UN CALDOCHE AU CULOT MONSTRE !

vendredi 1er juin 2007
 la rédaction de Montray Kreyol

Le dénommé Roland SABRA (courageux et douteux pseudonyme quand on sait que l’homme n’est pas de confession hébraïque), enseignant caldoche du Lycée de la Pointe des Nègres et grand ami de Camille CHAUVET dans le journal duquel, "Le Naïf", il sévit dans le domaine de la critique théâtrale, s’est permis dernièrement une attaque inouïe contre Daniel MARIE-SAINTE et Alfred MARIE-JEANNE, respectivement président et premier vice-président du Conseil Régional de la Martinique. Que de tels propos puissent être tenus en toute impunité par un Caldoche démontre dans quel état de délabrement notre pays est tombé !

Il est vrai qu’à la question de Patrick Chesneau posée lors de leur présentation de programme sur ATV, à l’occasion des élections législatives, à savoir "Y a-t-il un génocide par substitution en Martinique ?", A. Marie-Jeanne et D. Marie-Sainte ont éludé la question. Exactement comme la veille, Serge LETCHIMIY du PPM l’avait fait !!!

Quoi donc de plus normal, dès lors, que n’importe quel Caldoche se croit tout permis ?

La rédaction de MONTRAY KREYOL

DMS n’est pas un modèle !

par Roland Sabra

DMS est le nom d’un modèle économique utilisé par l’INSEE pour faire des prévisions. Ce sont aussi les initiales de Daniel Marie-Sainte vice-président du Conseil Régional

Les seconds couteaux sont bien utiles en politique : ils disent tout haut ce que le chef, charismatique selon les codes journalistiques, pense tout bas..

AMJ est paraît-il "charismatique". "Charismatique" :relatif au charisme, don particulier conféré par la grâce divine » dixit le Robert véhément serait plus juste, même Claude Lise est qualifié de « charismatique » ( Antilla n° 1162) on constate à quel point l’adjectif est dévalorisé. Claude Lise est tout sauf charismatique, placide à la rigueur. Rappelons encore une fois que lorsque le sociologue Max Weber utilise ce terme, aujourd’hui galvaudé, il fait référence au discours tenu par les dominés pour justifier leur domination. Le "charisme" n’existe pas en dehors de ce rapport de sujétion. Le mot en dit plus sur celui qui l’attribue que sur celui auquel il est attribué. Revenons aux seconds couteaux, à Daniel Marie-Sainte en particulier, lui tout le monde sera d’accord n’a rien de charismatique, mais il présente un intérêt : il en dit plus sur la politique de son chef que son chef lui-même. Ainsi dans le numéro14 de Business News il accorde un entretien en complément d’un dossier consacré à « La faillite de collectivités locales » Le dossier du journaliste constate d’abord que les 3 DFA ( DFA ça fait plus chic) « souffrent de manière chronique, plus ou moins importante, d’une situation financière difficile ». Il ajoute « Tous les clignotants sont au rouge depuis plusieurs années » On est émerveillé de la lucidité d’un tel diagnostic ! Ensuite vient le détail de chaque commune et le rédacteur d’expliquer doctement que "lorsque le coefficient d’auto-financement courant est au-delà de 1,035. la situation est critique", de même que "le coefficient de rigidité des charges structurelles" ne doit en "aucun cas être supérieur à 0,8". Les médecins de Molière officient toujours, ils sont désormais économistes.

La "gestion" une "science" sans conscience (de classe) ?

Le constat n’est étayé bien évidemment par aucune analyse des causes particulières qui peuvent expliquer la situation des « 3 DFA ». C’est ainsi qu’on applique les mêmes méthodes d’analyse à des situations différentes et que l’on somme nos départements de ressembler à celui des Hauts-de-Seine. En économie on connaît l’école de pensée qui raisonne de la sorte, qui impose aux pays du tiers-monde le respect de ratios définis par les grandes banques mondiales, qui demande aux paysans affamés de se serrer davantage la ceinture, et de la boucler ( la ceinture, mais pas seulement), de consommer moins afin de rembourser la dette. C’est le libéralisme économique. A ce point de lecture on va se demander quel rapport y-a-t-il avec Daniel Marie-Sainte ? Et bien justement, il vient cautionner, soutenir l’orientation très libérale du journal dont le nom, rappelons le n’est pas tout à fait neutre « Business News ». D’abord DMS évacue l’analyse des conditions particulières à nos départements. On ne lui fera pas l’affront de lui rappeler la nécessité d’une analyse concrète d’une situation concrète. DMS raisonne dans les limbes. « Je n’arrive pas à comprendre ..comment les collectivités... se mettent en déficit » « Essayons d’appliquer des méthodes de bon sens » ( p. 26). ce qui suppose que de telles méthodes existent et qu’elles soient déconnectées de tout contexte économique, social et surtout politique. Ainsi parle le gestionnaire qui ne fait pas de politique mais qui gère les ressources qu’on lui confie. La gestion est une « science » sans implication politique. Bon DMS n’a jamais lu Marx, ce n’est pas bien grave. Ce n’est pas ce que l’Etat colonial lui demande.

En effet la suite de l’article est un énoncé de recettes plus proches de celles d’un notaire de province que de la stratégie de rupture d’un militant indépendantiste. La seule explication que DMS donne au fait que le MIM ne soit pas majoritaire dans la population "c’est que l’on doute de notre capacité à gérer" ( p. 28.) Les interrogations sur le maintien et la consolidation des exigences démocratiques, sur les menaces de dérives "macoutistes", sur le maintien du niveau de vie etc. Tout ça n’existe pas. Il faut que le MIM soit le bon géreur de l’habitation Martinique. "Il faut savoir qu’un sou c’est un sou" ». On reste confondu d’une telle envolée dans l’analyse économique. Mais le pire est à venir. La ligne ultra-libérale, proche de celle de Raffarin, Villepin, Sarkozy est affirmée « Notre tendance au cours de la dernière mandature a été de faire baisser la pression fiscale, les niveaux de taxation de la fiscalité directe ont été réduits ; » (p ; 28). Rappelons que la fiscalité directe est la moins injuste socialement, et bien c’est elle qui est réduite par le MIM.

"Une mairie ne peut se débarrasser de son personnel comme les entreprises privées"

Le tatchérisme économique s’affiche clairement quelques lignes plus loin « La question se pose du choix entre une augmentation de la taxe (sur les carburants) et le ralentissement des investissements. Alfred Marie-Jeanne n’est guère favorable à un alourdissement de la fiscalité ». A cette réponse digne des reaganomic’s ; des Chicago’s boys de Friedman, le journaliste de Business News jubile : «  Votre réponse est claire. Votre marge de manouvre reste très limitée. » ( p. 28). La conduite à l’acmé de la jouissance libérale avait été soigneusement balisée quelques lignes auparavant par DMS : « Notre tendance n’est pas de privilégier le travail en régie, ( c-à-d les fonctionnaires territoriaux. NDLR) mais plutôt de faire travailler le tissu des entreprises locales. Nous avons externalisé un maximum de services ».(p.26) On ne peut mieux dire la politique de privatisation des services publics, d’externalisation des compétences mise en ouvre. Pour la droite la privatisation du service public permet la flexibilité, même si c’est au prix d’une plus grande précarisation des travailleurs. DMS n’a qu’un regret : « ...une mairie n’a pas la souplesse d’une entreprise. Quand on a moins de travail, les ajustements sont très douloureux et particulièrement difficiles. Une mairie ne peut se débarrasser de son personnel comme peuvent le faire les entreprises privées.( p. 26) . L’horreur économique est donc de ne pas pouvoir utiliser les travailleurs comme variable d’ajustement aux aléas de la conjoncture. La seule flexibilité que connaisse DMS est quantitative, celle du travailleur "Kleenex", qu’on utilise et qu’on jette. C’est le discours du MEDEF.

Confusion entre dépenses et investissements ?

Le sous-investissement chronique de la Région repéré par la Cour des comptes n’est pas prèt de prendre fin. Le désenclavement numérique, le sous équipement informatique des lycées, la non gratuité des manuels scolaires ( la Martinique est une des rares Régions dans lesquelles la gratuité de tout ou partie des manuels n’existe pas), les heures perdues dans les embouteillages faute de transports en commun digne de ce nom, toutes ces sources d’injustices sociales qui minent le tissu social martiniquais vont perdurer puisque « Les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain » (p.26) et que donc, le MIM confond un investissement, qui contribue à l’accroissement de la richesse avec une dépense. Pour mesure l’ampleur du non-développement qui résulte de ce parti-pris il faut se souvenir que le taux d’autofinancement des investissements par la Région est en moyenne d’environ 30%, le reste faisant l’objet de subventions en provenance de l’Union Européenne ou de l’Etat français, ce qui veut dire qu’un "excédent budgétaire de 30 millions d’Euros correspond à un refus d’investir de 100 millions d’Euros !

A dire vrai il n’y a pas confusion entre investissement et dépenses, il s’agit d’une stratégie mûrement réfléchie, en effet il faut savoir que les sommes consacrées aux investissements sont versées à des institutions ( lycées, hôpitaux , les sommes affectées aux dépenses de fonctionnement le sont à... des entreprises et à des particuliers. Ce sont bien sûr ces dernières qui sont en hausse constante ( +21% entre 2002 et 2004). Mieux encore AMJ à créé une ligne du budget de la Région, appelée pudiquement « Aide sociale d’urgence » (Chapitre 953) qui permet à AMJ de verser directement aux individus des chèques de la Région (+ 1135% en deux ans). Clientélisme quand tu nous tiens !

Le choix du clientélisme

Ami lecteur ne décroche pas le meilleur du tatchérisme est à venir. Il faut réduire l’envergure de l’emploi municipal. Les reaganomic’s disent réduire le poids de l’emploi public. DMS « il faut évoquer ... le surdimensionnement de l’emploi municipal ». Tout le monde connaît les prolétaires :« La principale revendication des ouvriers municipaux est toujours la promotion par l’augmentation des salaires et la sécurité par la titularisation. » ( DMS dans le texte p 30  !). Et comble du comble ça ne sert à rien de satisfaire leurs revendications parce que « électoralement ce n’est pas toujours payant  ».(p. 30) Décidément le peuple est ingrat. Il faut donc réduire le nombre de fonctionnaires, s’attaquer aux statuts protégés de la fonction publique territoriale et développer une situation de dépendance financière chez les salariés, pour s’assurer de leur vote. L’objectif est de transformer les administrés en obligés. On croirait lire la « Pravda » libérale. (Pravda signifie vérité en russe) et on nage en plein clientélisme.

AMJ entre Tatcher et Reagan, proche de Bush, ami lecteur tu penses que j’exagère. Mais souviens toi le libéralisme économique s’accompagne du plus grand autoritarisme en matière politique, en matière de mours. Les chantres du laisser-faire laisser-aller économique entonnent aussi l’hymne de l’ordre moral. En France d’où viennent les attaques contre les libertés individuelles ? De la droite extrême, du coté de chez de Villiers, par exemple, le rapprochement n’est pas fortuit.

Tu doutes lecteur ? Mais quel est l’homme politique, dont l’obsession est de tout contrôler, tout régenter et qui est allé jusqu’à décider de la composition d’une équipe cycliste pour une compétition dans une île sour ? Ce n’est pas l’autocrate Castro ! Qui pactise avec l’homophobie en refusant de voter le PACS ? Ce n’est pas G. W Bush ! Quel est ce parangon de vertu, qui au motif de l’étalage sur la place publique, par des voyous de la vie privée d’un directeur de formation au passé un peu sulfureux, est allé demander sa démission, sa révocation au prétexte du respect de l’ordre moral ? L’adjectif dont devrait être affublé AMJ n’est-il pas « démocratique », ne devrait-il pas tirer son pouvoir du peuple et de lui seul et non d’une « grâce divine ». Notre infantilisme politique est-il si fort qu’il nous pousse à rechercher sans cesse un « leader maximo » ? La douleur est-elle si grande qu’elle nous conduise au nom de la martiniquité du bourreau à nous jeter dans ses bras ?

Roland Sabra


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