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LA LANGUE CREOLE ABSENTE DE LA COMMUNICATION SUR LE COVID-19

   LA LANGUE CREOLE ABSENTE DE LA COMMUNICATION SUR LE COVID-19

 Peu de gens dans les classes dites "aisées" l'auront remarqué, occupées qu'elles sont à leurs chamailleries politiciennes. Par contre, le peuple, lui, OUI !

 Remarqué quoi ? Que notre langue naturelle, celle du plus grand nombre dans notre vie quotidienne, celle qu'utilisent les employés des travaux publics, les éboueurs, les marchandes, les chauffeurs de bus, les agriculteurs, les marins-pêcheurs, les demandeurs d'emploi etc...a été complètement ignorée dans la communication sur le Covid-19, cela tant par les services de l'Etat que par nos collectivités locales (CTM, Communautés d'agglomération, municipalités etc.). Mis à par un risible "ANSANM CTM" d'ailleurs mal écrit au départ comme l'a fait remarquer à juste raison notre confrère BONDAMANJAK.
  Si on ne peut guère en faire le reproche à l'Etat jacobin et à son représentant local, que dire de nos Neg, Milat, Chaben, Sirien et autres qui, à coup de grand français paradent dans les médias depuis le début de la crise ? Savent-ils seulement que ce qu'ils appellent "le peuple" ou "le petit peuple" a le plus grand mal à saisir "asymptomatique", "immunité", "confinement/déconfinement", "gestes barrière" ou encore "pic de l'épidémie". Ce qui aura, inévitablement, une première conséquence terrible au matin du 11 mai : tout le monde sera hors de chez soi. Et pourquoi ? Parce qu'on aura cru que "déconfinement" = "fin de l'épidémie". Tout simplement !
  DESCARTES disait "Je pense donc je suis". Le Martiniquais ou plus exactement les 40 ou 45% de Martiniquais parfaitement francophones ont modifié cette profonde pensée en un grotesque : "Je parle français donc je suis". En fait, ces gens ont oublié ou feignent d'oublier que leurs ancêtres n'ont parlé qu'une langue et une seule pendant trois siècles : le créole. Ils oublient que la Martinique n'est devenue francophone, pour moitié, qu'à compter des années 70 du XXe siècle. Ils oublient que l'autre moitié de la population n'emploie que ce qu'elle appelle son "éperon naturel" dans la plupart de ses activités quotidiennes. Ils oublient que leurs ancêtres furent des esclaves de plantation, puis des travailleurs agricoles scandaleusement sous-payés (Neg, Milat, Chaben) ou des travailleurs sous contrat traités comme des serfs (Zendien, Chinwwa) ou encore des immigrants misérables (Sirien). TOUT CE MONDE-LA NE PARLA LONGTEMPS, TRES LONGTEMPS, QUE LE CREOLE. Et une bonne moitié de leurs descendants continue à le faire aujourd'hui !
  Occupés à des non-événements comme la démission de la "sénateuse" du PPM ou les futures élections de la CTM en 2021 (alors qu'à cause de la crise, le gouvernement pourrait parfaitement les déplacer de mars à...décembre), nos "élites" locales ont non seulement tardé à mettre en place une stratégie indigène face au Covid-19, laissant le champ libre à l'Etat alors que des scientifiques martiniquais les pressaient d'agir et leur proposaient des actions concrètes, mais aussi se sont montrés incapables d'élaborer une communication créole.
 En Corse, à Tahiti, à Mayotte et dans d'autres territoires d'Outremer, les responsables politiques, par contre, n'ont jamais hésité à se servir de leur langue pour communiquer sur l'épidémie. Il est vrai que dans ces îles, le corse, le tahitien et le mahorais ont pleinement droit de cité dans la vie publique et les médias. En Martinique, on attend encore, alors qu'à la CTM, on approche de la fin de la mandature, la création de l'Office de la Langue Créole et des Langues de la Caraïbe pourtant dument inscrite dans le programme du "GRAN SANBLE" diffusé à 50.000 exemplaires à travers toute la Martinique en novembre...2015.  
  Matinik, bel péyi, fout !...

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