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CHLORDECONE : L’ETAT FRANÇAIS MET 34 MILLIONS D’EUROS SUR LA TABLE

CHLORDECONE : L’ETAT FRANÇAIS MET 34 MILLIONS D’EUROS SUR LA TABLE

On ignore si M. De Lucy, propriétaire béké d’une grande plantation de banane dans le Nord de la Martinique et M. Bertome, président nègre de la Chambre d’Agriculture de la Martinique, présenteront ensemble ou séparément leurs excuses à la population martiniquaise pour avoir délibérément nié l’existence d’un grave problème de pollution des sols et des rivières de la Martinique suite à l’utilisation massive pendant 30 ans d’un pesticide cancérigène appelé chlordécone. En tout cas, l’Etat français, lui, en mettant sur la table un plan de lutte contre ce pesticide à hauteur de 34 millions d’euros démontre qu’il a enfin pris conscience de la gravité du problème.

Vous avez bien lu : 34 millions d’euros et non pas 3 millions !

Mais prendre conscience d’un problème n’est pas le résoudre. Loin de là ! D’après les premiers éléments présentés à la presse la semaine dernière, il semblerait en fait qu’une seule des revendications des écologistes antillais ait été prise en compte :{{ la cartographie des terres contaminées}}. En effet, un laboratoire d’analyse sera installé à la Martinique, ce qui évitera l’envoi des échantillons dans l’Hexagone et permettra une identification plus rapide des dites terres. Au bout de tout cela, en bonne logique, on devrait pouvoir aboutir à une meilleure traçabilité des produits vivriers vendus sur nos marchés.

Le 30 juin prochain, le Ministère de l’Agriculture mettra en ligne l’intégralité de ce plan et là seulement, on pourra juger de son ambition. Toujours est-il qu’il est bon de rappeler, outre la cartographie des terres contaminées, les revendications des écologistes martiniquais et guadeloupéens en profitant pour rappeler au passage que 22.000 hectares sont contaminés en Martinique et 5.000 en Guadeloupe (du moins officiellement car les jardins créoles, dans lesquels les ouvriers des grandes plantations utilisaient parfois le chlordécone, ne sont pas comptabilisés) :

. {{l’indemnisation des moyens et petits agriculteurs et pisciculteurs}} qui n’ont plus les moyens de subsister, leurs terres ou bassins se trouvant massivement pollués.

. l’étude d’un {{plan de décontamination}} des sols, notamment à partir des technique de phytoremédiation utilisées au Canada.

. le lancement d’une vaste {{enquête épidémiologique}}, notamment dans les zones fortement plantées en banane, afin de mesurer l’extension de maladies tels que les cancers, la maladies d’Alzeihmer et de Parkinson etc.

. {{la convocation devant la justice des pollueurs}}, en particulier des vendeurs de pesticides békés qui connaissaient pertinemment la nocivité du chlordécone.

On le voit, malgré le plan du gouvernement, on est encore loin du compte. Il convient ici de saluer les ouvrages, en Martinique, de Louis Boutrin et Raphaël Confiant (« Chronique d’un empoisonnement annoncé », février 2007, éditions L’Harmattan ; « 12 propositions pour sortir de la crise du chlordécone », janvier 2008, éditions L’Harmattan) et en Guadeloupe, de Philippe Verdol (« Le chlordécone en Guadeloupe, septembre 2007, éditions Jasor), qui ont permis de révéler au grand jour le scandale de ce qui n’est autre qu’un empoisonnement massif des populations antillaises. Scandale que le professeur Dominique Belpomme, l’éminent cancérologue, avait le premier mis en lumière, mais que personne jusque là n’écoutait.

Enfin on ignore si M. De Lucy et son comparse Bertome présenteront des excuses à L. Boutrin et R. Confiant qu’ils ont publiquement traités d’affabulateurs et de fossoyeurs de l’économie martiniquaise.

34 millions d’euros, ça fait un peu cher l’affabulation, non ?

{Rédaction de Montray Kréyol}

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