CHAROY’

Spectacle musique-danse

vendredi 1er avril 2011
 la rédaction de Montray Kreyol

Charoy’

«Charoy’» par le corps, par la voix, par la musique ce que dedans veut dire et signifier. Quoi que l’on prenne de nouveau il nous reste toujours une trace de ce qu’on «charoy» depuis un autre monde qui se nourrit d’ici et d’ailleurs pour tenter d’aller vers l’avant.

Une création que le mélange n’effraie pas. Elle y trouve même sa condition d’existence. «Charoy» un mot, un patrimoine commun aux deux artistes qui se rencontrent sur fond de partage, d’échange et de dialogue à propos d’une histoire parallèle de corps pluriels. Cette création musique-danse émerge de la rencontre entre deux artistes des insularités, la Réunion et la Martinique. Une expérience de transculturalité où l’un se nourrit et s’enrichit de l’autre sans perdre de sa substance singulière qui s’exprime sur un socle commun d’un monde intercréole.

Spectacle de 45 minutes

Artmayage

Art Mayage, ou mélange en créole réunionnais À l’image de son île natale, Florence Boyer a choisi de rendre compte de la richesse, de la diversité des métissages. Mélange entre les influences, mélange entre les styles. C’est dans un esprit d’ouverture et de rencontres que se situe Artmayage. Rencontre des styles, rencontre des diversités, rencontre des arts et des expressions culturelles.

L’association Artmayage œuvre en faveur développement et du respect de la personne, de la valorisation des échanges culturels et le respect de la différence.

Nourrie des pratiques traditionnelles que sont le Moring et le Maloya, Florence Boyer, directrice artistique de Artmayage, a choisi comme support chorégraphique la danse contemporaine. Le maloya a été récemment inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco. «Ma métisse mon île, ma métisse ma langue, ma métisse ma danse»

C’est devant ces constatations que se tissent la réflexion et les orientations de la chorégraphe ; le métissage chorégraphique prend le nom de danse contemporaine créole.

De part sa double implantation entre La Réunion et Paris, la compagnie bénéficie d’un large champ de diffusion, de soutien de diverses structures et organismes. Elle entend ainsi créer des ponts et stimuler la réflexion sur la possible diversité de regards portés sur le monde, toujours orienté vers une meilleure connaissance de l’autre, du monde… de soi. Une invitation à dépasser un certain ethnocentrisme à travers des conférences et autres stages «entre tradition et modernité». Ils sont l’occasion de (re)nouer des liens avec certaines pratiques traditionnelles réunionnaises, mais aussi de découvrir le travail artistique de la chorégraphe Florence Boyer. C’est également une occasion d’aborder la question du patrimoine et de ses usages à travers la pratique artistique.

Florence Boyer

Florence Boyer

Chorégraphe, interprète, chercheuse en anthropologie de la danse.

Née le 2 novembre 1978 à la Réunion.

Après sa formation à l’agrégation d’EPS et après 6 ans d’enseignement de la danse et des activités sport et santé (notamment à l’Université de Paris Sud XI-Orsay), Florence Boyer décide de vivre pleinement sa vie d'artiste chorégraphique. Sa passion pour les études de l’histoire des pratiques physiques la conduit à se questionner sur l’historiographie de l’île de la Réunion et la nécessité de réécriture des histoires et mémoires issues de l’esclavage.

Elle entame dès lors une plongée introspective au cœur même des pratiques culturelles et savoirs endogènes locaux, de leurs liens avec l’Afrique, Madagascar, l’Inde et la Chine. Cette expérience féconde d’héritages culturels multiples qui composent l’univers référentiel créole va nourrir le désir de cette artiste de ne pas se confiner dans un seul et unique genre en ayant à choisir entre danse contemporaine, danses africaines, jazz ou encore hip hop…

Danseuse interprète auprès de plusieurs compagnies à la Réunion (Yun Chane, Henry Pèdre…), elle quitte alors l’île pour continuer à se former auprès des plus grands chorégraphes contemporains (Mathilde Monnier, Peter Goss, Vincent Mantsoé, Stephanie Batten Bland, Abou Lagraa, Nadine Beaulieu…). Elle a travaillé avec de nombreuses compagnies professionnelles à Paris et à l’étranger (Ronald K.Brown -New York, Géraldine Amstrong, Rick Odums…) mais aussi dans des comédies musicales et longs métrages sur la danse (Toi, moi et les autres de Audrey Estrougo, 2011)

Loin de ses racines, la chorégraphe devient de plus en plus sensible aux questionnements touchant aux conditions d'existence de l’«être réunionnais». Voilà qui explique son besoin de mettre en scène qui se concrétise alors au sein de Artmayage en 2007. Elle développe ainsi une écriture chorégraphique singulière qu’elle nomme: contemporaine créole. Une danse fluide, organique entremêlée de pas traditionnels réunionnais issus du maloya, moring et de danse contemporaine. Les différentes influences qui sont venues nourrir la corporéité différenciée de cette danseuse confèrent à son langage corporel une expression ontologique et organique profondément tellurique mais également résolument aérien. Sa première création «Ma métisse» (2007) a été lauréate du concours des Synodales en 2008.

Elle a été présentée à la Villette (Kréyol factory), au Cabaret Sauvage, au Théâtre 14 à Paris, à la villa du Département de la Réunion, au théâtre de la Mangrove à Marseille… et continue à être programmée notamment dans le cadre de l’année des Outres Mer en France en 2011. Sa deuxième création un conte musical dansé «La chute d’Icare» a été présenté au Musée du Quai Branly en 2008. C’est dans sa troisième création (2010) «Di a li» que Florence Boyer expose les conditions d’être d’une femme créole réunionnaise. Dans sa création 2011«Charoy‘» elle questionne les héritages des mondes créoles en collaboration avec le musicien-chanteur et anthropologue martiniquais David Khatile. Cette création est d’ailleurs soutenue par la Mairie de Paris (DGOM) et programmée à Paris dans le cadre de l’année de l’Outre Mer. Transformant la tradition dans ses créations chorégraphiques, Florence Boyer s’est investit dans l’enseignement de la tradition maloya. Elle est devenue l’intervenante référente en France et enseigne la danse maloya à la cité de la musique à Paris, donne des stages de danses traditionnelles et danse contemporaine créole «entre modernité et tradition» en Europe, à Paris, à la Réunion…

En perpétuelle réflexion sur sa danse, elle effectue un travail de recherche en anthropologie de la danse sur la danse maloya. Elle est régulièrement sollicitée pour des conférences portant sur l’interculturalité ou pour exposer son travail sur la danse maloya Le travail de Florence Boyer est régulièrement soutenu par le Conseil Régional et Conseil Général de la Réunion, du conservatoire Darius Milhaud du 14ème arr de Paris, de CASDAL, centre d’animation Vercingétorix et Marc Sangnier ainsi que du Centre National de la Danse de Pantin (prêt de studio).

David KHATILE

David KHATILE

Né le 19 avril 1969 en Martinique.

Titulaire d’un doctorat en Anthropolog ie de la danse pour sa thèse sur «L’Anthropologie de la contredanse à la Martinique». Depuis 2007, il est membre du Centre International de Recherches Interdisciplinaire en Ethnologie du domaine Français (CIRIEF). Son investissement dans la recherche se traduit également par de nombreuses communications à des colloques, séminaires et autres journées d’études dont certaines font l’objet de publication d’articles.

David Khatile enseigne (ATER) depuis 2010 à l’université des Antilles-Guyane à la Martinique et effectue régulièrement des missions et expertises anthropologiques notamment pour la maison du conte et de l’oralité du fonds saintjacques.

Parallèlement à ces activités dans le monde de la recherche scientifique, il effectue des études musicales supérieures à l’école de Jazz du CIM à Paris en Arrangement et d’orchestration et au conservatoire national de région de Saint-Maur.

Son activité de musicien (percussionniste-chanteur) le conduit à accompagner durant de nombreuses années Henri Guédon, Max Cilla, Manuel Anoy Vega, Coki Marquez, Sissi percussion…mais également à diriger des orchestres de salsa comme Tumbao Caliente, la Charanga Mayor, etc. Il poursuit dans le même temps une carrière solo de percussionniste-chanteur.

En tant que musicien, il participe à la publication de plusieurs discographies: Mémoire du monde, les plus beaux contes du monde - en 1991, produite par la FNAC LIBERATION Antenne2pour Action Quart-Monde (France); Chants et tambours des Antilles (1996), création originale de David Khatile produite par Osvaldo Torres et Sunset France; Coki Marquez, lejanos transeuntes- en 2004, produit par Ivan Chavez Baroni et Coki Marquez; Luli, l’éveil des sens – en 2007, produit et distribué par Luciano Diconcetto…

En 2007 et 2008, il enregistre des musiques de film et de court métrage: pour le film d’animation «Liaram» réalisé par Joël David Aglaé (prix festival d’Annecy et aide du CNC, Drac et du Conseil régional de la Martinique) /Pour le film documentaire «Janbé Dlo» réalisé par Fabienne Kanor et produit par Mat Films sur l’émigration antillaise (Bumidom) et pour le film d’animation «Carnet de voyage à Madagascar» réalisé par Bastien Dubois avec le concours du CNC et de la région Pas-de- Calais.

Il a été amené à présenter lors d’événements culturels, le rôle et la fonction symbolique des instruments de musique, les conditions sociohistoriques d’émergence de ces musiques ainsi que le renouvellement de leur cadre social de pratique à travers le temps. Notamment en 2006 ou il a animé un atelier de musique traditionnel avec deux percussionnistes réunionnais (Pascal Futol et Didier Donadieu), un percussionniste Mauricien (Chérubin Bancoul) et un pluri-instrumentiste Seychellois (Mr Prosper). Mission patronnée par le ministère des affaires culturelles Seychellois.

Etapes de création / diffusion

La compagnie est à la recherche de soutien sous forme de résidence et de subventions pour continuer la création.

Paris

Conservatoire Darius Milhaud du 14ème arrondissement de Paris CASDAL / lieux de création.

Paris , Avril 2011

Programmation de l’année de l’Outre Mer au jardin d’acclimatation.

La Réunion, Avril-Mai 2011

Festival Danse Péi, Saint Denis, La Réunion.

Paris, novembre 2011

Le pari Outre Mer, 104 Pantin.

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Chorégraphe associée
Florence BOYER - Tél : 06 74 14 76 37

Chargée d’administration
Céline DURAND


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