TOUS LES ELUS DE LA MARTINIQUE VEULENT DEVENIR DEPUTES ET/OU SENATEURS

par Léandre LITAMPHA

dimanche 8 avril 2012
 Léandre LITAMPHA

C’est comme des enfants d’un C. P. ; pour 4 sandwichs disponibles à distribuer, filles et garçons se bousculent en vociférant des promesses, quitte à se déchirer l’un l’autre ou à marcher sur les plus faibles (et c’est normal en plus), pour arracher ces offres substantielles. Ils ne pensent pas tous prioritairement aux intérêts supérieurs de la classe, à sa promotion dans la société. Ils profitent du système « coller – copier », même si nous sommes des marginaux dans le contexte des systèmes des nations.

Il n’y a plus de secret. Ils savent ce que gagnent ces élus et après qu’ils soient mis hors service, à la retraite. Tous les 34 maires, les conseillers généraux et régionaux, des individus parfois sans poste bien défini, veulent devenir des Députés et/ou des Sénateurs. Mais ce sera aux plus musclés dans cette compétition qui passeront devant, dans le tunnel, pour le deuxième tour, qui pourront se représenter afin de conquérir les quatre postes disponibles de juin 2012, afin de monter et descendre à Paris, à diverses missions là-bas. La population va alors désigner quatre élus pour le tableau d’honneur distribué par la France, la métropole coloniale. Ils iront siéger là-bas pour rédiger des textes de loi ou défaire certains, discuter et les mettre aux voix pour être adoptés ou pas.

Ce n’est pas seulement le fait de vouloir devenir députés qui attire l’attention, c’est surtout le fait que tout le monde veuille, par le biais du système démocratique, abuser de ce principe pour arriver au sommet ; c’est ça qui inquiète. Souvent, ils disent que la population me sollicite. En France, ils seront parmi les Français qui défendent les biens et les intérêts de la nation française, pour défendre la souveraineté de la patrie reconnue. En fait, pour la France, la Martinique n’existe plus depuis peu, puisqu’elle en est partie intégrante. Ils iront donc là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique, en tant que Français, mais pas en tant que Martiniquais, pour défendre les intérêts généraux de la nation souveraine.

Notre écrivain, député-maire et président du conseil régional, feu Aimé CESAIRE, disait que « nous sommes au carnaval des autres » ou que « On nous retient par le ventre, pour un plat de lentilles » ; mais à part de l’avoir écrit, il n’a pas fait grand-chose pour nous extraire de ces contextes.

A vrai dire, ce ne sont pas nos élus qui sont condamnables ; mais le peuple, et on en paie les frais.

Quoiqu’il en soit, il y a exception à la règle. Nous avons des Martiniquais éclaireurs qui ont une conscience nationale locale et qui voudraient après tout (ou avant tout) défendre les intérêts du « pays ». Nous connaissons ces initiés. Mais c’est aux Martiniquais de les promouvoir afin de mener à bien la mise place -quoique très insuffisant- de l’article 73 choisi majoritairement par les quelques votants (un faible pourcentage des inscrits) en janvier 2010 pour 2012 ; que certains élus frileux, sans programme bien défini pour le pays –disons qu’ils n’étaient pas prêts- et « bassement » responsables ont fait reporter à 2014.

Après tout, il nous restera cependant à programmer l’émancipation du pays, à l’installer dans son contexte économique et géographique naturel. Il faut croire qu’en ce début du XXIème siècle, il est temps de sortir de notre marginalité.

Martinique, le 5 avril 2012.

L. Litampha


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