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Deux malheurs mis bout à bout ne s’annulent pas, ils s’ajoutent

Yves-Léopold MONTHIEUX
Deux malheurs mis bout à bout ne s’annulent pas, ils s’ajoutent

Raphaël CONFIANT partage rarement les points de vue de votre serviteur, qu’il accepte cependant de publier, fort de son intelligence de la démocratie. Il subit sans doute des pressions l’invitant à me censurer. Plus souvent que rarement, il me tacle en off, ne serait-ce sans doute, que pour éviter que Montraykréyol ne se transforme en ring. Mon dernier article sur le Chlordécone et les vieux l’a pourtant tiré de son silence.

S’il me reproche – injustement - de mettre en doute l’antériorité de ses amis et lui-même dans la découverte du scandale (pour preuve le livre écrit avec son ami Louis BOUTRIN), le fait de défendre cette antériorité suppose que celle-ci est pour le moins disputée. Mon intervention, qui peut être regardée comme une provocation, n’est-elle pas pour lui l’occasion d’un rappel et d’une mise des points sur les « i » ?

S’agissant de nos vieux, passé l’âge de 60 ans, seraient-ils immunisés pour les 40 ou 50 ans restants ? Par ailleurs, faudrait-il qu’on s’en tienne à cette vieille prévision que l’on entend toujours, toujours démentie, selon laquelle les jeunes du moment ne vivraient pas aussi longtemps que ceux du passé. Raphaël CONFIANT me paraît trop attaché aux valeurs scientifiques pour succomber à ces croyances. En réalité, la longévité n’a pas cessé de progresser en Martinique.  Par ailleurs, s’il est prudent de tout faire pour éviter de donner raison aux Cassandre, il faudrait cependant retenir que les cataclysmes annoncés se sont rarement réalisés. Le malthusianisme n’a pas prospéré tandis que l’augmentation de la population mondiale pourrait ne pas dépasser les 10 - 11 milliards, comme cela avait été redouté. Les démographes s’attendent même à un recul.

Par ailleurs, il ne peut être que dommageable d’emboucher les trompettes de la renommée pour prendre le monde à témoin de nos malheurs. Sauf à méconnaître la force de la réputation (mauvaise), dire que le tapage nuit à l’image de notre île est une lapalissade. Ce sentiment ne met nullement en doute la dangerosité du chlordécone, sauf que deux malheurs mis bout à bout ne s’annulent pas mais s’ajoutent. S’attendre à ce que les touristes soient assez avisés pour comprendre que la brièveté de leur séjour les protègera de toute contamination est une gageure qui n’engage que ceux qui la tiennent.

Reste que Raphaël CONFIANT n’a pas retenu l’allusion à la situation des pourvoyeurs consommateurs qui devraient rencontrer des difficultés pour éviter d’être eux-mêmes empoisonnés, ainsi qu’à un possible effet « rejet chlordécone » sur les familles « dominos ». Mais son papier était déjà bien long… Comme le mien.

ylm

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