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ALAIN FINKIELKRAUT ET LE CHAÎNON MANQUANT

Il me semble opportun de rappeler, au préalable deux choses que semble ignorer le commun des mortels. La parole appartient-elle exclusivement aux « intellectuels » ? Et, bien, non ! Croyez-vous, que ce sont leurs pensées profondes qui éclairent le monde et que de leur bouche sortent des psaumes bibliques qu'on doit avaler à genoux, jusqu'à plus faim. Est ce que ce sont les intellectuels qui ont fait les révolutions ? Ils étaient-là certes mais ce sont les ventres vides, les gueux et les mandrins qui ont pris les Bastille ou établi une Commune à Paris.

Une agrégation de philosophie, un doctorat de littérature comparée, un diplôme de Sciences Politiques,  à Paris ou à Tombouctou, un brillant passage à l'ENA, vous épargnent-ils, à vie, de sombrer  dans la divagation, la rhétorique fallacieuse, en un mot la « connerie humaine » ? Il est temps de cesser de respecter, le chapeau à la main, la tête baissée,  cette « diplômocratie » qui nous permettrait de ne pas penser puisqu'on pense et qu'on décide à notre place.

Qu'est-ce qu'un « intellectuel » ? Un être qui pense beaucoup, et le fait savoir. On le soupçonne d'avoir une « intelligence » supérieure. Or l'appréhension du monde fait appel certes au savoir, à la réflexion mais aussi à la sensibilité, même à l'émotion. A ce titre, la poésie est toujours supérieure au savoir. Et le savoir, un diplôme ne sont jamais des blancs-seing, pour la vie et être autorisé de parler pour ne rien dire comme le coucou d'une horloge suisse.

Un seul exemple. Donatien, diplômé de pas-grand-chose, pêcheur aux Anses d'Arlet, était, à la case-à-rhum, avant le 4ème Ti-punch, un philosophe remarquable, un psychologue imparable, un brillant humaniste, un docte et un sage. Alors, suivez mon conseil : dites « merdre  aux intellectuels », vous êtes déjà sur le chemin de la sagesse. Ensuite il faudra penser par vous-même. Mais c'est un autre problème. Cependant, imaginez un monde sans Maître de conférences et sans Esclaves de conférences. Ce serait un monde d'hommes, pas plus, peut-être humain, au mieux humaniste. Et cela porte un nom « l'anarchie ». Je n'ai pas dit « le bordel généralisé » pour ceux qui ignore ce qu'est l'étymologie.

Tout d'abord, pour les béotiens et les germanisants débutants, Finkielkraut, n'est pas une variété de chou, comme ce mot l'indique, destinée à une préparation culinaire autrichienne, assortie de charcuterie. C'est le patronyme, d'un philosophe français, quasiment  l'orgueil du pays.

Venons en au fait : la dernier sortie de cette grande ganache de Finkielkraut. Vous ne savez pas que pour ce brillant penseur, la civilisation s'arrête à la Porte d'Orléans à Paris, dont il ne connait d'ailleurs que le court chemin entre le Café de Flore, à Saint-Germain-des-Près et la brasserie des Deux-Magots, à Saint-Germain-des-Près. Donc après la Porte d'Orléans, existe la jungle, marécages putrides, forêts dangereuses, déserts de sel ou de sables, toutes contrées insalubres, peuplées d'indigènes, voire d'être dégénérés et d'animaux monstrueux, enfin rien qui ne lui donne le courage d'aller jeter un œil et surtout une pensée en ces lieux méphitiques où survit une humanité inachevée ou abâtardie.

Or voilà que se tient, en ce moment, à Pessac, dans le Sud-Ouest, soit à 3 heures de Paris en TGV ou 40 minutes en avion, en tout cas hors de Paris, dans les miasmes donc, le 21 ème festival international du film d'histoire, sur le thème : « La fin des colonies ? ». 87 films y étaient présentés. Je cite la presse locale :

« Au fil des 87 films sur le thème, quelques icônes vont voir leur image écornée, de de Gaulle, Mitterand, Houphouët-Boigny, « le sage » … Liste non exhaustive à laquelle le Sénégalais Thierno Dia, professeur de cinéma à Bordeaux-3, ajoute feu le Président Léopold Sédar Senghor, souvent porté aux nues comme écrivain et poète : « ce fut l'homme lige de la France qui a fait tirer sur la foule en 1963 et a censuré des films. » Puis, coup de pied à la francophonie : « Le français, minoritaire, n'a aucune légitimité pour être langue officielle au Sénégal. » (Et ailleurs, non plus ! NDLR). L'universitaire teigneux dénonce les réseaux toujours pas remis en question et la mainmise des entreprises françaises sur le trafic portuaire, l'eau, le téléphone. Le quotidien de la presse locale, Sud-ouest, poursuit, puis pose la question : La fin de la censure ? Faisant allusion aux archives militaires, aujourd'hui accessibles (50 ans après en règle générale), il semble que les films civils aient mis autant de temps à sortir de l'ombre. C'est ce qui frappe François Aymé commissaire général du festival : « Jamais, il n'y a eu autant d'œuvres aussi longuement censurées que sur le thème des colonies. « la bataille d'Alger », de Gilo Pontecorvo, tournée au début des années 1960, n'a pu être vue du public français que dans les années 1990, plus de 30 ans après. René Vauttier a attendu 20 ans la diffusion « d'Afrique 50 », quant à Paul Carpita, il a eu sa carrière interrompue pendant 35 ans, période durant laquelle « Le rendez-vous des quais », sur la guerre d'Indochine a été bloqué. C'était son premier film. Il a recommencé à tourner à l'âge de 75 ans. »

Donc sur la colonisation, on peut conclure qu'un début d'amorce de commencement d'information, de hauts faits, d'images, de scandales vont nous parvenir aujourd'hui. 50 ans après les indépendances, allez un peu voir à qui appartient l'Afrique réellement : aux Français comme ou plus qu'avant, aux Américains et de plus en plus aux Chinois. NDLR ! Alors, si Aimé Césaire a écrit son « Discours sur le colonialisme » en 1958, soit avant les indépendances, qui a-t-il inspiré ? Tous les faux-culs, qui ont brandi cet opuscule et ont continué leur basses œuvres comme jadis voire de façon pire !... Et aussi les « intellectuels ! »

Enfin, ce festival fort intéressant, se tient jusqu'au 22 novembre, en Gironde, donc dans des contrées louches et périlleuses où l'ami Finkielkraut ne saurait mettre le nez. Mais revenons à notre affaire. Finkielkraut a parait-il lâché un pet, philosophiquement agrégé, sur « l'esclavage et le colonialisme. » Or, pour lui répondre, il faut être au minimum chevalier ayant, blason, écuyer, lourde cabale, douves et castel, je me vois donc dans l'impossibilité de le faire ne possédant pas tout cet attirail intellectuel. Je n'ai lu du philosophe qu'un essai, il y a plus de 20 ans, au titre prémonitoire : « La défaite de la pensée » ! Mais est-ce bien utile de lui répondre ?

Car quelques « sorties » de notre émérite intellectuel de cette même eau, et, pour des raisons de salubrité publique, les services sanitaires de la Ville de Paris, le transporteront manu militari, au zoo de Vincennes. Les enfants pourront lui lancer quelques arachides. Puis, même les philosophes étant mortels, on le trouvera un jour gisant dans son aire. Mais j'ai la conviction, que bien des années plus tard, un collège d'éminents scientifiques, anthropologues, odontologies, paléontologues, etc, etc, par l'observation de sa mâchoire ou par la présence de tel osselet surnuméraire, décrètera, sans le moindre doute, qu'il s'agit là du lien entre le plus évolué des primates et le plus inférieur de l'espèce des hominidés. Ce que l'on nomme dans l'évolution Darwinienne « le chaînon manquant. »

Victoire pour la Science ! Et le squelette sera précieusement transporté au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Victoire pour Alain Finkielkraut ! Car ce musée, situé dans le 5ème arrondissement de Paris, n'est finalement pas très loin, à pied, du Boulevard Saint-Germain-des-Près .... Si  on le laisse sortir …!

Quant à ceux qui s'offusquent qu'on leur assène qu'ils sont colonisés, post-colonisés ou néo-colonisés, aujourd'hui, j'affirme que leurs petits-enfants, parleront un jour de leurs aïeux, avec peu de respect et les traiterons, à juste titre, de « grands couillons » !

 

Thierry Caille

 

Photo du logo : le Café de Flore, dernier bastion de la civilisation dans le chaos où a plongé le monde.

 

 

 

 

 

 

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