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Comment le café a payé la dette de l'indépendance d'Haïti.

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Comment le café a payé la dette de l'indépendance d'Haïti.

Dans les années 1810, le café haïtien prend un essor considérable, mais surtout historique. Le prix constant du café sur le marché mondial entre 1815 et 1821 facilite l'essor du café haïtien. Les Haïtiens abandonnent alors la culture de la canne à sucre au profit de celle du café. En 1799, une Convention commerciale tripartite signée entre Haïti, les États-Unis et l'Angleterre favorise grandement l'exportation du Café haïtien vers ces deux pays.

En 1817, 39 navires français remplis de café quittent les ports haïtiens. En 1821, 82 navires français laissent Haïti avec 3.86 millions (3 860 000) tonnes de café. L'argent gagné dans l'exportation du café permet à Haïti de payer à la France une grande partie de la dette de l'indépendance. Une action considérée aujourd'hui comme un crime et un hold-up économique. Une rançon contre la première république noire du monde.

En 1822, dans le cadre de la convention commerciale tripartite mentionnée ci-dessus, l’Angleterre importe 35.1 millions (35 100 000) livres de café d'Haïti, soit deux fois plus qu'en provenance de Cuba pour la même période.

En 1824, la demande française du café haïtien augmente de 45 % par rapport à 1821. La France importe d'Haïti 50 % du café dont elle a besoin, soit 5 millions de tonnes. Pour répondre à cette demande grandissante, le président Jean-Pierre Boyer fait venir en Haïti 6 000 Noirs Américains libres. Ils s'établissent dans le pays et travaillent dans des plantations caféières. Haïti devient alors le Premier Exportateur Mondial de Café.

En 1843, une surproduction mondiale est provoquée par le Brésil et Cuba où la culture caféière est favorisée essentiellement par la traite négrière. Cette surproduction fait chuter considérablement les prix de vente du café sur le marché international. Par exemple, à Philadelphie, le coût de la livre de café haïtien perd 75 % de sa valeur en passant de 26 cents en 1822 à 6 cents en 1843.

Classé premier mondial pour sa qualité, le café haïtien est très demandé aujourd'hui sur le marché international. Mais la production nationale du café rencontre des difficultés financières énormes.

En 1990, le Ministère haïtien de l'Agriculture a recencé 97 000 ha en culture de café. En 2001, le Ministère a déclaré la production du Café "stratégique pour l'économie et la conservation des écosystèmes humides et semi humides". En 2009, le Ministère a recensé, 20 000 ha en culture de café. La chute est considérable!

Le secteur du café n'a bénéficié aucun investissement pour renforcer sa production. Selon l’Institut National du Café d'Haïti, plus de 60 000 hectares en culture du café ont plus de 20 ans alors qu’il faudrait 12 millions de plantules chaque année pendant 10 ans pour arriver à rénover le verger caféier haïtien.

Nous estimons que les autorités haïtiennes ont l'obligation et le devoir historique d'investir et de faire investir dans la production du Café en Haïti. PROFILE AYITI se charge dès aujourd'hui de faire la promotion des investissements locaux et étrangers dans le secteur. Nous ferons en sorte que l'État puisse entendre les cris de ceux-là qui tiennent encore le secteur en vie aujourd'hui. Une filière qui nous a permis de payer la rançon de l'indépendance ne peut pas être abandonnée.

Pour études complémentaires, PROFILE AYITI vous recommande "Haïti et la France, 1804-1846, le rêve brisé, Jean-François Brière; l'espace caféier haïtien: déclin et espoir, Roger Michel; l'économie haïtienne, Paul Moral; Document État des lieux de la filière Café d'Haïti, Institut National du Café d'Haïti; Un Haïtien parle, Dantès Bellegarde; Histoire économique d'Haïti de 1804 à nos jours: l'État complice et la faillite d'un système, Ernst A. Bernadin".

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Notes de Charles Philippe BERNOVILLE

Président et directeur des recherches.

 

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