DES INTERVIEWS EXCLUSIVES DANS LE DERNIER "ANTILLA"
lundi 23 novembre 2009 par la rédaction de Montray Kreyol
En 2003, lors du précédent referendum, le NON l’avait emporté : 54705 NON contre 53654 OUI, 50,48 % Non, 49,52 % Oui.
Or, et c’est une chose bien curieuse, dans le scrutin annoncé pour janvier 2010, puisque les partisans du Statu quo se sont « évaporés » qui étaient les « nonistes » de l’époque (1), il ne restera donc plus que des électeurs obligés de choisir entre l’Autonomie A et l’Autonomie B. On sait, en effet, selon le discours (et les décisions) du Président de la République, que les deux scrutins à venir n’auront pour seul objet, sinon pour seul objectif, que d’indiquer juste « où devra se trouver le curseur de l’Autonomie pour la Martinique ».
Cette évidence pourrait ainsi s’énoncer : Nous voilà donc dans l’Autonomie, avec ceux qui en voudront juste un petit peu et ceux qui en voudront juste un petit peu de plus. Le reste n’est que combat de coqs dans pitt médiatique.
Ainsi, (à cause de) (ou grâce à) l’entêtement de MM. Lise et Marie-Jeanne, qui ont été les initiateurs de la demande de 2003, puis de la relance pour un changement plus consistant que celui de 2003, le Pays-Martinique est en quelque sorte tracté vers l’Autonomie, pourtant honnie par ceux qui en 2003 l’avaient refusée.
Et je comprends l’effarement (presque justifié) de Michel Chalono devant ce qui lui arrive, lui et tous ceux qui à l’époque s’étaient battus contre TOUT changement.
Première conséquence : Les partisans du Statu
quo de 2003 (La droite départementaliste, une partie
des metteurs de chat dans le sac, etc.) ont -
stratégiquement - perdu leur bataille
Deuxième conséquence : Puisque les 54705
électeurs de 2003 sont politiquement là, les voilà,
mécaniquement, obligés de reporter leur vote,
dans l’abstention, ou pour le 73.
Troisième conséquence : Les partisans de
l’Article 74, avant même de commencer leur
bataille, ont déjà un handicap de ces 54705 voix à
remonter pour être à égalité avec leurs adversaires
actuels, puisque théoriquement ceux-ci recueilleront
les suffrages du NON de 2003.
Quatrième conséquence : Nonistes de 2003,
perfides metteurs de chat dans le sac de 2003, partisans
réels d’un tout petit pas vers une
Responsabilité-locale-dans-six-ans, et demandeurs
d’une Autonomie-de-leur-Pays-tout-de-suite, sont
embarqués en direction de… l’Autonomie.
Ainsi, et même s’ils devaient être battus, les
« 74zistes » ont imposé leur logique ! On va se
retrouver, en effet, dans la « pire » des hypothèses,
avec un 73 qui sera plus radical que celui de
2003…
Il reste tout de même à se poser au moins une question : cet état de fait est-il consciemment voulu par le Pouvoir Central ?
Autrement dit : le Président Sarkozy, ayant tiré les leçons de l’échec de Jacques Chirac en 2003 et de son propre échec dans le Référendum qu’il avait demandé pour la Corse, a-t-il choisi cette modalité de processus pour en finir une bonne fois pour toutes avec les accros d’une Départementalisation « intégriste », ou a-t-il choisi ce processus pour obliger ce Peuple à une étape vers une Autonomie modérée (non « nationaliste »), en sacrifiant du coup les initiateurs de la demande de l’article 74, un peu trop « nationalistes » à son gré, dont ainsi il se serait servi pour faire avancer le schimblik ?
Un peu des deux sans doute ?
Et si, par exemple, M. Marie-Jeanne retient comme valable la deuxième hypothèse du paragraphe précédent, on comprendra que sa célébrissime phrase est peut-être plus envoyée aux décideurs parisiens qu’à l’électorat local…
Quoi qu’il en soit, que l’électorat vote pour le 74 le 10 janvier, contre le 74 le 10 janvier, ou pour le 73 quelques jours après, c’en sera fini - de par la logique des questions posées et de par la volonté de l’actuel Président de la République - de la Départementalisation de papa.
Nicolas Sarkozy l’a dit : pour lui, un nouveau cycle historique a commencé.
Donc, pour nous aussi…
Henri PIED
(1) Il y aurait eu trois questions le 10 janvier, du style : (1 - Êtes-vous pour le Statu quo) ; (2 - Êtes-vous pour le 73) ; (3 - Êtes-vous pour le 74) que toute la structure de cet Édito en aurait été changé… ainsi que le résultat final…





