSON
Vincent PLACOLY
Derek WALCOTT
Price MARS
Jacques ROUMAIN
Guy TIROLIEN
Jacques-Stephen ALEXIS
Sonny RUPAIRE
Georges GRATIANT
Marie VIEUX-CHAUVET
Léon-Gontran DAMAS
Firmin ANTENOR
Edouard Jacques MAUNICK
Saint-John PERSE
Maximilien LAROCHE
Aude-Emmanuelle HOAREAU
Georges MAUVOIS
Marcel MANVILLE
Daniel HONORE
Alain ANSELIN
Jacques COURSIL
Le billet du jour

Le Martiniquais est « dérespecté »

Le Martiniquais est « dérespecté »

   Depuis quelque temps, la multiplication des « affaires » à la Martinique commence à interpeller le citoyen moyen, pas toujours spécialement intéressé par la chose politique. Le plus souvent, en effet, il confie son bulletin de vote à quelqu’un qui est élu et qui est censé le représenter. Et le représenter dignement ! Qu’il y ait, de temps à autre, des choses pas claires ou des scandales qui éclatent, cela n’a rien de bien extraordinaire puisque c’est le lot commun de tous les pays du monde, l’homme n’étant pas un être parfait et le politicien l’étant, en général, encore moins. Mais que les affaires s’enchaînent comme ces derniers temps, qu’il y ait une succession de scandales, heureusement relayés par le Net et particulièrement les réseaux sociaux, comme c’est le cas dans l’île aux fleurs (fanées) depuis quelque temps, a de quoi inquiéter.

   Inquiéter parce que nous sommes à trois mois d’une élection majeure, celle de la Collectivité de Martinique, et l’on aurait espéré qu’à l’occasion de ce tournant dans l’histoire de ce pays, cet événement historique même, nos dirigeants politiques laissent tomber leurs vieilles habitudes et s’investissent dans un projet novateur pour le pays. Or, tel n’est pas du tout le cas, hélas ! Il n’a jamais été vraiment question de vision nouvelle, de programme qui sorte du ronron politicien traditionnel, mais plutôt de…remplacement générationnel.

   Quand on connaît l’ampleur des problèmes qui assaillent la Martinique, surtout la jeunesse frappée de plein fouet par le chômage et la drogue, ce comportement a quelque chose d’à la fois pathétique et « dérespectant ». Se battre pour occuper des postes juste parce qu’on a un appétit de pouvoir et non parce qu’on porte un projet radicalement différent de celui des plus expérimentés, quel que soit leur âge, est une offense envers notre jeunesse, mais aussi  à l’égard de l’ensemble de la population martiniquaise. C’est un spectacle lamentable qui lui est offert et qui, très certainement, nourrira l’abstention en décembre prochain. Apparemment, cela n’inquiète pas spécialement nos dirigeants politiques qui ont déjà intégré cette donnée dans leurs petits et grands calculs électoraux, chacun se voyant déjà à telle ou telle place sur la liste de son parti respectif, d’aucuns étant cependant agacés par la loi sur la parité qui en laissera un bon nombre sur le carreau.

   Pour en revenir auxdites affaires, le PPM remporte tout de même la palme ces derniers temps. Il y a d’abord eu l’ahurissant spectacle d’un conseiller général qui, en plein hémicycle, a tenté de dédouaner son fils attrapé dans un trafic de drogue au motif que ledit fils ne serait qu’ « une petite main ». On comprend, certes, la souffrance d’un père, d’autant que cela peut arriver à n’importe qui, du bas en haut de l’échelle sociale, mais n’y a-t-il pas quelque indécence à chercher, dans l’enceinte d’une collectivité, à minimiser les méfaits de son propre rejeton ? D’autant plus que c’est « la petite main » qui est au contact du consommateur, c’est elle qui distribue donc le poison, et elle n’est pas moins condamnable que le « boss » du réseau de trafiquants. Est-ce que Ti Sonson, dont le fils est impliqué dans un tel trafic, dispose d’une tribune d’où il peut dédouaner urbi et orbi son fils ? Non, bien sûr.

   Il y a eu ensuite la tragi-comique histoire de la valise remplie de 600.000 euros saisie à l’aéroport sur un individu portant le même patronyme qu’un haut responsable du PPM. Somme énorme qui, de toute évidence, ne peut provenir d’une activité légale, sinon pourquoi tenter de la faire passer en douce ? Un transfert bancaire eut été plus simple. Là, encore nul n’est responsable des faits et gestes de ses parents, surtout quand il ne s’agit pas de proches parents, mais pourquoi s’entêter à nier publiquement un lien de parenté ? Le site BONDAMANJAK a écrit plusieurs fois que le porteur de la fameuse valise était bel et bien le neveu du haut responsable du PPM et ce site n’a pas été traduit en justice pour diffamation jusqu’à plus ample informé.

   Avant tout cela, il y a le scandale majeur de ces deux dernières années : celui du CEREGMIA. Comment peut-on admettre qu’un directeur de cabinet à la Région Martinique puisse mensongèrement écrire que la présidente de l’Université des Antilles n’a soulevé cette affaire que dans l’espoir ou le but de se voir offrir une deuxième place éligible sur la liste du MIM aux élections de décembre prochain ? D’abord, il n’y a pas de liste du MIM, mais du « Gran Sanblé » lequel est une coalition de 6 partis ; ensuite, le machiavélisme de la présidente de l’université aurait été tel, qu’elle aurait donc délibérément demandé à la Cour des Comptes, institution complètement indépendante, de venir à l’UAG en 2011, pour que le rapport accablant de cette dernière sur le CEREGMIA, paraisse juste en 2013 et qu’elle puisse exploiter ce rapport dans l’objectif de la collectivité en 2015 ?  C’en est ridicule ! Cette accusation grotesque, visant à protéger les dirigeants du CEREGMIA, aurait dû, si nous étions en démocratie, valoir une sanction exemplaire à ce directeur de cabinet, chose qui n’a été aucunement le cas. De toute façon, elle montre bien qu’attaquer la gestion du CEREGMIA équivaut, dans la tête de ce directeur de cabinet, à attaquer le PPM ! Il y a là de quoi méditer ! Triste exemple pour notre jeunesse martiniquaise ! A tout cela, il faut ajouter l’acharnement misogyne d’autres membres du PPM (tel Camille Chauvet) contre une présidente d’université qui n’a cherché qu’à faire son travail, confrontée qu’elle a été à 4 rapports accablants contre les dérives financières de ce laboratoire de recherches universitaires.

   Et puis, tout récemment, l’affaire dite désormais « Conconne ». A savoir la mise en examen de la 1è vice-présidente du Conseil régional, de son frère et de son compagnon, dans deux affaires différentes. Sans entrer dans le détail de ces deux affaires, il convient de remarquer tout d’abord qu’une mise en examen n’est pas une décision anodine. Elle dénote qu’il y a suffisamment d’indices graves et concordants pour prendre une telle décision. C’est un geste fort, un geste lourd de conséquences et qui ne se prend pas à la légère. Autrement dit le juge s’est prononcé forcément sur la base d’enquêtes policières et non sur de simples bruits de couloirs ou de vulgaires ragots. D’ailleurs, si cela ne portait pas à conséquence, pourquoi Mme Conconne a-t-elle présenté une lettre de démission au Président de Région ? Que sa communication se soit pris les pieds dans le tapis n’est la faute de personne. Tout ce qui est sûr c’est que M. Letchimy, selon les textes régissant les collectivités territoriales, n’était pas en droit d’accepter ou de refuser ladite démission. Qu’il ait dit devant les médias qu’il l’a fait,  relève soit d’une ignorance des textes, ce qui est inquiétant, soit d’une volonté d’outrepasser ceux-ci, ce qui reflète un esprit autocratique. Dans les deux cas, le PPM a « dérespecté » la population, d’autant qu’il n’a pas jugé utile de faire de nouvelles déclarations, devant cette même population qui l’a pourtant élu.

   On n’en finirait pas d’établir la liste des « affaires » qui polluent la vie politique martiniquaise depuis quelque temps et qui sont liées au parti fondé par Aimé Césaire, du moins à certains de ses membres. Il y a celle des terrains régionaux attribués à des amis, celle d’EXPAY qui a ruiné nombre de petites entreprises locales, celle de « l’achat » d’opposants par le biais de subventions régionales (comme cette commune du sud quasi en faillite pour mauvaise gestion) etc…etc…

   Mais il n’y a pas que le PPM, il y a aussi d’autres politiciens de droite, de gauche, voire d’extrême-gauche, qui n’hésitent pas à faire de la démagogie pour s’attribuer la sympathie des futurs électeurs de décembre prochain. Comme ceux qui se sont agrégés au mouvement de protestation des enseignants néo-titulaires menacés de perdre le bénéfice de leur concours si jamais ils refusaient leur mutation dans l’Hexagone à compter de la rentrée de septembre. Si on avait connu les politiciens en question en tant que grands défenseurs de l’éducation à la Martinique, s’ils avaient été porteurs d’un quelconque projet de rénovation de celle-ci, passe encore ! Mais tel n’est pas le cas. Il s’agit purement et simplement de récupération politicienne et là encore, le Martiniquais est « dérespecté ».

   Tout ce qu’on peut dire à nos politiciens, c’est : RESAISSISSEZ-VOUS, S’IL VOUS PLAIT ! Ne serait-ce que pour la jeunesse de ce pays ! Arrêtez de croire que les électeurs seront amnésiques en décembre et qu’ils iront dans l’urne y déposer leur petit papier, sans changement pour personne !

  

   

Connexion utilisateur

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.

Pages