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BD

AUX ILES POINT DE SALUT

Laurent Perrin & Stéphane Blanco

Sortie 17 décembre 2011

Le bagne à travers les yeux d’une enfant de 6 ans, fille de gardien.

 

Aux Iles Point de Salut, Laurent Perrin, Stéphane Blanco •
Caraibeditions
ISBN ? •
Décembre 2011 • ? €.

 

 

Stéphane BLANCO -
41 ans, cerf-voliste-photographe-scénariste.

Concepteur de Volanz: cerf-volant de secours
en mer.

Photographie:
Photographie aérienne par cerf-volant:
reportages, formations et conception de
matériel.

Professeur de mathématiques.

 

Stéphane BLANCO
Laurent PERRIN - 47 ans, sculpto-musico-dessinateur.

Dessin:
Collaborateur au fanzine «Zone de
rêves» dans les années 82 à 90.
Premier projet BD signé en 1993 avec Soleil
Productions... qui a coulé. Le projet a été abandonné.
Illustrateur pour de nombreux travaux
allant des étiquettes de bières à l’affiche
de groupes...

Sculpture:
Divers travaux d’ordre architecturaux
ou des statues pour les monuments historiques.
Fabrication de guitares électriques en
pierre.

Musique:
Adepte du bariquophone et auteur-compositeur
dans le groupe des Tontons Flingués.

Laurent PERRIN

Entrevue des auteurs

Stéphane Blanco, Laurent Perrin, comment cette aventure guyano-charentaise est t’elle née?

C’est l’histoire de deux gars qui font une pause sur un chantier de maçonnerie. Il y en a un qui est daltonien et qui dessine
comme un manche, l’autre qui est dyslexique et qui écrit guère mieux... Mais les deux rêvent de faire de la BD...
Alors ils se disent qu’en unissant leurs défauts, ils y arriveront peut-être...

Stéphane, vous dites vous être inspiré d’une histoire vraie. Pouvez-vous nous en dire plus et nous dire à quel moment
vous avez imaginé que cette histoire pourrait devenir une BD?

Au début j’avais écrit une histoire autour d’un bagnard d’après de nombreux livres et archives consultés. Le scénario était bouclé et Laurent avait commencé à bosser dessus. Quand au hasard d’une rencontre, j’ai fait la connaissance de
Paulette, une vieille dame qui avait été fille et femme de surveillant au bagne de Guyane.

Je lui ai demandé de me parler du bagne. Et elle m’a raconté «son» bagne. C’était 35 ans de sa vie!

J’ai découvert un point de vue que je n’avais jamais rencontré dans tous les documents que j’avais pu lire.
C’était complètement nouveau pour moi. Je suis rentré à la maison, et j’ai réécrit le scénario avec cette perception du
bagne. Comme je voulais écrire une histoire romancée mais argumentée d’un point de vue historique, j’ai créé le personnage
de Léa.

Laurent, le fait de n’avoir jamais posé le pied en Guyane ne semble pas vous avoir freiné. Comment avez-vous travaillé
pour la documentation?

Je me suis appuyé sur de nombreux livres pour tout ce qui concerne l’architecture et Stéphane m’a orienté dans le choix
de photos pour les paysages et les couleurs.

Et pour St-Martin, l’île de Ré?

Je connaissais un peu et c’est à une heure de la maison. C’était plus simple. Et puis Saint Martin de Ré me renvoyait à ma
propre histoire familiale; un de mes grands oncles était surveillant au bagne de Guyane.

Stéphane, y-a-t’il des BD en particulier qui vous ont influencé dans l’écriture du synopsis et des dialogues de votre BD?

Il y a 35 ans de lecture de BD qui m’ont influencé! J’avais des plans, des images ou des mises en page qui me
venaient à l’esprit lorsque j’écrivais. Des choses très variées qui remontent à des BD de mon enfance ou à des lectures plus récentes. Beaucoup d’images cinématographiques, aussi. D’ailleurs, si je devais
citer deux œuvres qui ont pu m’influencer, ce serait le film, «Sur la route de Madison» et la BD, «Nous ne serons jamais des héros» de Salsédo-Jouvrais-Salsédo. Le premier pour ce qui concerne
le secret de famille et le dénouement, le second pour ce qui concerne la narration du voyage.

Le personnage du bagnard, ex-montreur d’ours, quant à lui, a-t’il vraiment existé?

Non, mais il aurait pu. Je suis pour partie ariégeois, et l’ours est un animal très présent dans
cette culture pyrénéenne. Il a bercé mon enfance à travers de nombreuses histoires que me
racontait ma grand-mère. J’ai donc imaginé le personnage de Jean, montreur d’ours.

Laurent, comment passe-t’on du métier de tailleur de pierres à celui de dessinateur? Avez-vous
suivi une formation?

Disons que c’est un retour au dessin. J’ai toujours dessiné, des fanzines, des illustrations pour la publicité
et même un premier projet de BD en 1993 signé chez Soleil Production. Mais l’éditeur a coulé ...
le projet avec. Et le pire c’est que je n’ai même pas pu récupérer les planches, soit disant disparues dans
la nature! Suite à cette grosse déception, j’ai abandonné la BD.

J’ai effectué ma formation de tailleur de pierres chez les compagnons.Étant ornemaniste, j’ai beaucoup dessiné pour l’élaboration de mes sculptures. Pendant des années, j’ai taillé la pierre
avec plaisir et ça me permettait d’avoir aussi une démarche artistique. Mais la maladie du tailleur de pierres m’est tombée
dessus: le dos en vrac! Alors je me suis dit qu’il fallait faire ce que je désirais faire avant tout, et c’était de la BD. Et
lorsque je me suis retrouvé avec un scénariste et un éditeur, il n’y avait plus qu’à!

Et pour la colorisation?

Laurent: Les premières planches étaient en couleur directe. On a d’ailleurs intégré une de ces planches à la BD. Mais
pour le reste, si le crayonné et l’encrage sont fait sur feuille, la couleur est faite à l’ordinateur.

Stéphane: Laurent a accompli un tour de force pour la colorisation de l’album. Un matin, il passe à la maison et me dit
qu’il a décidé d’acheter un ordinateur pour la couleur. Il n’avait jamais touché un ordinateur de sa vie! Je lui ai montré
les rudiments pour utiliser GIIMP. Six mois après, sans aucune formation, la BD était entièrement colorisée!

Stéphane, comment êtes-vous rentré en contact avec un éditeur caribéen depuis Melle et pourquoi avoir choisi spécialement
un éditeur des DOM-TOM?

Il y a 2 ans, on avait envoyé le projet à beaucoup d’éditeurs BD et à un éditeur régional. Aucune réponse positive. À Angoulème
2010, j’ai découvert Caraïbéditions que je ne connaissais pas. J’étais ravi de découvrir un éditeur BD avec une
sensibilité domienne. Même si je vie aujourd’hui en métropole, c’est un projet en grande partie guyanais.

J’ai commencé à l’écrire le scénario dans mon hamac à Saint Laurent du Maroni. Et je voulais absolument ancrer cette
histoire entre la Guyane d’aujourd’hui et celle du bagne. Aussi, quand j’ai présenté le projet à Florent Charbonnier de
Caraïbéditions, il a tout de suite accroché.

Comment la collaboration avec Caraïbéditions s’est-t’elle passée?

Stéphane: Pour la suite, la BD a vraiment été faite à trois. J’écrivais et découpais les planches puis Laurent re-découpait
(toujours en mieux!!) et dessinait. On envoyait les scans à Florent qui nous faisait part de ses remarques sur le découpage,
les dessins, les couleurs et les dialogues.

Il nous a poussé et aidé à nous remettre sans cesse en question pour améliorer l’ensemble. Vous imaginez trois quadras
passionnés de BD... c’était une aventure humaine épanouissante!

Melle est toute proche d’Angoulème; serez-vous au Festival de la BD en janvier prochain?

Laurent: Je vais à Angoulème depuis la création du festival. Au début des années 80, je collaborais à
un fanzine, «Zone de rêves». Et je peux dire que j’ai assisté à la naissance du festival de l’intérieur. Je
me souviens d’un petit débutant à lunette qui m’avait dédicacé son premier
bouquin... des histoires de Chat. Enfin, ce qui change pour janvier prochain, c’est que je suis de
l’autre côté de la table pour les dédicaces.

Messieurs, un second tome? Une suite? Un nouveau one-shot?

Laurent: Cette collaboration a trois nous a donné envie de continuer à travailler ensemble. Soit
sur un nouveau projet, soit sur une suite.

«Aux îles, point de Salut» peut être lu comme un one-shot mais nous avons laissé une porte
ouverte pour une suite. Le scénario est déjà écrit.

Stéphane: Après la suite, une adaptation au cinéma par Clint Eastwood... (rires) ou mieux, par
Djamel. On peut toujours rêver... parfois ça se réalise.
Et depuis la sortie d’«Aux îles, point de salut», on évolue en zone de rêve!

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