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COMPRENDRE LE POURQUOI DES SCANDALES CEREGMIA ET MADIVIAL-AMIV

COMPRENDRE LE POURQUOI DES SCANDALES CEREGMIA ET MADIVIAL-AMIV

   Le président de la CTM, Alfred MARIE-JEANNE, a dénoncé, lors d'une récente conférence de presse, le scandale qui, depuis des décennies, affecte la filière viande à la Martinique, scandale qu'il a qualifié d' "affaire CEREGMIA-bis". D'étranges similitudes, en effet, peuvent être relevées entre les pratiques de nos universitaires et de nos éleveurs et d'abord, la toute première à savoir la captation de fonds européens. Le citoyen lambda oublie trop souvent ou alors ne sait pas que la Communauté Economique Européenne est la première puissance économique mondiale avant les Etats-Unis et la Chine et qu'elle a mis sur pied tout un système d'aides très sophistiqué qui touche quasiment tous les domaines, lesquelles aides peuvent se monter à des sommes colossales. Il s'agit donc là d'un gâteau, d'un fromage plutôt, sur lequel lorgne aussi bien les collectivités locales que les entreprises privées, aussi bien les laboratoires de recherches universitaires (comme le CEREGMIA) que les associations interprofessionnelles (comme l'AMIV) etc...

   Pour obtenir une aide européenne, il faut monter un dossier européen. Dis comme cela, on a le sentiment d'une évidence ou d'un truisme, mais pas tant que cela car "monter un dossier européen" est tout un art. Il ne suffit pas d'avoir un bon projet, de développer une activité utile ou innovante, mais avant tout de savoir la "vendre" aux décideurs européens. Pour ce faire, il existe, surtout à Bruxelles, siège de la Communauté Economique Européenne, des cabinets spécialisés dans le montage des dossiers européens. Cela pour la partie purement technique des dossiers, mais pour la partie plus proprement politique, il existe des lobbies qui font le siège des députés afin de les convaincre de voter pour tel ou tel projet. On le voit donc : faire passer un dossier européen n'est pas chose simple. D'autant que si l'Europe est riche, ses ressources financières ne sont pas extensibles à l'infini et que les instances européennes font des choix parmi les projets qui leur sont proposés. Le citoyen lambda doit ainsi savoir qu'un projet utile (au plan social, économique, scientifique ou culturel) peut fort bien être recalé soit parce qu'il n'a pas été bien monté techniquement soit parce que le lobby chargé de le promotionner n'a pas fait son travail (ou n'a pas réussi à le faire) soit tout simplement parce que les fonds disponibles dans le domaine concernant ledit projet ont déjà été distribués cette année-là.

   Dans un même domaine, il y a, on s'en doute, des centaines de dossiers concurrents et le premier objectif du demandeur est très logiquement d'éliminer les concurrents en question. Pour ce faire, en Martinique, le CEREGMIA disposait à la Préfecture d'une personne qui faisait systématiquement passer en premier les dossiers de ce groupe de recherches et cela quelle que soit leur date d'arrivée. Avant la généralisation de l'informatique, on appelait cela "mettre le dossier en haut de la pile". Depuis que le scandale a éclaté, cette personne a été changée de service, mais son nom n'est pas un secret d'Etat d'autant que ledit "Etat" était parfaitement au courant ou, plus exactement, ne pouvait pas ne pas être au courant. Quand Alfred MARIE-JEANNE a fustigé la passivité des services de l'Etat dans le scandale de la filière viande, c'est ce à quoi il fait référence. Comme le CEREGMIA donc, MADIVIAL et AMIV ont capté au cours des dernières décennies la quasi-totalité des fonds européens alloués dans leur domaine sans que jamais l'Etat ne s'en inquiète !

   Mais si le scandale réside d'abord dans cette captation, il y a beaucoup plus grave : cette captation ne sert qu'à remplir les poches (et les comptes en banque) de certains. Si au moins, le CEREGMIA et MADIVIAL/AMIV faisaient œuvre utile pour la Martinique dans leurs secteurs respectifs, si notre pays et notre population gagnaient quelque chose à leurs activités, on pourrait se dire passe encore ! On pourrait se dire : "Ils s'en mettent plein les poches, OK ! Mais le pays en bénéficie tout de même". Or, non contents de détourner des sommes qui auraient pu servir à l'amélioration du bien commun, ces mafieux sont des incompétents dans leur propre domaine :

 

    . CEREGMIA : que l'on nous cite 1 seul secteur d'activité économique martiniquais, guadeloupéen et guyanais (puisque ce groupe de recherches était installé sur ces trois pays) qui a bénéficié des lumières, autrement dit des brillantes recherches des économistes du CEREGMIA, financées par des fonds européens durant trois décennies ? Nous ne disons pas 2 ou 3 secteurs.  Non, 1 seul secteur ! La pêche ? L'agriculture ? Le commerce ? L’Industrie ? Les assurances ? L'économie sociale et solidaire ? Le CEREGMIA, en dépit de la captation des fonds européens (par INTERREG interposé tout récemment) dans lequel il était passé maître, n'a pas aidé à l'amélioration du moindre secteur économique dans aucun des trois pays concernés. Il n'a pas aidé au développement économique de ces derniers, mais bien au développement économique des comptes en banque des seuls responsables du CEREGMIA puisque l'un d'eux, Fred CELIMENE, aujourd'hui révoqué de son poste, possédait des sociétés de pêche en Haïti ((cf. deuxième rapport de la Cour des comptes), cela en violation du statut des fonctionnaires qui interdit à ces derniers toute activité commerciale ou industrielle.

 

   . MAIVIAL/AMIV : "Nous avons pu constater qu'effectivement des éleveurs majeurs sur la place s'étaient fédérés dans une corporation avec pour objectif de consommer le maximum de ces ressources" a déclaré A. MARIE-JEANNE lors de sa conférence de presse, dénonçant ainsi la privatisation et la concentration de l'ensemble des fonds européens alloués entre les mains d'une poignée de gens. Pire : une partie de la production de viande est régulièrement détruite. Production pourtant subventionnée par des fonds publics !!! Chose qui a eu pour conséquence "la ruine de tous les petits éleveurs martiniquais", comme l'a déclaré David JARRIN, éleveur lui-même, lors de cette conférence de presse. Tout comme le CEREGMIA donc qui captait des centaines de milliers d'euros de fonds européens, MADIVIAL affiche fièrement 16 millions de chiffre d'affaires annuel alors que "80% des éleveurs sont dans le rouge".

 

   CEREGMIA et MADIVIAL/AMIV, même combat !

   Celui de mafieux, de gens sans scrupules, assoiffés d'argent et totalement indifférents au sort de la majorité de la population, rassemblés pour beaucoup dans des officines maçonniques ou des clubs békés. Mais avec l'Etat qui ne pipe mot, comment est-il possible de les mettre hors d'état de nuire ?

   Oui, comment, si le peuple, lui-même, première victime, ne se mobilise pas ?...

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