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200 Haïtiens chaque jour en Martinique. Et alors ?

200 Haïtiens chaque jour en Martinique. Et alors ?

   Le quotidien "France-Antilles" nous annonce qu'environ 200 Haïtiens entrent clandestinement chaque jour à la Martinique, le plus souvent par la commune du Prêcheur proche de l'île de la Dominique où ceux-ci font une première escale.

   Ce chiffre (émanant de qui ? de quelle autorité locale ou étatique ?) a de quoi donner du grain à moudre à la fois aux assimilationnistes forcenés et aux noiristes. Les premiers parce qu'ils y voient une sorte d'invasion, 200 par jour faisant 6.000 par mois et 6.000 par mois faisant 72.000 par an, chiffre à mettre en regard des 4.000 Martiniquais qui quittent leur pays chaque année, le plus souvent sans espoir de retour. Nul étonnement donc à ce que le vote Marine Le Pen ait progressé, en particulier dans certaines communes du nord sans qu'on puisse les attribuer aux "Métros" puisque ces derniers préfèrent s'installer à Sainte-Luce, aux Trois-Ilets ou au Diamant qu'à Grand-Rivière, Basse-Pointe, Macouba ou Le Prêcheur. 

   Les seconds à savoir les noiristes parce qu'ils y verront sans doute un moyen de contrer le fameux "génocide par substitution" même si à peine 1% de ces clandestins sont régularisés. Il est vrai que ce pourcentage ne tient pas compte du fait qu'une femme haïtienne qui accouche d'un bébé en Martinique est inexpulsable jusqu'à ce que ce dernier ait atteint l'âge de 18 ans. Il est aussi vrai que si les forces de police traquent les Haïtiens dans les villes (Fort-de-France, Lamentin, Robert, Ducos etc.), elles ferment les yeux apparemment et à la grande satisfaction des Békés sur ceux qui travaillent dans les plantations de banane où ils sont surexploités. De véritables petits "bateys", ces enclaves semi-esclavagistes où croupissent les immigrés haïtiens à Saint-Domingue, se sont ainsi constitués dans le nord de la Martinique au vu et au su de tout le monde. Ce qui explique qu'on voit des Haïtiens travailler le dimanche dans certaines plantations ! 

   Ici, il faut faire un sort au concept fumeux ou racialiste de "génocide par substitution".

   En effet, l'arrivée, fut-elle massive, d'Haïtiens est une bonne chose pour la Martinique non pas "parce qu'ils sont noirs comme nous" et autres sottises mais bien parce qu'ils ne menacent ni notre culture ni notre identité. Un Haïtien n'a pas besoin d'interprète pour parler avec un Martiniquais et ses pratiques musicales, culinaires, médicinales, magico-religieuses etc...sont très proches des nôtres et contribuent à nous enrichir. Il est par conséquent grand temps de remplacer le concept glauque de "génocide par substitution" par celui de "génocide par décréolisation" (ou "démartinicanisation" puisqu'apparemment le terme "créole" donne des boutons à certains).

   L'arrivée ou l'installation de 72.000 Haïtiens par an (pour autant que ce chiffre soit avéré) est une excellente chose comme celle des Dominiquais et des Saint-Luciens d'ailleurs car tous ces gens partagent une identité très semblable à la nôtre. A l'inverse, l'arrivée du même nombre d'immigrés d'Europe, d'Afrique, d'Amérique du sud ou d'Asie constitueraient, là oui !, un génocide par substitution. 

   Notre problème n'est pas un problème génétique ou racial mais bien identitaire et culturel. Il s'agit pour nous de persévérer dans notre être, dans ce que nous sommes car respecter les ancêtres, c'est d'abord et avant tout protéger l'héritage culturel qu'ils nous ont légué.

Commentaires

Frédéric C. | 09/06/2021 - 19:29 :
Quand Césaire parlait de "génocide par substitution" (qu'il appelait "aussi génocide rampant", c'était une sorte de métaphore, ce me semble. C'était dans les 70's. Césaire visait là le double mécanisme d'émigration massive des Mquais vers la France (via le Bumidom ou hors Bumidom) et l'arrivée qu'il jugeait trop importante de "métros" qui se substituaient aux Mquais partis où partant... C'était une manière de dire qu'à terme, les Mquais seraient de moins majoritaires dans leur propre pays, et disparaîtraient en tant que peuple à vocation nationale, pour ne plus devenir qu'une "collection d'individus" sans liens collectifs: génocide du peuple en tant que peuple, sans liquidation physique (métaphore donc). On peut mettre cela en rapport avec la déclaration de Darsières de 1979 enjoignant les Français ("métros") démocrates à faire leurs valises, et concluant : "Séparons nous en frères, pendant qu'il en est temps". C'était sous Giscard d'Estaing, époque que les + jeunes n'ont pas connue... En effet, on peut se demander d'où FA sort ce chiffre de "200 Haïtiens par jour". S'il était exact, la Mque serait depuis longtemps envahie d'haïtiens ce qui n'est pas le cas... En revanche, il est juste de considérer les Haïtiens plus proches de nous Mquais, pour les raisons évoquées dans l'article. Malgré certains faits divers montés en épingle, et malgré la surexploitation dont sont victimes les travailleurs immigrés dans ces microbateys, cela crée des liens intra-caribéens dont notre pays a bien besoin. Pour le reste, le concept de "Génocide par substitution" peut être, non pas remplacé, mais complété par "Génocide par Démartinicanisation/Décréolisation". Les Kanaks sont bien placés pour savoir que le G.P.Substitution, ça existe...

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