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JEAN MARIE GUSTAVE LE CLÉZIO, NOBEL AUX ÉTINCELLES MAURICIENNES

{ {{Le journal mauricien "L'EXPRESS" célèbre le Prix Nobel de littérature attribuée en cette année 2008 au Franco-mauricien, Jean Marie Le Clézio dont deux des ouvrages ont pour cadre enchanteur de la petite île de Rodrigues située au sud de l'île Maurice...}} }

Au milieu de l’effervescence du prix Nobel de littérature, Jean Marie Gustave Le Clézio pense à Maurice. Il lui dit combien il l’aime. Des Mauriciens le lui rendent bien.

Au milieu de l’effervescence du prix Nobel de littérature, qui lui a été décerné hier, Jean Marie Gustave Le Clézio pense à notre île.

Pour l’express, il a eu ces mots: «Je dédie ce prix Nobel à Maurice, pays qui m’a beaucoup nourri même si je n’y suis pas né. Mes parents, mes grands-parents m’en ont toujours parlé. C’est un des lieux que je préfère au monde, je m’y sens chez moi. Dans ce pays qui n’a pas beaucoup de ressources, on se démène pour la langue française qui est loin d’y être en déclin. C’est cette fidélité que je veux saluer aujourd’hui.» Des propos recueillis pour l’express par Philippe Rey, éditeur à Paris et cousin de JMG Le Clézio.

Joint au téléphone à Paris, Philippe Rey explique que Maurice est «centrale» dans l’œuvre de Le Clézio. Il reprend à ce titre des propos de l’auteur qui a déjà affirmé que sans la perte de la maison de famille, c’est-à-dire Eureka, il n’aurait pas été écrivain.

Pour Philippe Rey, «toute l’œuvre de Le Clézio est structurée par cela». Bien que Le Clézio soit venu à Maurice pour la première fois vers l’âge de 40 ans – il en a maintenant 68 – son cousin raconte qu’il a été nourri par les histoires de famille de Maurice, ce qui lui a donné une «nostalgie d’un monde perdu. Il n’a cessé de le chercher dans d’autres civilisations, aztèque, maya, africaines…»

«C’est la terre de mes ancêtres»

Par ailleurs, lors d’une des premières réactions de Le Clézio, après l’annonce de la distinction, il a déclaré sur une radio publique suédoise, «J’aime beaucoup l’île Maurice parce que c’est la terre de mes ancêtres, c’est ma petite patrie on va dire. Donc, l’île Maurice est un des endroits que je préfère au monde». C’est ainsi qu’il répondait à la question «Vous avez vécu dans plusieurs pays, avez-vous un pays que vous pouvez nommer ?»

Après l’annonce du verdict du Nobel de littérature, la joie a gagné nos rives. Abhimanyu Unnuth est tout enthousiasme. «Li enn gran gloir, Mo pe feel kouma dir se moi ki finn gagn sa». Jean Marie Gustave Le Clézio a préfacé Sueur de sang, traduction d’une partie de son roman en hindi Lal pasina. Un ouvrage, publié par Philippe Rey que JMG Le Clézio est venu lancer à Maurice en 2001.

«Le plus important ce n’est pas qu’il soit né ou pas à Maurice, ce qui compte c’est ce qu’il a fait pour nous. Ena ekrivin ki impe orgeye». Mais pas Le Clézio, selon Abhimanyu Unnuth. «C’est lui qui m’a fait réfléchir sur les souffrances des immigrés indiens, parce qu’il a lui-même écrit sur la souffrance des gens. A la cérémonie de lancement il a dit n’avoir pas lu de littérature aussi sincère, aussi forte. Mo ti koir ant ekrivin, sertin kontan flat so kamarad, me apre monn kompran li ti sinser».

Pour l’anecdote, Unnuth raconte comment après le lancement de Sueur de sang, il a refusé de se faire maquiller pour passer à la télé. «Monn dir ki mo alerzik ar makilaz. Le Clézio ki ti deryer moi inn dir li oussi parey.» Simplicité relayée par Gillian Geneviève, l’un des trois lauréats du Prix Jean Fanchette 2006.

Pour sa part, Issa Asgarally co-ordonnateur du Prix Jean-Fanchette, prix littéraire dont le jury est présidé par JMG Le Clézio depuis quatre ans (Philippe Rey est dans le jury cette année du prix qui sera remis le 14 novembre) rappelle que l’auteur a la double nationalité – française et mauricienne.

Qu’il a tenu à avoir sa carte d’identité nationale mauricienne. Surtout, qu’il a «beaucoup fait pour les écrivains mauriciens». Issa Asgarally a été joint au téléphone à Paris, où il se trouve comme membre du jury du Prix RFO du Livre. Il rappelle que Le Clézio a notamment écrit sur L’île équinoxe, de Jean Fanchette (publié par Philippe Rey) et en soutenant Ananda Devi quand il était dans le jury du Prix Renaudot. Le Clézio a aussi préfacé l’essai d’Asgarally, L’interculturel ou la guerre.

EXPLICATION

Pourquoi ce choix ?

■ Une liste de bonnes raisons. C’est avec force commentaires que le prix Nobel de littérature a été accordé hier à Jean-Marie Gustave Le Clézio. Expliquant son verdict, l’académie suédoise a décrit Le Clézio comme «l’écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, l’explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante». C’est le 10 décembre que le prix lui sera remis.

Plus loin dans son communiqué, l’académie explique que : «Le point central de l’œuvre de l’écrivain se déplace de plus en plus en direction d’une exploration du monde de l’enfance et de sa propre histoire familiale». En effet, l’auteur évoque la figure de son père, un médecin de brousse anglais, dans «l’Africain» (2004). «Révolution», sorti un an plus tôt, traite des grands thèmes de son œuvre, l’exil, le conflit des cultures et les ruptures de la jeunesse. Son dernier roman, sorti au début du mois, «Ritournelles de la faim», met en scène une famille de Mauriciens dans le Paris des années 30. Avec le prix Nobel, Le Clézio recevra un chèque de Rs 40 millions.

Aline GROËME-HARMON

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