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LA RÉUNION - MAURICE : LE PRINCIPE DE RECIPROCITÉ

LA RÉUNION - MAURICE : LE PRINCIPE DE RECIPROCITÉ

{Si les Mauriciens peuvent voir la télévision française émettant depusi la Réunion, la réciproque devrait empêcher la relation des deux îles d'être à sens unique... Voilà un principe qui gagnerait à être défendu aussi dans la Caraïbe !}

{{Interview : Jacques Véloupoulé, consul honoraire de l’île Maurice à La Réunion}}

{{"Je revendique
le principe
de réciprocité"}}

{{Le représentant de l’île Sœur estime qu’il n’y a pas « deux poids deux mesures » pour l’organisation de foires commerciales. Il annonce son intention de demander une augmentation de la puissance de l’émetteur de la MBC, pour que les Réunionnais puissent regarder la télévision mauricienne.}}

Jacques Véloupoulé attache une grande importance à la notion d’île Sœur. A 58 ans, cet ancien brigadier-chef de la police française jouit d’une retraite étonnamment active : il est consul honoraire de la République de Maurice.

Né d’une mère mauricienne, ayant épousé une Mauricienne, il bénéficie de la double nationalité franco-mauricienne. Ce qui l’a amené à proposer au ministère français des affaires étrangères l’ouverture d’un consulat à Saint-Denis. Même si, modestement, il estime qu’il ne faut « pas de qualités » pour exercer cette fonction.

SANGAM : Comment expliquer l’installation tardive d’un consulat mauricien à La Réunion, le 2 septembre 2003, alors que Maurice entretient de nombreuses ambassades par le monde ?

JACQUES VELOUPOULE : Les îles Maurice et La Réunion n’ont pas attendu l’installation officielle d’un consulat mauricien à Saint-Denis pour développer des échanges, ce n’est pas pour rien qu’on les appelle les "îles sœurs". Nos deux îles entretiennent des relations séculaires sur le plan culturel, humain et économique.

Du point de vue des relations officielles, je note les excellents contacts établis par les politiques de nos deux pays depuis les années soixante-dix, avec par exemple la signature d’accords de jumelage entre certaines villes réunionnaises et mauriciennes.

L’autre élément ayant contribué au raffermissement de nos relations officielles à La Réunion fut la création de la Commission de l’océan Indien (COI), qui nous a permis de nous retrouver dans un forum de dialogue et de concertation avec les autres îles.

Enfin, avec les lois de décentralisation française conférant un rôle accru aux collectivités réunionnaises en matière de relations internationales, il est apparu nécessaire aux yeux du gouvernement mauricien d’installer une représentation consulaire mauricienne à Saint-Denis de La Réunion. En plus de faciliter un dialogue entre Port-Louis et Saint-Denis, le rôle du consulat mauricien doit être avant tout de protéger les intérêts économiques et humains des Mauriciens dans l’île.

L’île Maurice est en plein boom économique. Tandis que l’économie de La Réunion s’essouffle. L’île Maurice fait le plein d’emplois. Comment expliquez-vous ce dynamisme ?

J.V. : L’île Maurice, depuis qu’elle a choisi d’être indépendante dans les années soixante, n’a eu de cesse, avec acharnement, de trouver les moyens de sortir de son état de colonie pour devenir un véritable pays producteur d’activités et d’emplois.

Nous avons les mêmes caractéristiques que La Réunion en termes d’héritage historique et nous vivons dans la même sphère géopolitique dans l’océan Indien. Je ne dirais pas que nous vivons un boom économique à Maurice mais que nous récoltons les fruits de choix de politique économique qui ont été judicieux.

Je pense notamment au développement de la zone franche dans les années quatre-vingt et au secteur du tourisme. Tout cela a été possible grâce aux accords préférentiels octroyés par l’Union européenne. C’est la même chose pour La Réunion, dont la vie économique a pu se développer grâce à son statut de Région ultra-périphérique européenne.

Nous ne devrions pas avoir un discours concurrentiel entre nos deux îles, mais nous devrions rechercher une complémentarité économique qui nous permettrait de nous insérer en tant que petites îles avec des économies vulnérables dans cette mondialisation.

L’année passée, une foire mauricienne a présenté des produits made in Mauritius à Saint-Denis. Les exposants mauriciens ont eu interdiction de les vendre aux particuliers. Pourtant l’île Maurice a reçu des entreprises réunionnaises, qui ont vendu dans les foires au public mauricien. Y a-t-il deux poids, deux mesures ?

J.V. : Il n’y a jamais eu de foire réunionnaise à Maurice, ni de foire mauricienne à La Réunion. L’incident dont vous me parlez s’est produit lors d’une foire indienne au Port. Les Indiens ont pris des Mauriciens pour les aider. Mais ceux-ci avaient des visas touristiques. Et lorsqu’ils sont arrivés à la douane avec des vêtements fabriqués en Inde, en expliquant qu’ils allaient les vendre à la foire, les douaniers ont refusé.

Ces produits n’étaient pas déclarés ; ils n’avaient pas le droit d’entrer à La Réunion. Les Indiens ne connaissaient pas la procédure d’octroi de mer. J’ai dû intervenir auprès du préfet pour que les Mauriciens puissent effectivement rester pour la semaine de la foire.

Depuis ma prise de fonction, je me suis attelé à revendiquer auprès des autorités réunionnaises le principe de réciprocité dans nos échanges et dans tous les domaines. J’ai ici le dossier de la semaine mauricienne, prévue du 22 au 26 juin : 96 exposants devaient venir à La Réunion, et y vendre des produits mauriciens : piment, thé, maquettes de bateaux, vanille...

Mais cette foire a été annulée en raison des élections à l’île Maurice. On ne peut pas dire qu’il y a « deux poids, deux mesures » ; il y a simplement des lois à respecter.

De nombreux Réunionnais écoutent la radio MBC (Mauritius Broadcasting Corporation) et souhaitent capter les chaînes de télévision mauricienne. Pourquoi l’île Maurice n’augmente -t-elle pas la puissance de son émetteur ?

J.V. : La MBC appartient à l’Etat mauricien. Seul le Premier ministre, qui est aussi le ministre de l’Information, peut prendre cette décision, avec l’accord du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) à Paris. Mais à ma connaissance, il n’y a pas eu de demande des Réunionnais.

J’attends la formation du nouveau gouvernement, pour formuler une demande dans ce sens. Ce qui intéresserait les Réunionnais, ce serait probablement les programmes indiens. Malgré les insuffisances, nous devrons quand même noter l’engouement des Réunionnais pour les médias mauriciens. Que ce soit en presse écrite ou audiovisuelle, de plus en plus de médias réunionnais proposent de l’actualité mauricienne.

Je tiens à féliciter les bouquets de chaînes par satellite qui proposent la retransmission en direct des radios mauriciennes. Le service public de l’information de La Réunion propose de plus en plus des retransmissions et émissions spéciales de Maurice.

Comment voyez-vous la coopération entre les deux îles sœurs ?

J.V. : Nous devrions renforcer ce qui existe déjà dans les domaines du tourisme, de la culture et des échanges humains, à la base de toute coopération. Ensuite ma priorité sera de renforcer les échanges économiques. Car, en tant qu’îles sœurs, nous ne pouvons pas nous concurrencer et nous tourner le dos, mais essayer là où c’est possible de rechercher la complémentarité.

Article publié dans la revue Sangam, n°21.

[Source->http://www.kpale-pelyme.com/article.php3?id_article=13]

Commentaires

mo1mo1 | 13/04/2008 - 17:19 :
Je connais depuis 1967 ce pays ,pour nous dominés par la France ,il représente l'exemple sur tous les plans. Au niveau humain,MAURICE A -T'ELLE CONNUE LA SAIGNEE DEMOGRAPHIQUE QUE LES DOM(LE BUMIDOM) ONT SUBI DE 1967 à 2008 ? lA FORMATION PRIVILEGE T'ELLE le scientifique ou le litteraire, LES ETUDIANTS VONT'ILS VERS UN SEUL CENTRE DE FORMATION DANS UN PAYS D'EUROPE? Au niveau économique LES MAURICIENS ISSUE DU PEUPLE SONT ILS LES PROPRIETAIRES ET DIRIGEANTS VERITABLES DE LEURS ENTREPRISES, quelle est part des investissements étrangers dans l'economie nationale? Quels sont les secteurs porteurs d'emplois valorisant pour les jeunes cadres. QUEL EST LEUR NIVEAU DE VIE REEL? LA CLASSE DES ESCLAVAGISTES HUMILIE -T -ELLE TOUJOURS LES AUTRES COUCHES DE LA POPULATION COMME ELLE LE FAIT EN PERMANENCE EN GUADELOUPE (VOIR L'AFFAIRE SIMONNET QUI SE PERMET DE DIRE A HAUTE VOIX QU'ILS SONT PROPRIETAIRES DE TERRES QUE LEURS PARENTS ONT VOLES AUX TAINOS, APRES LES AVOIR EXTERMINE,LE PLUS GRAVE C'EST QUE LE public Guadeloupéen se couche devant ces Saigneurs de l'histoire ! PEUT ON AVOIR LES ADRESSES DE SITES INTERNETS QUI DONNENT DES INFORMATION SUR TOUS CES SUJETS. MERCI

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