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CHLORDECONE : L'EFFARANTE DEMAGOGIE DE SERGE LETCHIMY

CHLORDECONE : L'EFFARANTE DEMAGOGIE DE SERGE LETCHIMY

   A moins d'une semaine du premier tour des élections législatives, on apprend que le député sortant de la circonscription de Fort-de-France, Serge LETCHIMY, ainsi que d'autres parlementaires, parmi lesquels Victorin LUREL, a déposé le 10 mai dernier une proposition de loi visant à la création d'un fonds d'indemnisation des victimes du chlordécone et du paraquat en Martinique et en Guadeloupe. On se frotte, les yeux, on respire et enfin, on se demande qui se fout de qui et est-ce que LETCHIMY nous prend pour des "tèbè". Car enfin lorsqu'en février 2007, Louis BOUTRIN et Raphaël CONFIANT publient leur ouvrage, "CHRONIQUE D'UN EMPOISONNEMENT ANNONCE. L'EMPOISONNEMENT DES ANTILLES FRANCAISES AU CHLORDECONE (1972-1992)" et qu'ils organisent une conférence de presse dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale, qui trouvent-ils à leurs côtés pour dénoncer cet empoisonnement ?

   Serge LETCHIMY peut-être ? ABSOLUMENT PAS !

   Ce jour-là, devant TF1, LIBERATION, LE NOUVEL OBSERVATEUR, RTL etc..., les deux écologistes se sont retrouvés seuls. Seuls en tant qu'Antillais, mais, fort heureusement, accompagnés de deux députés hexagonaux : Alain LIPIETZ, écologiste de gauche, et Nicole LEPAGE, écologiste de droite. De retour à la Martinique, BOUTRIN et CONFIANT décident de créer une association intitulée ANC (Association Non au Chlordécone) qui organisera une manifestation dans les rues de Fort-de-France laquelle manifestation sera bloquée devant la préfecture par un cordon de policiers. Ensuite, ils feront une dizaine de conférences dans différentes communes. Puis, la veille du Jeudi saint de cette même année 2007, ils parviennent à rassembler près de 300 personnes à l'ATRIUM et ce soir-là, le seul homme politique qui s'est trouvé à la tribune à leurs côtés fut Claude LISE.

   Serge LETCHIMY et le PPM sont alors totalement muets sur le chlordécone !

   Mais il y a pire : la municipalité PPM de Fort-de-France met sur pied en toute hâte une association appelée MACHANN FOYAL rassemblant les revendeuses des différents marchés de Fort-de-France laquelle association défilera à son tour dans les rues de Fort-de-France afin de dénoncer BOUTRIN et CONFIANT qui "cherchent à leur ôter leur pain de la bouche" puisqu'ils ne cessent de dire que les légumes qu'elles vendent son contaminés au chlordécone. Au pilori BOUTRIN et CONFIANT, ces affameurs du peuple !  Il est bon de rappeler que 20.000 hectares sont contaminés en Martinique (contre 5.000 en Guadeloupe) et que le chlordécone n'a pas été utilisé seulement dans les bananeraies. Il est arrivé maintes fois que des ouvriers agricoles (à qui personne__et surtout pas les Békés !__n'avait expliqué la dangerosité de ce pesticide) l'utilisent dans leurs petits jardins créoles ou en donnent à des personnes, habitant dans d'autres régions de la Martinique, afin de dératiser leurs jardins, par exemple. Ce qui signifie très clairement que ce chiffre officiel de 20.000 hectares doit être, hélas, augmenté, d'au moins 2.000 hectares et que l'ensemble du territoire est touché.

   L'ASSAUPAMAR porte alors plainte pour empoisonnement contre l'Etat français. L'association écologique de BOUTRIN et CONFIANT, intitulée POUR UNE ECOLOGIE URBAINE, également. En Guadeloupe, un collectif d'associations écologistes et de syndicats paysans fait le même geste. Toujours en cette année 2007 au cours de laquelle non seulement Serge LETCHIMY et le PPM sont aux abonnés absents s'agissant du drame du chlordécone, mais en plus, relaient le discours de la chambre d'agriculture et des gros planteurs selon lequel "les écologistes veulent détruire l'agriculture martiniquaise" !!! Car le mot "drame" n'est pas exagéré : comme l'expliquent BOUTRIN et CONFIANT dans leur livre, ce produit, créé aux Etats-Unis, en fut définitivement banni en 1979 suite à l'explosion d'une usine qui en fabriquait en Virginie. Le chlordécone s'était alors répandu dans un fleuve tout proche et l'année d'après, tous les bébés crocodiles qui sont nés étaient des...femelles, chose qui entraîna la disparition de cette sous-espèce. Ce pesticide fut cependant autorisé en France durant 30 ans à l'instigation du lobby béké et de certains politiciens tels Guy LORDINOT, le premier ayant fait synthétiser la molécule dans un laboratoire d'Amiens et le faisant fabriquer au...Brésil.

   Drame, en effet, parce que cet organochloré qu'est le chlordécone a provoqué une catastrophe écologique, polluant (pour les 150 années à venir !) les sols, les nappes phréatiques, les rivières et les rivages (d'où l'interdiction de la pêche dans certaines baies). Une catastrophe sanitaire puisqu'il suffit de consulter le registre annuel du cancer à la Martinique pour se rendre compte de l'explosion du nombre de cancers de la prostate, mais aussi de cancers rares comme celui du myélome, chose sur laquelle les autorités font silence. Explosion des maladies de Parkinson et d'Alzheimer aussi. Des malformations congénitales également. Car pendant 30 ans, les Martiniquais, même s'ils n'habitaient pas des régions bananières, ont bu une eau du robinet polluée au chlordécone et ça, les autorités françaises le savaient ! Plusieurs rapports scientifiques, établis par des organismes de l'Etat lui-même, décrivaient, dès le début des années 80, l'ampleur de la catastrophe. L'Etat français est donc bel et bien complice de cet empoisonnement. Car les premières victimes sont les quelques huit mille ouvriers agricoles qui ont manipulé ce produit durant des décennies et qui, pour beaucoup, sont atteints de cancers quand ils n'en sont pas déjà morts.  

   Catastrophe écologique, catastrophe sanitaire, l'empoisonnement au chlordécone est aussi une catastrophe économique puisqu'elle a réduit à néant l'un des secteurs les plus novateurs et les plus prometteurs de notre économie : l'aquaculture. Situés souvent au pied de mornes plantés en banane, les bassins aquacoles ont reçu, par le biais des eaux de ruissellement, des quantités phénoménales de chlordécone qui ont fini soit par tuer les poissons soit par les rendre totalement impropres à la consommation. Aujourd'hui, l'aquaculture martiniquaise n'est presque plus qu'un souvenir. A-t-on jamais entendu Serge LETCHIMY et le PPM sur ces différentes catastrophes ? Absolument pas ! Silence radio ou, comme on l'a vu, dénonciation des écologistes comme étant des "affameurs du peuple".

   Et voici qu'aujourd'hui, à la veille des législatives, l'héritier autoproclamé de CESAIRE, comme si de rien n'était, la gueule enfarinée, vient se présenter en grand défenseur des victimes du...chlordécone. Ce comportement a un nom et un seul : la démagogie. D'autant que lorsqu'en septembre 2007, BOUTRIN et CONFIANT publièrent leur deuxième livre sur la question, "CHLORDECONE : 12 MESURES POUR SORRTIR DE LA CRISE", ils eurent droit à un entrefilet sarcastique dans LE PROGRESSISTE, l'organe du PPM...

   Pa rété la, Letchimy !...

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