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JOURNEE INTERNATIONALE DE LA LANGUE MATERNELLE

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA LANGUE MATERNELLE

  Ce 21 février, partout à travers le monde est fêtée le "Journée Internationale de la Langue maternelle".

 En Martinique, cela indiffère presque tout le monde. C'est dû au fait que cette question est devenu problématique depuis les années 80 du siècle dernier. En effet, jusque-là, les générations nées avant la Deuxième Guerre Mondiale avaient effectivement le créole comme langue maternelle. Ces personnes ont 90 ans ou plus aujourd'hui. Les générations nées, après guerre, dans les années 50, ont eu le créole comme langue co-maternelle c'est-à-dire qu'elles vont maîtriser le créole comme le français avec une maîtrise différente toutefois selon la classe sociale (la petite-bourgeoisie étant davantage francophone et les classes populaires étant davantage créolophones).
 Et puis, un basculement linguistique s'est produit à compter des années 1980-90 : le créole, suite à un effrayant processus de décréolisation, est devenu la langue matricielle, selon l'expression de Jean BERNABE. Qu'est-ce à dire ? D'abord, que le français est passé devant comme langue première, le créole devenant langue seconde suite à la scolarisation massive entièrement francophone, à l'arrivée de la télévision,  puis de l'Internet, avec la facilité des voyages vers la France, avec l'installation d'une importante population "métro" etc...
 "Matricielle" signifie que la langue s'est enfouie, s'est réfugiée au plus profond de chacun de nous et qu'elle ne surgit que dans les moments d'émotion, de colère, de joie ou lors des festivités (carnaval), sauf chez les militants du créole, chez les nationalistes et dans ce qui demeure du prolétariat urbain et rural. Encore que le créole qui est produit par les nationalistes (notamment sur certaines radio-libres, lors des meetings ou des interventions-radio et télé) relève plus du charabia, voire du "petit-nègre" que du créole. L'expression "français-banane" fut longtemps en usage à l'époque où la majorité des Martiniquais ne parlaient pas encore bien le français. Depuis trois décennies est apparu le "créole-banane".
 Le problème, en fait, est le suivant : jusqu'à quand une langue matricielle peut perdurer ?
 La réponse, au regard d'autres situations linguistiques critiques (Bretagne, Kabylie, Occitanie, Québec etc.) est sans appel : sans une politique linguistique forte, le créole est condamné à terme. Certes, aucune langue ne disparaît du jour au lendemain. Il s'agira d'un processus de dilution progressif mais inexorable comme les linguistes l'ont constaté en divers endroits du monde. Hier le Québec, aujourd'hui la Corse, ont mis en œuvre une telle politique linguistique. C'est ce qui a sauvé le français d'une anglicisation totale dans le premier pays et qui permettra au second de sauvegarder le corse. Cela passe par la mise en place d'un Office ou d'un Institut du créole qui aurait pour mission, comme c'est le cas à la Réunion et en Kanaky, d'officialiser la graphie, de promouvoir la signalétique bilingue, de renforcer la présence de la langue à la télévision et dans la presse écrite, de publier des ouvrages et des CD-ROM, de la valoriser par la création de prix littéraires, d'inciter les personnels administratifs de tous les secteurs à suivre, en Formation continue, des stages de créole etc...etc...
  Il n'y a rien à inventer ! Il suffit de s'inspirer de ce qui a déjà été fait ailleurs avec succès.
 Or, seul le créole oral (mais on a vu dans quel état il se trouve !) semble intéresser nos politiques de tous bords. La propagation du créole écrit qui, elle, demande une vraie politique et surtout des moyens leur est complètement indifférente. Sauf que de nos jours, une langue qui n'est pas écrite (sur du papier ou sur un écran d'ordinateur) est une langue condamnée à disparaître à terme.
  Bonne "Journée Internationale de la Langue Maternelle" tout de même !...
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