TRIBUNAL INTERNATIONAL KATRINA, APPEL D’ALEX DELUGE

mercredi 4 juillet 2007
 Alex DELUGE

A mes collègues et amis, ouvriers et enseignants de l’Education nationale, à tous les compatriotes des DOM et de la Caraïbe, aux camarades syndicalistes.

Chers amis, collègues et camarades, Chers frères et sœurs,

Par la présente, je tiens à vous informer que j’ai été sollicité pour participer, au nom de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, au tribunal international qui va juger, sur la base des faits, les responsabilités du gouvernement fédéral des Etats-Unis d’Amérique, du gouverneur de l’Etat de Louisiane, des maires, quant aux conséquences dramatiques pour les populations, du passage de l’ouragan Katrina fin août 2005. Le tribunal va siéger à La Nouvelle-Orléans du 29 août au 2 septembre 2007.

Je vous rappelle les faits : en août 2005, l’ouragan Katrina et les inondations qu’il provoque, en raison du délabrement des digues qui ne sont ni aux normes ni réparées, ravagent les côtes du Golfe du Mexique, et particulièrement le Mississipi, la Louisiane et La Nouvelle-Orléans. La population est laissée à elle-même sans secours durant plusieurs jours, puis des troupes sont envoyées avec ordre de « tirer pour tuer » sur les survivants qui cherchent à se nourrir.

Deux ans plus tard, plus de 400 000 personnes déplacées, principalement des Noirs, ne sont toujours pas rentrées chez elles. Elles ont été dispersées aux quatre coins des Etats-Unis, interdites de revenir dans leurs foyers, survivant dans des conditions de misère effroyables. Plus de 120 000 habitations, rien que pour La Nouvelle-Orléans dont plus de 5 000 logements publics, qui n’ont pas été détruits, restent inoccupés car ils ont été décrétés insalubres par les autorités. Plus de 200 000 résidents de La Nouvelle-Orléans sont au chômage ou sous-employés. On a appris que seulement 5 % de l’aide internationale destinée aux victimes de la catastrophe avaient été dépensés.

C’est dans ces conditions que les survivants ont constitué leurs propres organisations pour défendre leurs droits : droit au retour pour les déplacés, droit à la reconstruction pour tous les survivants. La principale organisation : People Hurricane Relief Fund and Oversight Coalition (PHRF/OC), fonds populaire d’aide aux victimes, basé à La Nouvelle-Orléans, a lancé, avec la coalition des militants noirs sur Katrina et l’Entente internationale, un appel à la tenue d’un tribunal international pour juger les responsables. Car, comme l’a constaté la commission d’enquête qui s’est rendue sur place en août 2006, cette situation n’est pas le résultat d’une « catastrophe naturelle » : c’est le fait d’une politique de nettoyage ethnique systématique sur la côte du Golfe, une politique dont se rendent coupables les autorités politiques à tous les niveaux, de l’administration Bush au gouverneur et au maire. Le tribunal international auquel j’ai été invité à participer aura à juger, sur la base des faits et des témoignages, en présence de juges, de jurés et de centaines de survivants.

Je salue le travail de tous ceux qui, en ce moment même à La Nouvelle-Orléans, organisent ce tribunal international qui, j’en suis persuadé, apportera la preuve au monde entier de la totale responsabilité du gouvernement américain et de son administration, du gouverneur de l’Etat de Louisiane, du maire, pendant et après la tragédie du passage de l’ouragan qui a frappé il y a deux ans des milliers de frères et sœurs. Un gouvernement qui, à l’époque, a été incapable de protéger la vie des Noirs et des pauvres, mais qui a su évacuer chiens et chats dans des véhicules à air conditionné pour les transporter à Houston sains et saufs avec 24 heures d’avance sur la catastrophe ! Un gouvernement qui, de mon point de vue, se comporte comme un digne héritier des esclavagistes, pour qui la vie d’un noir vaut moins que celle d’un animal. Un gouvernement d’un pays où nos frères et sœurs qui ont subi l’ouragan sont exclus du droit à la réinstallation dans leurs quartiers et leurs maisons, au nom d’un nettoyage ethnique qui ne dit pas son nom et auquel le gouverneur de Louisiane et le maire de la Nouvelle-Orléans n’apportent pas plus de remède.

Que ceux qui siègent à la Maison-Blanche, dans les institutions locales, et veulent faire la pluie et le beau temps dans le monde entier soient jugés, leurs actes innommables doivent être connus de tous et condamnés.

Je suis militant et responsable syndical en France dans une corporation où beaucoup de travailleurs sont syndiqués. Beaucoup viennent comme moi des dernières colonies françaises de la Caraïbe, et comme moi ils sont descendants d’esclaves. C’est une des raisons qui rend encore plus insupportable pour nous le racisme et l’apartheid pratiqués aujourd’hui par ceux qui se disent les propagateurs d’une prétendue démocratie dont l’accès est interdit aux Noirs, aux Latinos, aux autres minorités ethniques et aux « mal-pensants » que sont les syndicalistes et militants pour les droits civiques et ouvriers.

Je suis très honoré d’avoir été sollicité pour participer au tribunal de Katrina et je tenais à vous en faire part. Une réunion d’information et de soutien, préparatoire au tribunal, est organisée à Paris, samedi 30 juin, au siège de l’Entente internationale, 87 rue du Faubourg-Saint-Denis, 75 010 Paris. Elle débutera dès 11 heures, le matin, par des expositions, et le temps fort sera à 14 h 30 la projection d’un film sur Katrina, qui sera suivi d’un débat. Il y aura de quoi se restaurer tout au long de la journée. Cette journée sera l’occasion de collecter des soutiens afin de financer les voyages et séjours de ceux qui, comme moi, participeront au tribunal le 28 août à La Nouvelle-Orléans.

Alors, le 30 juin, puis-je compter sur votre présence ? Et, que vous puissiez venir ou pas, puis-je compter sur votre aide pour nous aider à financer les voyages ? Si tel est le cas, et ce dont je ne doute pas, je vous demande de bien vouloir me renvoyer le petit coupon ci-dessous où de l’envoyer au siège de l’Entente internationale.

Par avance, je vous en remercie.
Bien fraternellement à tous.

ALEX DELUGE,
militant syndical et responsable national
pour le secteur des personnels ouvriers de l’Education nationale

Tél : 06 83 32 95 34
Mail : al.deluge@wanadoo.fr

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