RICHARD STALLMAN N’AIME PAS LES EBOOKS VERROUILLÉS

Et il le fait savoir

dimanche 12 juin 2011
 la rédaction de Montray Kreyol

Dans un texte comme il les aime, Richard Stallman, que l’on ne présente pas, a vivement critiqué les livres électroniques et leurs dangers. Bien entendu, l’Américain pro-logiciel libre ne s’attaque pas à tous les ebooks, mais à ceux aux environnements fermés, et en particulier le Kindle d’Amazon. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

« À une époque où les entreprises dominent nos gouvernements et écrivent nos lois, toutes les avancées technologiques offrent aux entreprises la possibilité d’imposer de nouvelles restrictions sur le public » commence-t-il.

Une attaque directe contre Amazon

Pour Stallman, ces technologies nous enchaînent, et dans le secteur du livre électronique, la situation est peut-être même pire. Le créateur de GNU liste ensuite tous les avantages d’acheter son livre papier. Outre le fait de le posséder de manière durable, de l’acheter de façon anonyme et sans aucune restriction, Stallman point six défauts du concept d’Amazon, notamment la possibilité pour l’enseigne de supprimer un document sur le Kindle ou encore l’obligation de s’identifier.

C’est bien simple, selon Stallman, une seule des critiques qu’il a formulé envers le Kindle Amazon est un pas en arrière par rapport aux livres imprimés. « Nous devons rejeter les ebooks jusqu’à ce qu’ils respectent notre liberté » appelle-t-il de ses voeux.

Et la concurrence ?

Nous pouvons néanmoins regretter que Stallman limite le marché aux seuls Kindle. Si le produit d’Amazon connaît certes un grand succès, certains de ses concurrents sont bien moins restrictifs, il ne faudrait pas l’oublier.

Appeler au boycott de tous les livres électroniques n’est donc pas judicieux, même si l’on comprend qu’il vise essentiellement Amazon et toutes les entreprises qui ont copié son modèle.

Revoir le système de droit d’auteur

Stallman profite de l’occasion pour égratigner une fois de plus le système du droit d’auteur actuel, qui n’ont pour seul intérêt selon lui d’aider les entreprises comme Amazon. « Nous pouvons bien mieux soutenir les auteurs, par des moyens qui ne nécessitent pas de restreindre notre liberté » rajoute-t-il, avant d’évoquer un sujet qui lui est cher, la légalisation du partage.

Il revient alors sur deux de ses propositions sur le sujet :

  1. Distribuer des fonds aux auteurs, basé sur la racine cubique de la popularité de chaque auteur (en savoir plus).
  1. Mettre en place des lecteurs afin que les utilisateurs puissent envoyer anonymement des paiements volontaires aux auteurs.

Notons que fin 2009, nous rédigions un article nommé « Un hacker casse le DRM du Kindle d’Amazon ». Nous pointions alors un ancien texte de Richard Stallman, nommé « Le Droit de Lire » (Right to Read). Un texte sans référence aux livres électroniques actuels, mais dont la logique reste néanmoins similaire à notre époque.

Rédigée par Nil Sanyas

The Danger of E-books

Richard Stallman

In an age where business dominates our governments and writes our laws, every technological advance offers business an opportunity to impose new restrictions on the public. Technologies that could have empowered us are used to chain us instead. With printed books,

  • You can buy one with cash, anonymously.
  • Then you own it.
  • You are not required to sign a license that restricts your use of it.
  • The format is known, and no proprietary technology is needed to read the book.
  • You can, physically, scan and copy the book, and it’s sometimes lawful under copyright.
  • Nobody has the power to destroy your book. Contrast that with Amazon ebooks (fairly typical) :
  • Amazon requires users to identify themselves to get an ebook.
  • In some countries, Amazon says the user does not own the ebook.
  • Amazon requires the user to accept a restrictive license on use of the ebook.
  • The format is secret, and only proprietary user-restricting software can read it at all.
  • To copy the ebook is impossible due to Digital Restrictions Management in the player. and prohibited by the license, which is more restrictive than copyright law.
  • Amazon can remotely delete the ebook using a back door. It used this back door in 2009 to delete thousands of copies of George Orwell’s 1984.

The ebook companies say denying our traditional freedoms is necessary to continue to pay authors. The current copyright system does a lousy job of that ; it is much better suited to supporting those companies. We can support authors better in other ways that don’t require curtailing our freedom, and even legalize sharing. Two methods I’ve suggested are :

  • To distribute tax funds to authors based on the cube root of each author’s popularity.
  • To design players so users can send authors anonymous voluntary payments.

Ebooks need not attack our freedom, but they will if companies get to decide. It’s up to us to stop them. The fight has already started.

Copyright 2011 Richard Stallman

Released under Creative Commons Attribution Noderivs 3.0.


Richard Stallman n’aime pas les ebooks verrouillés