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Affaire Fillon : le juridisme de la honte

Affaire Fillon : le juridisme de la honte

   Une quinze de juristes, pour la plupart professeurs d'Université, vient donc de publier une tribune prenant la défense de François FILLON  en accusant le pouvoir et les médias de "coup d'état constitutionnel". Parmi ces grands défenseurs du candidat de la droite aux prochaines présidentielles, on ne sera pas étonné de trouver une certaine Anne-Marie LE POURHIET, qui fut enseignante sur le campus de Schoelcher au sein de l'ex-Université des Antilles.

Faisant totalement fi de notre histoire et évidemment de l'esclavage et de ses ravages, oubliant délibéremment que les Antillais ne sont devenus des hommes vraiment libres que depuis à peine 150 ans, cette dame s'était permise à l'époque de dénoncer avec virulence, dans différents articles, ce qu'elle appelait "la préférence ethnique" dans le recrutement des universitaires aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie et en Corse, vantant au passage la Réunion (sauf que récemment le même problème s'est posé pour la présidence de l'université de cette dernière). Outre que cette affirmation était fausse puisque si tel avait été le cas, le Ministère de l'Enseignement Supérieur aurait rejeté les nominations des personnes concernées ou bien les candidats s'estimant lésés auraient fait appel devant le tribunal administratif, il y a la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à faire semblant que 850.000 Antillais et Guyanais, dans quelque domaine que de soit et pas seulement celui de l'Université, sont en concurrence égale avec 67 millions de Français. La même LE POURIET avait également fustigé ceux qui s'étonnaient ou s'indignaient devant le fait que la très grande majorité des hauts fonctionnaires en poste en Outremer soit des "Métros". Passons...

   Aujourd'hui, la POURHIET et ses collègues font assaut de juridisme pour défendre l'indéfendable en racontant par exemple que rien ne prouve que les fonds qui sont mis à la disposition d'un député sont des fonds publics !!! Ce qui veut dire que personne n'a le droit de juger de l'utilisation desdits fonds et surtout pas le citoyen lambda. Autrement dit François FILLON avait parfaitement le droit d'embaucher son épouse et lui verser sur quinze ans la somme conséquente de 900.000 euros. Sauf que__et c'est là où la POURHIET et ses amis sont malhonnêtes intellectuellement__admettons un instant que les fonds alloués à un député ne soient pas des fonds publics. OK, admettons-le ! Disons que tout cet argent tombe du ciel ou qu'il atterrit dans la poche du député par quelque opération du Saint-Esprit ! Sauf que Mme FILLON n'a jamais travaillé à l'Assemblée nationale, qu'aucun huissier, aucune secrétaire, aucun député ne l'a jamais croisé dans les couloirs de celle-ci. Et d'ailleurs, elle-même avait déclaré à une chaîne de télé anglaise qu'elle ne se mêlait pas des activités politiques de son mari !

   Ce petit exemple démontre la différence, le trou béant qu'il y a entre "éthique" et "juridisme". Le juridisme__et aux Etats-Unis, les avocats sont champions dans cet art douteux__c'est ce qui permet, par exemple, à tel joueur de football américain qui a massacré sa femme d'échapper à la prison malgré moult procès retentissants. Avec des arguments (des arguties ?) juridiques, on peut, en effet, démontrer tout et n'importe quoi et d'ailleurs, tout le travail des avocats consiste, avant d'examiner le fond d'une affaire, de chercher la petite bête, le vice de procédure ou de forme arrivant en tête, pour tenter de dédouaner leur client. Sauf qu'il y a une différence entre un avocat et un professeur de droit à l'université même si beaucoup d'entre ces derniers endossent la robe noire, faisant ainsi une concurrence déloyale aux premiers. Pour un universitaire, l'éthique doit primer sur le droit ou en tout cas être placé sur le même plan alors qu'un avocat, lui ou elle, est payé pour tout faire afin de sauver la tête de son client. Autrement dit les professeurs de droit devraient être les garant de l'éthique et ne pas sombrer dans le juridisme. FILLON est éthiquement indéfendable et cela même quelqu'un qui n'a que le certificat d'études le sait. Il est peut-être défendable juridiquement ou "juridistiquement", mais on est en politique et en politique, l'éthique est la valeur première puisqu'elle consiste à respecter ceux qui votent pour vous, surtout lorsqu'ils survivent avec 700 euros par mois.

   Si une quinzaine d'avocats avait signé cette tribune pro-FILLON, il n'y aurait rien à redire. Le job d'une robe noire, son devoir même, est de tout faire, y compris passer le Code pénal au peigne fin, pour trouver le plus petit élément qui permettra d'annuler les poursuites envers son client ou bien d'atténuer la peine qui lui sera infligée. Rien que de plus normal ! Par contre un universitaire, un professeur de Droit à l'université, ne doit pas, ne peut pas séparer la réflexion juridique de la réflexion éthique. S'il le fait, il tombe dans la voyoucratie et l'on comprend alors mieux pourquoi certaines universitaires juristes n'ont trouvé rien à redire à l'affaire du CEREGMIA et pour certains, ont même cherché à protéger Fred CELIMENE et sa bande...

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