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500 ANS DE LA HAVANE : BANDE DE COLONISES DE CUBAINS, VA !

500 ANS DE LA HAVANE : BANDE DE COLONISES DE CUBAINS, VA !

   Lettre d'un noiriste martiniquais à ses (ex-) frères cubains.

   J'apprends avec stupéfaction que vous avez invité en grandes pompes le roi d'Espagne, Felipe, et la reine Letizia, à effectuer une visite officielle dans le cadre du 500è anniversaire de la capitale de votre pays, La Havane. Tout d'abord, pardonnez-moi de vous écrire dans la langue du colonisateur blanc ! C'est que la méthode Assimil "Le swahili en 20 leçons" que j'ai commandée à Paris ne m'est toujours pas parvenue. Salopards de colonialistes !
 Je vous disais donc que je fus, non seulement stupéfait, mais surtout indigné que vous, Cubains, ayez pu convier un infâme descendant direct de conquistadors, oui, descendant direct de cette salope d'Isabelle de CASTILLE, à fouler le sol sacré de la patrie cubaine et à fêter le 500è anniversaire de la colonisation des Amériques. La Havane fut fondée__je ne vous apprends rien__par des génocideurs d'Amérindiens et des esclavagiseurs d'Africains et mériterait d'être détruite comme le fut Carthage. Oui, La Havana delenda est ! Pardon d'utiliser cette infâme langue latine, mais dans mon pays colonisé par la France, à l'école, on nous apprend la langue de Cicéron au lieu de celle de Shaka Zulu.
  Que faisait donc le roi Felipe (roi, tu parles ! N'importe quel président arabe ou africain a plus de pouvoirs que lui) et sa femme à travers les rues de la Vieille Havane, symbole même de la colonisation espagnole et de la société de plantation ? Comment a-t-il pu les arpenter tranquillement, admirant les demeures coloniales rénovées à grands frais (alors que le Cubain moyen survit avec 30 dollars par mois) sans que personne ne l'ait insulté ni craché dessus ? A la télévision cubaine, on a même montré des gens qui applaudissaient au passage du couple royal !!!
   Comment ces descendants directs des conquistadors ont-ils pu être reçus par les plus hautes autorités de l'état cubain, à commencer par votre premier ministre, pourtant successeur de 2 éminents CASTRO ? Comment est-ce possible qu'à l'aéroport, au moment ou Felipe et sa cour s'apprêtaient à embarquer pour retourner dans leur infâme Espagne, spontanément, oui, spontanément, tous les Cubains présents se sont mis à leur faire fête ?
   Je suis tout bonnement estomaqué, estébékwé comme on dit en swahili.
   Mais, entre peuples frères, ce que sont Cubains et Martiniquais, il faut savoir pardonner. C'est pourquoi je vous propose d'envoyer chez nous, en Martinique, une brigade de volontaires afin que nous puissions leur enseigner comment effacer toute trace du passé colonial car figurez-vous que dans l'une de nos villes, les autorités avaient cru pouvoir installer une plaque et des panneaux soi-disant explicatifs à l'endroit même où ce yich Man Bans (c'est du swahili, vous vous diriez plutôt hijo de puta) de Cristobal COLON, enfin COLOMB, je veux dire, a posé le pied pour la première fois dans notre île. Eh bien, nuitamment, un vaillant commando de décapiteurs de statues colonialistes a investi l'endroit et y a tout détruit. Biwa ! Pardon, je ne sais pas comment traduire cette interjection dans cette langue du colonisateur espagnol que vous vous entêtez à utiliser.
    Hasta la victoria siempre, companero ! Heu...zut ! Sé pou laviktwa nou ka alé, kanmarad, ai-je voulu dire.
   Réponse d'un Cubain à ses frères martiniquais.
   Merci pour cette belle leçon de courage révolutionnaire. Juste une remarque, une question et une proposition.
  Remarque : nul ne peut changer le passé, même pas Dieu (si jamais il existe). Question : comment se fait-il que votre île si révolutionnaire soit le dernier territoire des Amériques à être encore sous le contrôle d'une puissance européenne ? Proposition : au lieu de prendre des cours de swahili, je te propose d'en prendre en géopolitique car cela fait plus de 60 ans que les Etats-Unis infligent un blocus féroce contre Cuba et donc quelle que soit la personne qui nous tend la main, fut-ce Diable (si jamais il existe), eh bien nous la prenons !
   Hasta la vista, hombre !... 

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