RESULTATS DU 1er TRIBUNAL INTERNATIONAL "KATRINA"

vendredi 14 septembre 2007
 Jacqueline PETITOT

INFORMATIONS INTERNATIONALES 11 septembre 2007 N° 252 Prix 0,50 euro Dossier d’informations hebdomadaire édité par l’Entente internationale des travailleurs et des peuples

Nous consacrons une partie importante de ce numéro au Tribunal international sur les ouragans Katrina et Rita qui rend publiques ses conclusions préliminaires. Le président Bush, les gouverneurs Blanco (Louisiane), Barbour (Mississipi), Nagin (le maire de la Nouvelle-Orléans) ont commis des crimes contre l’humanité.

Vous trouverez : un communiqué de presse ; le relevé de décisions du tribunal ; des déclarations de Cynthia Mckinney, ex-représentante du Parti Démocrate au Congrès,élue d’Atlanta en 1992 et 2004, de Louisa Hanoune,coprésidente du Tribunal, de Charles Barron,conseiller municipal de la ville de New York,coprésident du tribunal des témoignages.

Etats-Unis : des extraits d’une interview parue dans Socialist Organizer, de Malcom Suber, militant ouvrier noir,candidat du parti de la reconstruction au conseil municipal de la Nouvelle-Orléans ainsi que la déclaration du comité d’organisation du parti de la reconstruction.

Mexique : une interview de Luis Magana, candidat indépendant au poste de gouverneur de l’Etat de Michoacan et « La Lettre ouverte à Andrès Manuel Lopez Obrador, président légitime des Etats Unis mexicains »,lettre à l’initiative du Parti des travailleurs Démocratique Indépendant (PDTI)

Algérie : Après les deux attentats perpétrés visant l’un le Président de la République,l’autre une caserne,un communiqué du Parti des travailleurs« Pour que l’Algérie vive libre et souveraine »

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Sommaire :

p. 1 : Présentation p. 2/3 - Mexique : Lettre ouverteau président légitime Lopez Obrador. Entretien avec Luis Magnana candidat ua postede gouverneur de l’Etat de Michoacan p.4/5/6 - Katrina : communiqué de presse ; conclusions préliminaires du Tribunal,déclarations de C. McKinney, de L. Hanoune, de C. Barron,témoignages . p7 - Etats-unis : entretien avec M. Suber, candidat du Parti de la reconstruction au conseil municipalde La Nouvelle-Orléansdéclaration du comité d’organisation du Parti pour la reconstruction et de M. Suber. p.8 - Algérie : déclaration du Parti des travailleurs après les attentats. •Abonnements.

Pour tout contact : Informations internationales Entente internationale des travailleurs et des peuples, 87, rue du Faubourg-Saint-Denis -75010 Paris - France Tel : (33 1) 48 01 88 28 E.mail : eit.ilc@fr.oleane.com - Site : www.eit-ilc.org

Mexique

CARTA AL LIC. ANDRES MANUEL LOPEZ OBRADOR, PRESIDENT LEGITIME DES ETATS UNIS MEXICAINS

Monsieur López Obrador :

Nous qui signons ci-dessous nous adressons à vous pour vous faire part de ce qui suit :

La situation du pays est extraordinairement grave. L’énorme fraude électorale faite par le régime du PRI-PAN contre le peuple mexicain le 2 juillet de l’année dernière a pour objectif d’appliquer à fond les contre réformes qui démantèlent la nation mexicaine.

En un an nous nous sommes confrontés :

• A la contre réforme qui détruit la nature solidaire et de répartition de l’ISSSTE. • A la contre réforme fiscale sur le point d’être adoptée, qui mènera à la faillite des milliers de petites et moyennes entreprises et augmentera la charge de l’impôt sur le travail. • A la volonté de Calderon de donner la Pemex aux multinationales pétrolières et d’instaurer le “Plan Mexico”, similaire au “Plan Colombie” comme cela s’est vu lors de la réunion avec Bush et le premier ministre du Canada ces jours derniers. • A la menace lancée le 2 septembre de poursuivre les contre réformes énergétique, du travail et de l’école publique. • Au silence complice de l’usurpateur devant le nouveau pas franchi par Bush dans la guerre contre les migrants (il exige des patrons qu’ils demandent des documents qui prouvent le séjour légal des migrants. Cette mesure signifie l’expulsion de millions d’entre eux).

¡ C’est la guerre contre la nation et le peuple travailleur, au compte des intérêts impériaux !

Nous nous trouvons face à un défi. Comme vous l’avez dit, la possibilité d’en finir avec cette politique qui détruit la nation réside dans le développement du mouvement de résistance qui a surgi l’année dernière contre la fraude électorale, mouvement de millions de personnes du peuple travailleur, qui a créé la Convention Nationale Démocratique qui vous a investi comme président de la République légitime du Mexique le 20 novembre 2006. Mouvement de résistance qui s’est manifesté au mois de mai dernier au travers de grèves partielles des travailleurs du secteur public pour la défense de l’’ISSSTE solidaire. Mouvement qui est encore vivant comme cela s’est vu le 1° juillet 2007 et qui a besoin de grandir et d’inonder tout le pays.

Nous sommes d’accord avec ce que vous avez dit le 1° juillet dans le Zocalo de la ville de Mexico : “Aucune discussion avec Calderon et sa politique antipopulaire, aucune négociation, aucun pacte avec le gouvernement”.

En ce sens, nous partageons la critique des institutions forgées par le PRI et le PAN que vous avez lue lors du X° Congrès du PRD.

A cette occasion vous avez demandé : “Comment après avoir en quelque sorte soudoyé le Pouvoir Judiciaire vont-ils faire justice et convaincre qu’ils agissent avec impartialité ? Et nous ne pouvons manquer de signaler le triste, le pitoyable rôle de couverture de la Cour Suprême de Justice dans les cas de Lydia Cacho, Atenco et dans la question même de Oaxaca. Et que dire de l’IFE et du Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération, transformés en nids de fonctionnaires corrompus et de délinquants électoraux”.

Cette critique des institutions vous l’avez complétée en évoquant la nécessité de créer de nouvelles institutions, “un nouvel ordre légal” avec des institutions qui servent “à tous à égalité” et de créer une nouvelle république. Nous sommes d’accord avec vous pour ces options.

N’est-il pas nécessaire de rompre avec la politique du FAP et ses dirigeants ?

Cependant dans votre discours au congrès du PRD, comme vous l’avez fait à diverses reprises, vous avez indiqué que “le Front Large Progressiste (FAP) aura pour objectif principal de s’affronter au bloc conservateur, au bras politique de la minorité rapace qui a fait tant de mal à notre pays”.

Mais les partis du FAP ne sont-ils pas engagés dans la voie de la reconnaissance du gouvernement usurpateur et de la participation aux contre réformes ? Dans la résolution du X° Congrès du PRD est mentionnée “la substitution du dit rapport présidentiel par un débat parlementaire et républicain entre pouvoirs, sur l’état de la nation, dans le cadre d’un nouveau régime politique”. Les dirigeants du PRD parlent de rejeter Calderon, mais ils s’apprêtent à discuter et à approuver (avec quelques amendements, naturellement !), avec les députés du PRI-PAN, les textes que Calderon va envoyer aux Chambres. C’est à juste titre que le journaliste J. Hernandez signale : “habile manœuvre (nous ne débattons pas avec Calderon mais avec le titulaire du Pouvoir Exécutif Fédéral)”.

Le FAP n’est donc pas un organisme qui cherche à être “une gauche légitimatrice” ? Ce n’est pas dans la politique du FAP de voir gouverneur après gouverneur du PRD reconnaître Calderon le bâtard et y compris la contre réforme fiscale de Carstens-Calderon dictée précisément par le FMI ? N’est-ce pas dans ce cadre que le candidat gouverneur du FAP de Michoacan dit qu’il n’y a pas d’autre solution que de reconnaître Calderon, ce qui lui a valu que les entrepreneurs de Michoacan le classent comme faisant partie de la “gauche modérée, moderne et progressiste” ?

Cette politique a mené le PRD à une catastrophe aux élections du 5 août et du 2 septembre. A BC les plus de 200 mille voix de 2006 (28% des voix) sont à peine arrivées à 20 mille (à peine 2% du total). A Oaxaca après que grâce à la “vague Obrador” les partis du FAP ont gagné presque toutes les élections fédérales à la majorité relative, lors des élections au niveau de l’Etat ils n’en ont pas gagné une seule. Comment l’expliquer ? Les dirigeants du FAP tournent le dos au mouvement de résistance du peuple travailleur qui dit “Calderon dehors !” “Obrador président tout de suite !”, “L’ISSSTE ne se vend pas, il se défend”.

Cette politique est nuisible au développement de la Convention Nationale Démocratique (CND) et la condamne à disparaître. C’est pourquoi nous considérons qu’il est fondamental de rompre avec la politique que mènent les dirigeants de la FAP et d’appeler avec les directions syndicales des enseignants et les autres syndicats concernés à proposer la grève nationale pour l’abrogation de la contre réforme de l’ISSSTE, pour l’abandon du pouvoir par Calderon.

C’est pourquoi nous considérons nécessaire aussi la mobilisation pour de nouvelles institutions, démocratiques, pour l’Assemblée Constituante Souveraine qui annule les contre réformes et les traités qui ont démantelé la nation, et qui établisse les bases d’une nouvelle république, démocratique, laïque, souveraine.

Monsieur Lopez Obrador, nous sommes certains que les pas que vous ferez sur la voie de la rupture avec la politique légitimatrice que mènent les partis du FAP et ceux que vous ferez pour la défense des conquêtes du peuple travailleur et de la nation, seront soutenus par des millions de personnes.

Ainsi vous bénéficierez du soutien du peuple travailleur dans la solidarité que vous apporterez aux mouvements de résistance du peuple tel que la campagne de Luis Magana Acevedo, migrant et dirigeant paysan en Californie, qui se présente comme candidat indépendant au gouvernement du Michoacan et propose une plateforme politique dans laquelle est exprimée la nécessité “de faire tomber le gouvernement de Calderon le bâtard et de reconnaître le président légitime Andrés Lopez Obrador (…)”

Monsieur Andrés Manuel Lopez Obrador : Avec l’intention de présenter et d’élargir ces points de vue, nous vous demandons qu’une commission de ceux qui soutiennent ce document se réunisse avec vous le samedi 13 octobre dans l’après-midi.

Dans l’attente de votre réponse. Avec tout notre respect.

Cette lettre est une initiative que propose le Parti des Travailleurs Démocratique Indépendant (PDTI), parti en voie de formation et le Front des Mexicains à l’Etranger (FME). Nous t’invitons à le soutenir en le signant, et à le diffuser parmi tes camarades de travail, d’études ou ton voisinage.

Nous t’invitons à t’organiser avec le PTDI pour que ce mouvement qui vient d’en bas soit entendu, s’organise et puisse triompher.

La candidature indépendante de Luis Magaña, au poste de gouverneur de l’Etat de Michoacán Luis Magaña a été 30 ans travailleur migrant aux Etats-Unis et à ce titre dirigeant des travailleurs agricoles de Californie

Un an après la fraude électorale…

Rappelons que, le 2 juillet 2006, grâce à une fraude massive, le candidat soutenu par l’impérialisme américain, Felipe Calderon, s’est octroyé la victoire à l’élection présidentielle. La puissante mobilisation contre cette fraude a amené Lopez Obrador, candidat qui se réclamait de la défense de la souveraineté de la nation et des entreprises nationales, à appeler à la formation d’une convention nationale démocratique, qui l’a désigné comme président légitime du Mexique. Un an après, le bilan du gouvernement usurpateur de Calderon ne peut pas être plus désastreux pour la nation mexicaine. Et, décision extrêmement grave, Calderon vient d’annoncer la privatisation de Pemex (1), compagnie nationale qui assure le contrôle des ressources énergétiques du pays, une des principales conquêtes de la révolution mexicaine. Le mouvement de résistance qui s’est constitué depuis l’an dernier contre la fraude s’exprime notamment aujourd’hui dans le combat acharné contre la privatisation de la ISSSTE (2) et pour demander à Lopez Obrador qu’il prenne la tête de ce mouvement avec tous les syndicats, qu’il appelle à une grève nationale pour l’abrogation de la contre-réforme de l’ISSSTE et à la démission de Calderon. Une des conséquences majeures de la politique de Calderon a été la poursuite de l’émigration massive des travailleurs mexicains vers les Etats-Unis, phénomène qui a pris une importance accrue lors de la mise en application du traité de libre commerce de l’Amérique du Nord (TLCAN). Le 1er janvier 2008, doit entrer en vigueur un des volets de ce traité, à savoir la libre circulation des haricots et du maïs. Si une telle mesure voyait le jour, cela signifierait la liquidation de la culture de ces céréales, pour lesquels le Mexique assurait son autosuffisance. Le Parti des travailleurs démocratique indépendant, qui participe aux activités de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, promeut la candidature de Louis Magana Acevedo au poste de gouverneur de l’Etat mexicain de Michoacan en novembre prochain (rappelons que le Mexique est un Etat fédéral). Ayant longtemps travaillé aux Etats-Unis, le camarade Magana a été pendant trente ans dirigeant des travailleurs agricoles dans la vallée centrale, en Californie (Etats-Unis). Il fait donc partie des millions de travailleurs mexicains émigrés aux Etats-Unis. Nous lui donnons la parole.

Mon nom est Luis Magaña et je suis originaire de Jaripo, commune de Villamar, Michoacán, au Mexique. Travaillant aux Etats-Unis pendant plus de trente ans, j’ai été dirigeant des travailleurs immigrants de l’Etat de Californie. Les Michoacains, des deux côtés de la frontière, n’ont aucun espoir que les candidats des partis politiques officiels discutent des problèmes de fond pour chercher une solution aux inégalités et à l’extrême pauvreté qui sont les causes de l’exode de la population. Comme Michoacain, résidant à l’extérieur, je suis en droit de voter et aussi d’être élu. Ma candidature sera une candidature du peuple. De quoi ont besoin les Michoacains ? Quels sont les principaux points de ta plate-forme ? Au Mexique, cela fait 25 ans que s’appliquent les plans d’ajustement structurel dictés par le Fonds monétaire international, pour garantir le paiement ponctuel de la dette extérieure. Le traité de libre commerce de l’Amérique du Nord (TLCAN) a encore aggravé la situation. Ce sont là les causes réelles de la migration. J’appelle à la mobilisation pour l’annulation de la dette extérieure du Mexique, pour la rupture avec les plans du FMI et de la Banque mondiale, pour l’abrogation du TLCAN. Je me joins à l’appel lancé sur le Zócalo, à Mexico, le 1er juillet 2007, par notre président légitime, Andrés Manuel López Obrador, qui a exhorté le peuple mexicain à empêcher l’entrée en vigueur, en janvier 2008, de la libre importation de maïs et de haricots, prévue dans le TLCAN. J’appelle à la défense des entreprises publiques et des services publics. Cela signifie l’abrogation immédiate de la contre-réforme de l’ISSSTE promulguée par l’usurpateur Felipe Calderón. Je me prononce pour la défense inconditionnelle de Pemex comme entreprise nationalisée, pour la défense du décret du 18 mars 1938 et de toutes nos ressources naturelles, pour la renationalisation de tout ce qui a été privatisé. J’appelle au combat pour la reconnaissance du droit à la syndicalisation et à la convention collective. Je me prononce pour la défense de notre souveraineté nationale, pour la défense de la paysannerie, pour la défense de nos ejidos (3), pour les droits des femmes travailleuses et des peuples indigènes et contre la destruction de l’environnement. J’appelle à la mobilisation contre la militarisation croissante du Mexique et j’exige la libération de tous les prisonniers politiques. La politique antipopulaire imposée, rejetée par l’immense majorité du peuple mexicain, explique pourquoi on n’a pas permis qu’un gouvernement élu démocratiquement, avec un projet nationaliste, empêche le pillage de la nation mexicaine. Le mécontentement populaire croît de jour en jour, s’oppose à la politique de destruction de la nation, de pillage et de guerre contre la classe travailleuse (...). Pour cette raison, je me joins à la convention nationale démocratique (CND) (4) quand elle dit : “Dehors l’usurpateur Calderón ! Reconnaissance du président légitime Andrés Manuel López Obrador !”.

(1) Pemex : Pétrole du Mexique, entreprise nationale du pétrole créée par le président Cardenas en 1938. (2) ISSSTE : Sécurité sociale des travailleurs de la fonction publique. (3) Ejidos : terres attribuées aux paysans pauvres par la réforme agraire, qu’ils peuvent transmettre à leurs enfants, mais dont ils ne sont pas propriétaires (ils ne peuvent pas les vendre). (4) CND : convention nationale démocratique. Le 16 septembre 2006, lors d’un rassemblement de plus d’un million de travailleurs sur la place centrale de Mexico (Zocalo), auquel une délégation de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples participait, la CND a été constituée à l’appel de Lopez Obrador.

Tribunal Katrina

Le Tribunal international sur les ouragans Katrina et Rita rend publiques ses conclusions préliminaires

Le président Bush, les gouverneurs Blanco (Louisiane), Barbour (Mississippi), Nagin (le maire de La Nouvelle-Orléans) ont commis des crimes contre l’humanité !

Communiqué de Presse Le Tribunal international sur Katrina et Rita s’est tenu du 29 août au 2 sep­tembre 2007, à La Nouvelle-Orléans. Il était composé de 16 juges reconnus, venant d’Afrique du Sud, d’Algérie, du Brésil, des Etats-Unis, de France, de Guadeloupe, de Haïti, de la Martinique, du Mexique et du Venezuela. Après avoir entendu près de trente heures de témoigna­ges de survivants et d’experts, (…) les juges ont ren­du publiques leurs conclusions préliminaires.

Lisant ces conclusions, Jill Soffiyah Elijah, directrice adjointe de l’Institut pour la justice criminelle à l’université de droit Harvard, présidente des juges du tribunal international, a déclaré : « A notre avis, le gouvernement des Etats-Unis a commis des crimes contre l’humanité, en particulier pour n’avoir pas maintenu des digues à même de fonctionner et de protéger la ville de La Nouvelle-Orléans de l’inondation (…). La dévastation que nous constatons encore au­jour­d’hui est due au mépris et, dans certains cas, à l’incurie du gouvernement fédéral américain, de l’Etat de la Louisiane et de la ville de La Nouvelle-Orléans. »

J. S. Elijah a également dé­claré que les conclusions préliminaires du tribunal stipulent que les gouvernements au niveau fédéral, au niveau des Etats et au niveau local sont coupables de la violation des droits à la vie, à la dignité et à la reconnaissance de la personne hu­maine ; du droit à ne pas être victime de la discrimination raciale, notamment par rapport aux actions des forces de l’ordre et des groupes armés ; du droit au retour, à la réinstallation et à la réintégration des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ; du droit de ne pas être victime de traitements ou de peines avilissants ; du droit de se déplacer librement ; du droit d’accès à un logement adapté et à l’éducation ; du droit de vote et de participation à la gouvernance ; du droit à un procès équitable, des droits relatifs à la liberté et à la sûreté des personnes et à l’égale protection de la loi. Tant les actions que la passivité de l’Etat ont eu un impact dévastateur disproportionné eu égard à la race et au genre.

Les juges ont annoncé qu’ils rendraient leur verdict définitif le 8 décembre 2007 — date du deuxième anniver­saire de l’assemblée des survivants de Katrina.

D’ici là, les procureurs continueront de soumettre des pièces complémentaires et les témoignages de 25 autres survivants enregistrés sur vidéo pendant que se déroulaient les séances du tribunal. Le parquet a réuni des juristes reconnus des associations juridiques de tous les Etats-Unis. Les coprésidents du tribunal, de quatre continents, ont rappelé aux témoins et aux participants la solennité de leur mission. Lybon Mabasa, membre fondateur avec Stephen Biko du Mouvement pour la conscience noire en Afrique du Sud, a déclaré : « Notre devoir est de mettre ces Etats criminels devant leurs responsabilités si nous voulons empêcher le monde de sombrer dans la barbarie et en construire un où la vie vaut la peine d’être vécue. »

Le verdict final sera rendu devant la deuxième assemblée des « survivants », le 8 décembre 2007.

People’s Hurricane Relief Fund and Oversight Coalition (PHRF)

1418 North Claiborne Avenue, Suite 2 New Orleans, LA 70116 Telephone : 504 301 0215 Email : phrfoc@gmail.com

Le Tribunal International sur les Ouragans Katrina et Rita suspend ses travaux

Les Conclusions Préliminaires : L’Etat aux niveaux fédéral, de l’Etat de la Louisiane et local ont commis des Crimes contre l’Humanité Verdict final : rendu le 8 décembre 2007

Comment Soutenir le Tribunal International

1. Construire un Comité de Solidarité dans votre ville, région ou Etat afin de poursuivre la lutte pour une reconstruction juste et contre la purification ethnique dans la région côtière du Gulf du Mexique. 2. Rejoindre le réseau d’alerte et d’action du PHRF (Fonds de secours aux Victimes de l’Ouragan - Coalition de Vigilance) au http://www.peopleshurricane.org/reg.... 3. Tenir des réunions de compte-rendu du Tribunal et du Mouvement pour la Reconstruction de la Région Côtière du Gulf avec vos membres et vos contacts. Appelez-nous pour des intervenants et des vidéos au 504.301.0215. 4. Organiser des groupes d’études ou des forums dans votre ville, région ou Etat en présence de membres du Comité d’Organisation du Tribunal afin développer la mobilisation nationale pour la tenue de l’Assemblée des Survivants et du Tribunal. 5. Mobiliser autour des revendications et des recommandations issues du Tribunal auprès des organisations civiques, ouvrières, politiques et religieuses dans votre région afin d’obtenir leur soutien. Le Parquet a plaidé pour l’obtention : • Des Réparations • De la condamnation pour crimes contre l’humanité : du président Bush, des gouverneurs Blanco (Lousiane) et Barbour (Mississippi), du Maire de la Nouvelle-Orléans Nagin, de la FEMA (Agence fédérale d’aide d’urgence), de l’Army Corps of Engineers • Du soutien international et national pour le droit de retour et pour la reconstruction avec justice et dignité 6. Soutenir la Campagne de Pétitions du Tribunal exigeant le droit de retour, le respect des Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, un projet fédéral de travaux publics par la signature massive de pétitions, circulées par vos membres et vos contacts. Les pétitions sont disponibles à www.katrinatribunal.org ou à www.peopleshurricane.org. 7. Contacter les autorités publiques de votre ville, région ou Etat pour leur exiger de soumettre et soutenir des initiatives législatives : qui reconnaissent le statut de Personne déplacée à l’intérieur de son propre pays (PDIPP) pour les Survivants des Ouragans Katrina et Rita ; qui soutiennent le Projet de travaux publics de la Côte du Gulf ; qui mettent devant la responsabilité de leurs actions tous ceux responsables des crimes contre l’humanité. 8. Soutenir les appels aux condamnations, aux boycotts, à l’action directe lancés par les organisateurs du Tribunal et de l’Assemblée des Survivants destinés à faire pression sur l’Etat américain, pour qu’il accepte les revendications et des recommandations du Tribunal. 9. Soutenir la Mobilisation internationale pour faire circuler les conclusions du Tribunal, son verdict, et leurs revendications auprès de vos contacts internationaux et vos organisations alliées. 10. Exiger de l’ensemble des Candidats à l’Election présidentielle qu’ils donnent leur soutien aux conclusions du Tribunal, aux réparations, à la Reconstruction juste, au droit de retour de toutes les PDIPP. 11. Soulever des fonds pour assurer le soutien financier aux organisateurs du Tribunal pour qu’ils puissent publier et diffuser ses conclusions, développer les initiatives de prise de consciences, et poursuivre le litige aux échelles nationale et international.

Tribunal Katrina

Déclaration de Cynthia McKinney, ex-représentante du Parti démocrate au Congrès, élue d’Atlanta (Géorgie) en 1992 et 2004, lors de la séance d’ouverture du tribunal

« Le Congrès démocrate n’a pas répondu aux besoins »

J’ai traversé le pays en voiture du nord au sud pour me joindre à vous, et je suis très honorée d’être ici. Le quotidien The Times-Picayun a écrit récemment que Nancy Pelosi (présidente démocrate de la Chambre des représentants — NDLR) a fait une tournée de La Nouvelle-Orléans accompagnée d’au­tres représentants du Parti démocrate. Ils ont vi­sité Lower 9th Ward (le quartier noir le plus dévasté de la ville — NDLR) et ont déclaré que « la générosité des autorités fédérales atteindra ses limites ». Un représentant du Parti démocrate de Louisiane au Congrès a même souligné qu’ils étaient venus « pour faire la différence entre les besoins et les souhaits ». Et pourtant, le Congrès, à ma­jorité démocrate, n’a pas réussi à faire la différence entre les besoins et les souhaits de l’administration Bush lorsqu’il a accordé à l’administration le droit légal d’espionner le peuple américain, lorsqu’il lui a accordé le financement et la marge de manœuvre pour la relance de l’offensive dans les guerres en Irak et en Afghanistan, et plus encore, car ils ont retiré de l’ordre du jour tout projet de destitution (empeachment) de George W. Bush. Les « survivants » de Katrina, par l’intermédiaire de People’s Hurricane Relief Fund — Ovesight Commitee, ne veulent plus attendre que justice soit faite. Ils ont organisé le tribunal international pour mettre le gouvernement, à tous les niveaux, devant ses responsabilités pour cette débâcle.

Je me suis associée à leur appel pour que justice soit faite et je suis fière d’être coprésidente du tribunal, une initiative de grande envergure qui aura des implications importantes face à un gouvernement insensible. Peut-être les « survivants » de Katrina et de Rita parviendront-ils à arrêter le cours effréné de ce gouvernement, qui se mon­tre incapable de la moindre considération vis-à-vis du peuple américain !

On refuse encore aujourd’hui la générosité dont le monde entier a fait preuve envers les « survivants » de Katrina et Rita, alors que les financements leur font défaut et que leurs besoins sont toujours bafoués. C’est vers cette même communauté internationale qu’ils se tournent aujourd’hui. Je suis convaincue que leur appel à la justice sera entendu.

Déclaration de Louisa Hanoune, coprésidente du tribunal, à l’issue de l’audition des témoins, avant le réquisitoire du procureur général « Les chaînes se briseront ! Le droit au retour est un droit imprescriptible cet inaliénable »

Je veux exprimer toute ma gratitude aux organisateurs du tribunal pour m’avoir permis de participer à ses travaux. La réalité dépasse la fiction dans tout ce que nous avons vu et entendu. Nous avons visité une ville fantôme, une ville avec des maisons en majorité vides. Cela a aggravé la blessure infligée depuis 2005 aux rescapés et à la part d’humanité qu’il y a en chacun de nous. Je suis solidaire parce que, deux ans après que l’ouragan a frappé, il est inadmissible que le cauchemar continue pour les survivants. Moi qui viens d’un pays d’Afrique, j’ai vu le résultat de catastrophes, de tremblements de terre et d’inondations, mais je n’ai jamais vu une telle désolation. La vérité, c’est qu’il s’agit, ici, d’un nettoyage ethnique ! Oui, je suis solidaire, parce que, au fil des témoignages, viennent des mots de guerre, des mots qui rappellent le sort fait aux Palestiniens, pour qui, comme ici, je l’affirme, le droit au retour est un droit inaliénable et imprescriptible ! Je suis solidaire parce que je suis issue du mouvement ouvrier, où l’on m’a appris à voler immédiatement au secours des plus vulnérables parmi nous (...). Le groupe parlementaire du Parti des travailleurs d’Algérie organisera des journées parlementaires dans notre pays sur le tribunal. Je souscris à la proposition de mon collègue brésilien et je voudrais faire une proposition : pourrions-nous organiser une confé­rence parlementaire inter- Nationale ? Elle pourrait se tenir au Brésil, ou à défaut dans mon pays. Pour conclure, je voudrais citer le penseur et écrivain libanais Jibran Khalil Jibran, qui a écrit au début du siècle dernier : « Malheur à toute nation dont une composante prétend représenter toute la nation ! » Nous ne voulons le malheur d’aucune nation ! Alors, je veux affirmer ceci avec le poète tunisien Abou Kacem Chaabi, qui a dit à propos des indépendances nationales : « Lorsque le peuple décide de vivre, la nuit doit disparaître, l’aube se lèvera et les chaînes se briseront. »

Déclaration de Charles Barron, conseiller municipal de la ville de New York, coprésident du tribunal

« Le crime le plus horrible depuis l’esclavage »

Hier, la cour s’est déplacée pour visiter les quartiers qui ont été inondés, et en particulier Lower 9th Ward. Nous avons vu une ville fantôme. Nous avons entendu des témoignages poignants. Le témoignage de Malik, sa vidéo. En fait, Malik a été dans le couloir de la mort, il a essuyé des coups de fusil. Il nous a dit : « Ils nous ont tiré dessus comme si nous étions des lapins, mais ça va devenir plus difficile quand les lapins prendront les armes. » Le tribunal pourra être notre arme. Nous sommes des lapins armés. Nous allons nous servir de cette arme. C’est tout cela que je vais emporter à New York. Nous ne sommes pas venus ici pour entendre la misère, les plaintes et les pleurs. Nous sommes venus pour dire : ça suffit ! Ils veulent changer la démographie de cette ville. Ils veulent en faire un centre touristique. Quelque chose comme Disneyland (1). C’est, à l’évidence, le crime le plus gros, le plus horrible depuis l’esclavage !

(1) Les tours-opérateurs proposent actuellement aux touristes une visite guidée des quartiers dévastés par l’inondation et de cinq des points où les digues ont cédé...

Tribunal Katrina

Le message de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples

Nous avons publié la semaine dernière le message adressé par Daniel Gluckstein, coordinateur de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT), au tribunal international sur Katrina. Il a été lu lors de la session plénière du tribunal par son président, Kwame Kalimara, et soumis aux juges de ce tribunal pour versement aux pièces enregistrées dans le dossier. Il a également été transmis à la presse et aux médias nationaux et internationaux qui assistaient à ce tribunal.

Témoignages

« Ils ont fermé l’hôpital Charity ! »

« Ils ont fermé l’hôpital Charity. Bien sûr, l’hôpital manquait de moyens, mais la plupart des patients étaient des Noirs américains sans ressources et sans couverture sociale. Avec sa fermeture, ces gens sont abandonnés. Dans le réseau de l’hôpital Charity, il y a un centre situé à 120 km, mais c’est trop cher pour la population à bas revenus de faire le déplacement.

Depuis Katrina, beaucoup de maladies chroniques se sont développées. Il y a les problèmes de dépression, les désordres posttraumatiques, en particulier chez les gens vivant dans les caravanes. Il y a une augmentation importante du nombre de malades et du taux de mortalité. Les spécialistes des épidémies le recon­naissent, mais l’Etat mini­mise ce taux de mortalité.

De nombreux enfants ont perdu leurs parents, leurs foyers, leur école. Ils ont été criminalisés. On appelle la police à l’école parce que des enfants ont eu des crises. Les médias ne montrent que des violences. Il y a plus de policiers dans les écoles que d’enseignants.

L’Etat n’offre pas assez de lits pour accueillir et soigner ces jeunes. L’hôpital Charity avait une aile psychiatrique de plus de cent lits. A ce jour, aucun de ces lits n’a été rouvert où que ce soit ! »

« L’ouragan semble avoir frappé hier »

Chris Kromm, directeur des Etudes du Sud, coéditeur de l’Observatoire de la reconstruction de la côte du golfe, déclarait dans le Financial Times (28 août 2007) :

« Ce qui est saisissant quand vous visitez la région, c’est qu’il y a d’immenses étendues entre La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, et Biloxi, dans le Mississipi, où l’ouragan semble avoir frappé hier. C’est la dévastation sur des miles et des miles. Il est révoltant de voir que les choses ont si peu changé (…). Sur les 110 milliards de dollars d’aide alloués par le gouvernement fédéral suite à Katrina, on estime à 20 % seulement les crédits utilisés. »

Habitants de La Nouvelle-Orléans, pour l’immense majorité d’entre eux travailleurs noirs, sinistrés depuis deux ans, ils sont venus témoigner de la destruction qui règne dans la ville.

Pas de protection contre les inondations pour les Noirs de La Nouvelle-Orléans

« Le 20 juin 2007, le corps des ingénieurs de l’armée a publié des cartes portant sur les risques d’inondation des quartiers de La Nouvelle-Orléans suite aux travaux de réparation et de renforcement des digues depuis Katrina.

Les cartes font apparaître que l’essentiel des zones résidentielles blanches qui ont subi des inondations voient les risques diminuer de l’ordre de 1,70 mètre grâce à la réalisation de barrages anticrues et de pompes. La majorité des quartiers noirs, quant à eux, ne verront aucune diminution des risques, ou, au mieux, une réduction de l’ordre de 15 à 60 centimètres d’eau. Le corps des ingénieurs prépare des cartes indiquant l’état des risques quand toutes les réparations des digues seront terminées, à l’horizon 2011. Pendant ce temps, les Noirs paient plus cher que les Blancs pour assurer leurs maisons et dépensent plus pour refaire des constructions susceptibles d’être inondées pendant plusieurs années. La discrimination raciale dans les choix opérés par le corps des ingénieurs pour les travaux de réparation des digues constitue un déni du droit au retour de la population noire et une forme de nettoyage ethnique »

(Extrait d’un texte des Avocats pour les droits humains pour l’environnement remis aux membres du tribunal en séance).

Etats-Unis

Malcolm Suber, militant ouvrier noir, candidat du Parti de la reconstruction au conseil municipal de La Nouvelle-Orléans “Nous ne laisserons pas les voleurs de terres expulser la population noire, nous ne laisserons pas les spéculateurs chasser ceux qui ont construit cette ville”

ENTRETIEN Ses affiches de campagne proclament : « Pour que la justice après Katrina triomphe au conseil municipal de La Nouvelle-Orléans : votez pour Malcolm Suber et pour le Parti de la reconstruction ! » ; « Pour le droit à retourner dans nos maisons : reconstruction immédiate ! ». Nous publions ci-dessous des extraits de l’interview de Malcolm Suber parue dans The Organizer, journal des partisans de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples aux Etats-Unis.

Peux-tu te présenter ? J’ai été ouvrier dans le tex­tile, puis dans l’automobile, puis professeur de lycée public, directeur exécutif de Urban Heart, un programme périscolaire. Je suis un militant noir contre la terreur policière et contre les guerres de l’impérialisme américain, j’ai milité pour syndiquer les travailleurs non syndiqués du sud des Etats-Unis. J’ai été un combattant actif du mouvement de libération noire et du combat de la classe ouvrière depuis ma jeunesse en Caroline du Sud. J’étais dirigeant étudiant à Morehouse College, à Atlanta (dans l’Etat de Géorgie). Je donne des conférences sur la libération noire à travers les Etats-Unis. Je suis membre fondateur du Peoples Hurricane Relief Fund (qui regroupe les organisations noires de La Nouvelle-Orléans après le cyclone Katrina — NDLR). Je me présente au conseil municipal de La Nouvelle-Orléans, pour la première fois, comme candidat du Parti de la re­construction.

Pourquoi cette candidature ? Nous voulons gagner ce siège afin que la classe ouvrière et les populations noires ap­pauvries aient une représentation, et afin d’avancer ensemble pour développer le Parti de la reconstruction. Notre campagne vise à cons­tituer un mouvement de la reconstruction pour que notre peuple ait le droit de retourner chez lui. Nous avons été témoins de la faillite des institutions fédérales, d’Etat et locales, qui ont été incapables de faire quoi que ce soit pour que les gens puissent rentrer chez eux. Le programme de la classe dirigeante blanche locale est de modifier radicalement la démographie locale et d’éliminer la population noire. C’est nous qui devrions décider à quoi ressemblera la ville quand elle sera reconstruite. Nous ne laisserons pas les voleurs de terres expulser la population noire, nous ne laisserons pas les spéculateurs chasser ceux qui ont construit cette ville. Si nous voulons la justice et l’égalité, c’est à nous de prendre nos propres affaires en main. Les politiciens démocrates, que nous connaissons depuis des lustres, ne le feront pas. Les deux grands partis capitalistes, démocrate et républicain font des promesses vides de sens au peuple (…). Le droit au retour est une phrase creuse si les mesures gouvernementales permettant que ce droit soit mis en œuvre ne sont pas au rendez-vous. Il faut une politique de défense du peuple travailleur, contre la terreur policière, une politique qui décide de rouvrir l’hôpital Charity, une politique au service des travailleurs et des pauvres des zones dévastées par Katrina (…). Le plus important, c’est qu’il ne s’agit pas d’une campagne électorale bourgeoise. Nous n’accepterons aucune subvention des grands businessmen. C’est auprès des pauvres et des travailleurs que nous irons chercher les contributions financières pour cette candidature, qui est la leur. Nous appelons les travailleurs à mener cette campagne, à aller au porte-à-porte, à téléphoner à leurs amis et à lever eux-mêmes les fonds (…).

Comment cela s’inscrit-il dans une campagne nationale ? Nous estimons que le mouvement de la reconstruction a besoin d’un Parti de la reconstruction. Ce parti vient d’être fondé à La Nouvelle-Orléans, afin de recentrer les priorités locales et nationales sur les besoins de la population et une société juste (…). Le programme de la classe dominante vise à tout privatiser : école, système de santé, prisons… Ils veulent nous ramener aux temps des plantations (c’est-à-dire de l’esclavage dans le sud des Etats-Unis — NDLR) (…). La seule chose qui existe pour le moment, ce sont les deux partis jumeaux de la classe dominante des millionnaires. Notre gouvernement n’est ni un gouvernement « du, par et pour le peuple », mais un gouvernement « des, par et pour les riches » (…). Nous avons besoin d’un parti à nous, le Parti de la reconstruction, pour défendre notre propre programme et nos propres intérêts. Un Parti de la reconstruction de masse dans ce pays représenterait les intérêts de tous les travailleurs et de tous les opprimés (…).

Déclaration du comité d’organisation du Parti de la reconstruction et de Malcolm Suber, candidat du parti au conseil municipal de La Nouvelle-Orléans “Nous vous demandons de nous aider et de contribuer à l’élaboration du programme d’un Parti de la reconstruction”

“Nous estimons qu’il est très important que le mouvement de la reconstruction passe à l’étape logique suivante, qui est la lutte pour le pouvoir politique, afin de nous donner vraiment les moyens d’obtenir une reconstruction juste et équitable. Nous ne pouvons compter sur les po­liticiens et les partis politiques qui ont déjà échoué — les démocrates et les républicains —, qui ont été complices du manque de préparation (face à l’ouragan Katrina — NDLR), de l’échec du sauvetage et du refus de mettre en œuvre le droit au retour de centaines de milliers de personnes appartenant à notre peuple, et qui sont toujours déplacées. Je propose ma candidature au conseil municipal de La Nouvelle-Orléans, en mon nom et en tant que membre fondateur du comité d’organisation du Parti de la reconstruction, dont le but est d’incarner l’esprit combatif et la forme organisée qui nous guidera dans une nouvelle Nouvelle-Orléans et une nouvelle côte du golfe où la vie des gens passera avant les profits des grandes entreprises capitalistes. Nous appelons nos amis et nos partisans de tout le pays à soutenir la fondation du Parti de la reconstruction, qui est nécessaire pour traiter la myriade de problèmes soulevés par le racisme institutionnel, la domination de classe, la pauvreté historique et le sexisme qui frappent les travailleurs des villes dans tout le pays. Les problèmes auxquels ils sont confrontés dans ces villes ne sont guère différents de ceux auxquels nous faisons face, ici, à La Nouvelle-Orléans et sur la côte du golfe. Nous vous demandons de nous aider et de contribuer à l’élaboration du programme d’un Parti de la reconstruction, réellement capable de commencer à faire avancer le mouvement de libération noire et la lutte des travailleurs pour le pouvoir. Vous pouvez envoyer vos commentaires au comité d’organisation et à Malcolm. Le comité d’organisation du Parti de la reconstruction vous appelle à créer des comités de campagne Parti de la reconstruction Malcolm Suber à travers le pays. Nous ouvrirons un compte bancaire et un site web dans la semaine. » Cette déclaration, soutenue par les membres du comité d’organisation du Parti de la reconstruction, est signée par plus de 80 militants noirs et ou­vriers américains, dont : Malcolm Suber, Kali Akuno, Chokwe Lumumba, Colia L. Clark, Alan Benjamin. Le 4 septembre 2007, 26 militants se sont réunis à La Nouvelle-Orléans pour fonder le comité de campagne Malcolm SuberParti de la reconstruction.

Algérie

Pour que vive l’Algérie libre et souveraine

Deux attentats perpétrés : l’un visait le président de la République, l’autre une caserne plus de 50 morts, des centaines de blessés

Extraits de la déclaration du Parti des travailleurs d’Algérie publiée le 7 SEPTEMBRE

Au nom des militantes et des militants du Parti des travailleurs, le secrétariat politique exprime sa plus forte indignation, s’incline devant la mémoire des victimes et assure leurs familles de sa solidarité en ces moments très pénibles. Aux commanditaires de cet attentat, le secrétariat politique déclare : bas les pattes devant notre pays !

En effet, pour la deuxième fois en quatre mois, et en attendant de se prononcer sur l’ensemble des éléments, c’est l’Etat algérien qui était la cible d’une opération qui visait cette fois-ci son plus haut sommet.

C’est d’une gravité sans précédent, car un pas de plus et qualitatif a été franchi.

Mais qui veut donc démanteler l’Etat algérien et à quels desseins ?

Pourquoi veut-on faire sombrer notre pays et qui y a intérêt ?

L’écrasante majorité du peuple algérien, qui a besoin de solutions pour ses problèmes, a besoin de l’existence de l’Etat pour améliorer son sort quotidien.

Le Parti des travailleurs, qui n’a eu de cesse de militer pour la paix, pour une solution nationale algérienne à la crise sans ingérence étrangère, et qui, pour cela, a appelé le peuple algérien à voter oui le 29 septembre 2005 dans le référendum pour la paix et la réconciliation nationale, réaffirme que c’est aux Algériens et à eux seuls de définir les instruments politiques à même de restaurer la paix durable et véritable dans leur pays. C’est aux Algériens de définir la politique économique conforme aux intérêts de l’économie algérienne.

Le peuple algérien veut recouvrer la paix et la sérénité pour reconstruire son pays, le développer. Pour cela, il a besoin de tous les attributs de la souveraineté nationale, il a besoin de disposer souverainement de l’ensemble des richesses naturelles que recèle le sol algérien, richesses qui font l’objet de convoitises étrangères.

La mainmise étrangère sur les richesses naturelles n’est-elle pas justement l’enjeu dans les conflits en nombre croissant dans le monde en général, et dans notre région en particulier ?

Dans ce cadre, et par-delà les positions du ministre de l’Energie sur le statut des hydrocarbures et des mines, le Parti des travailleurs déclare que Sonatrach a le droit et la légitimité de défendre les intérêts de la nation contre le pillage étranger, comme elle l’a fait en rompant le contrat qui la liait aux multinationales Repsol et Gaz Natural.

Le Parti des travailleurs soutient cette décision, qui est un acte de souveraineté et de droit. Il soutient et défendra toute décision, à l’instar des amendements apportés à la loi sur les hydrocarbures en juillet 2006, qui rétablira la nation dans ses droits, préservera la souveraineté nationale et l’avenir des générations futures.

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Informations Internationales n°50
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