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FESTIVAL KREOL 2008: LE PM N’APPROUVE PAS L’APPELLATION ''POPULATION GÉNÉRALE''

FESTIVAL KREOL 2008: LE PM N’APPROUVE PAS L’APPELLATION ''POPULATION GÉNÉRALE''

Derrière le thème de cette année, Liberté – Egalité – Fierté, le lancement du Festival Kreol international 2008 n’a finalement été qu’une énième plate-forme récupérée à des fins politiques.

Il y a des scènes qui ne trompent pas. Comme celles où Paul Bérenger porte un tikka pour assister à une cérémonie religieuse hindoue. Portant nonchalamment son chapeau, en arrivant à la Cyber Tour pour l’ouverture du festival, Navin Ramgoolam reprend étrangement ce fantasme identitaire des politiques mauriciens.

Derrière la posture, il y a les propos. Le Premier ministre n’a pas son rendez-vous avec l’assistance à cette ouverture de festival. Il a fait une annonce. Déclaration d’intention ou pas, on le verra après. Mais il est clair que l’occasion est trop belle pour la rater.
Cela a été le clou du spectacle. Le Premier ministre, «en présence du Père Grégoire» comme il tient à souligner, met l’accent dans son discours sur l’appellation «population générale» dans la Constitution du pays. «Je tiens à le dire en présence du Père Grégoire. Moi non plus, je n’approuve pas l’appellation ‘population générale’. Je n’ai d’ailleurs jamais compris ce que ça voulait dire. Si on n’y arrive pas, nous le ferons nous même.»

S’ils le font, ce sera du véritable courage politique. S’ils ne le font pas, ce ne sera que simple exploitation d’un événement identitaire et culturel.
Ci-dessous la vidéo du discours d''ouverture du Premier ministre

Auparavant, le discours d’ouverture de Lindsay Morvan tire un trait entre le péjoratif «amizer, manzer, boire» et l’objectif de ce Festival International Kreol. «Il ne s’agit pas de sombrer dans le misérabilisme, mais d’affirmer notre fierté d’être un créole et de pouvoir dire haut et fort : je suis un créole et je l’assume.»

Toutefois, en annonçant le prochain intervenant – le ministre du Tourisme, Xavier Luc Duval – Lindsay Morvan laisse échapper un commentaire teinté politiquement : «Pourquoi ne pas avoir organisé un tel spectacle auparavant? Demandez-le à ceux qui étaient là auparavant.» Le ton était donné. Aucune occasion n’est assez bonne pour égratigner ses adversaires politiques.

Et Xavier Luc Duval ne se fait pas prier pour démarrer un discours tantôt approprié pour l’événement, tantôt se trompant de plate-forme en parlant de l’Equal Opportunities Bill introduit par le gouvernement et qui sera bientôt proclamé. Certes, ce projet de loi concerne directement cette tranche de la population et la culture qu’on célèbre, de par les préjugés qui leur nient accès à de nombreuses avenues sociales et professionnelles.

Mais en faire état sans finesse remonte inévitablement le côté récupération politique. Et le Premier ministre lui-même ne déroge pas à la règle politicienne. Si d’entrée son discours s’aligne sur l’événement, il ne lui a pas fallu longtemps avant de parler du programme électoral de l’Alliance Sociale et de la promesse d’une Commission Justice et Vérité ou encore de l’Equal Opportunities Bill.

&nbsp«Nous avons tous notre potentiel. Certes, nous ne deviendrons pas tous avocat ou médecin. Mais je ne veux pas que vous soyez hors de la course. Nous ne terminerons pas tous premiers de cette course, mais au moins on aura participé», déclare Navin Ramgoolam pour clore sa partie sur l’Equal Opportunities Bill. Au terme d’un discours d’une quinzaine de minutes, tantôt relatant une anecdote impliquant son père, tantôt un ami d’enfance devenu cordonnier, Navin Ramgoolam a réussi son opération de séduction.

Le festival officiellement ouvert, c’est la conférencière Diana Ramassamy qui a pris la parole pour un exposé sur «Kreol ek tradisio oral». La deuxième partie du Festival International Kreol 2008 se poursuivra le 7 décembre à la plage Mon Choisy pour «célébrer la femme créole.»
En fin de compte, c’est plus que louable cette initiative d’organiser un Festival International Kreol, réunissant d’éminents invités à travers le monde. Initiative qui place Maurice, depuis la première édition du festival en 2006, sur la carte des festivals du monde créole. Zouk Machine, Lynssha ou Lord Kossity pour la partie spectacle, Lambert-Félix Prudent ou encore Diana Ramassamy assurant la partie débat identitaire, le festival mauricien attire et convainc. Les politiques, eux, ont déjà&nbspdébuté le show.

Ecouter aussi un extrait du discours de Xavier-Luc Duval [ICI.->http://www.lexpress.mu/gallery/32-342-0_express_Culture_et_Loisirs.html]

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