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« CHIVE RASTA « ET « CHIVE LETA » : DES EXPLICATIONS…

C’est devant une centaine de personnes que, vendredi 15 mai, à l’amphithéâtre Hellène Sellaye de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines du campus de Schoelcher, l’anthropologue Gerry L’Etang a prononcé une conférence sur « Chivé Rasta et Chivé Léta ». Il y a montré comment la fameuse chevelure rasta que nous connaissons tous s’est inspirée de celle des « saddhus » ou sages indiens dont certains firent partie des convois d’immigrants qui arrivèrent de l’Inde jusqu’en Jamaïque au XIXe siècle, après l’abolition de l’esclavage donc. D’ailleurs, au départ, les fondateurs du rastafarisme faisaient ouvertement référence aux textes sacrés indiens tout en récupérant la Bible chrétienne et en la réinterprétant à leur façon.

Il a ensuite analysé le phénomène moderne des « rajouts » dits « Chivé-léta » en créole en révélant que la plupart d’entre eux provenaient de l’Inde où au moins une fois dans leur vie, les femmes de ce pays se rasent complètement la tête et donc se débarrassent de leur chevelure en offrande aux divinités hindoues. Ces milliers de tonnes de cheveux sont récupérées par les prêtres qui les revendent à des industriels lesquels les transforment avant de les revendre dans le monde entier. L’argent que reçoivent les prêtres sert à l’entretien des temples.

Il a ensuite abordé la question de l’utilisation par les Martiniquaises de ces cheveux lisses alors même que depuis près de trois décennies s’est développé un discours de revendication afro-centré très puissant. Il a noté que si les Européennes utilisaient elles aussi le cheveu hindou, c’était pour renforcer leur chevelure et non pour la dissimuler comme les Noires. Et de toute façon, ce faisant, les premières ne changent pas la nature de leur grain de cheveu. Y aurait-il donc une forme de soumission, chez les Noires, aux canons esthétiques et capillaires européens ?

Jean Bernabé (professeur des universités, linguiste et écrivain) et Gerry L'Etang (maître de conférences, anthropologue)

Le public s’est montré partagé, certains abondant dans le sens de l’aliénation culturelle, d’autres déclarant que de nos jours, les rajouts et le cheveu lisse ne sont plus fétichisés mais sont de simples fantaisies qu’on peut changer du jour au lendemain. Bref, un sujet qui passionna la centaine de participants.

A noter que l’intégralité de la conférence de Gerry L’Etang sera publiée bientôt sur MONTRAY KREYOL.

Image: 

Commentaires

afropkaribind | 17/05/2009 - 05:42 :
Excellent, merci à Montray Kréyol pour cette synthèse pour les Antillais de la Diaspora. L'Inde et l'Afrique sont intimement imbriqués aux Antilles sans le savoir ...donc...

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