Accueil

LA CHUTE DE LA « PRINCESSE » DU PETROLE ANGOLAIS

Vincent Collen
LA CHUTE DE LA « PRINCESSE » DU PETROLE ANGOLAIS

Surnommée « princesse », Isabel Santos, fille l'ex-président angolais, symbolise népotisme l'ancien régime liens controversés l'Etat monde affaires pays.

Surnommée la « princesse », Isabel dos Santos, fille de l'ex-président angolais, symbolise le népotisme de l'ancien régime et les liens controversés entre l'Etat et le monde des affaires dans le pays. - Fernando Veludo/AFP

La PDG de la compagnie nationale angolaise, fille de l'ancien chef de l'Etat, est limogée par le nouveau président.

Joao Lourenço, le nouveau chef de l'Etat angolais, imprime sa marque sur son pays trois mois après son arrivée au pouvoir . Isabel dos Santos, PDG de la toute-puissante compagnie pétrolière nationale Sonangol, a été limogée mercredi et remplacée par l'ancien secrétaire d'Etat au Pétrole, Carlos Saturnino, un proche du président. Le gouvernement a également relevé de leurs fonctions l'ensemble des membres du conseil d'administration de Sonangol, signalant un virage radical à la tête du secteur pétrolier en Angola, deuxième du continent africain après le Nigeria.

Surnommée « la princesse », la patronne de Sonangol est la fille de l'ancien président José Eduardo dos Santos, qui a dirigé l'Angola pendant près de quarante ans avant de se retirer l'été dernier. Elle est la femme la plus riche d'Afrique selon « Forbes », qui évalue sa fortune, placée dans les secteurs bancaire, des télécoms et du pétrole, à plus de 3 milliards de dollars.

Total en première position

Joao Lourenço est issu du même parti que son prédécesseur, le MPLA, mais il a promis le changement et la correction de « certaines pratiques » controversées dans les relations entre l'Etat et le monde des affaires. José Eduardo dos Santos est accusé par ses opposants d'avoir privatisé l'économie du pays.

Cette reprise en main intervient en pleine crise économique, l'Angola étant durement frappé par la chute des cours du pétrole. L'or noir représente plus de 40 % du PIB, relève Standard & Poor's, et la moitié des recettes fiscales du pays. Le changement de direction chez Sonangol sera scruté de près par les compagnies pétrolières présentes en Angola, à commencer par le français Total, premier opérateur étranger. Alliée avec Sonangol, la major tricolore doit démarrer l'an prochain la production sur le gisement offshore en eaux profondes de Kaombo. L'Angola représente déjà 10 % de la production du groupe. Son PDG, Patrick Pouyanné, y a démarré sa carrière au sein du groupe à la fin des années 1990

Pages