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LA SOLITUDE DE NICOLAS LAMIC, MARTINIQUAIS AGRESSÉ PAR DES GENDARMES FRANÇAIS

Il campe à nouveau à l’entrée du Palais de Justice de Fort-de-France, sous quelques bâches, et cette fois, non content de ne plus s’alimenter, il a décidé de ne plus boire d’eau, ce qui met sa vie même en jeu. « Il » c’est Nicolas Lamic, jeune enseignant en Sciences de l’Education sur le campus de Schoelcher que rien ne prédisposait à arriver à une telle extrémité. Sollicité deux fois par lui pour être l’un de ses témoins de moralité dans les deux procès que lui a intenté un gendarme français, j’ai pu observer son visage à la fois calme et serein tout en étant marqué par l’incrédulité. Incrédulité d’être ratonné dans son propre pays et puis d’être accusé de…racisme alors que sa femme est blanche et que le couple a deux enfants. Incrédulité d’être traîné devant les tribunaux tels un vulgaire malfrat et d’y être lourdement condamné pour des faits qu’il conteste. Incrédulité d’être ignoré par la grande majorité des siens.

Je comprends cette incrédulité et je partage la colère sourde qui bout en Nicolas Lamic (et d’ailleurs les gendarmes m’ont convoqué à cause de deux articles de soutien à sa personne publiés sur MONTRAY KREYOL), mais__et je le lui ai dit__je suis en désaccord avec lui sur deux points. D’abord, ma colère à moi va moins contre les gendarmes français ou le pouvoir colonial qui ne font que leur travail « normal » de colonialistes que contre le peuple martiniquais, et singulièrement ses soi-disant intellectuels, qui assistent les bras croisés à l’exécution pure et simple d’un jeune Martiniquais brillant. Ah, ils sont prompts, ces lâches, ces ordures, à dénoncer le « racisme » de tel élu du RDM qui, énervé par la manipulation que font certains enseignants Caldoches du désarroi des élèves du Lycée Schoelcher, s’est laissé aller à une phrase malheureuse. Mais ils se cousent la bouche devant les injustices répétées que subissent des Martiniquais de toutes catégories et que dénonce l’association PALM. Nicolas Lamic, ils n’en ont jamais entendu parler non plus !

Je leur dit sans détour : {zot sé an bann zòdi !}

Le deuxième point sur lequel je ne suis pas d’accord avec Nicolas Lamic__et je répète que je le lui ai dit__, c’est que dans sa juste lutte contre le colonialisme, il ne doit pas attenter à sa propre personne, à son propre corps. Déjà lors de sa première grève, il avait perdu près de 11kgs en deux semaines, lui qui n’était déjà pas bien gros, et aura, selon ses médecins, des séquelles irréversibles. Cette fois, Lamic va plus loin en mettant sa vie même dans la balance. C’est trop ! Dans notre lutte, c’est l’adversaire qu’il nous faut frapper, pas nous-mêmes. Certes, notre capacité de riposte s’est émoussée depuis quinze ans. Nous avons joué le jeu de la démocratie française. Nous avons élu des conseillers municipaux indépendantistes, des maires indépendantistes, des conseillers généraux et régionaux indépendantistes, des députés indépendantistes etc... Nous avons abandonné la lutte sur le terrain, nous avons renoncé à l’affrontement direct avec le colonialisme, et qu’avons-nous gagné en retour ? RIEN ! Bien au contraire, loin de reconnaître que nous avons privilégié la voie pacifique, la voie de leur démocratie, le pouvoir colonial et ses négro-larbins nous ont pris pour des cons. Ils ont renforcé la caldochisation de notre pays, la bétonisation de nos terres agricoles, le laminage de notre économie, la destruction de notre culture et de notre langue etc…

La révolte, pour l’instant solitaire, de Nicolas Lamic nous indique qu’il faut changer de chemin. Radicalement.

{ Fok nou mété sa red anlè yo atjelman !}

{{Raphaël CONFIANT}}

Commentaires

leandre | 18/12/2009 - 17:09 :
Nous n'avons pas abandonné notre compatriote N. LAMIC, mais il y a tellement à faire ces temps-ci jusqu'en janvier 2010, que nous ne pouvons pas honorer tous les appels de solidarité. Nous le soutenons de coeur et lui disons bon courage. Nou la épi'w. Question : Où se trouve maintenant le policier avec lequel il a eu tous ces problèmes ?
leandre | 18/12/2009 - 17:11 :
Nous n'avons pas abandonné notre compatriote N. LAMIC, mais il y a tellement à faire ces temps-ci jusqu'en janvier 2010, que nous ne pouvons pas honorer tous les appels de solidarité. Nous le soutenons de coeur et lui disons bon courage. Nou la épi'w. Question : Où se trouve maintenant le policier avec lequel il a eu tous ces problèmes ?

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