GENÈVE/DURBAN II : RÉPONSE DES PARTICIPANTS AUX OCCIDENTAUX

Par Gilbert Léonard

mardi 5 mai 2009
 la rédaction de Montray Kreyol

Genève/Durban II : Réponse des participants aux occidentaux qui ont voulu kidnapper et détourner la Conférence Internationale Contre le Racisme

Combien d’entre vous ont entendu les déclarations des nombreux représentants présents à la conférence internationale contre le racisme, à part celle très médiatisée du président iranien qui accuse, je cite, "des nations puissantes d’avoir envoyé en Palestine des émigrants d’Europe, des États-Unis et d’autres points du monde pour établir un régime totalement raciste en Palestine occupée" ?

Pourtant toutes les interventions sont diffusées en direct et conservées sur le site Internet de l’ONU ; les journalistes n’ont aucun effort à faire pour y avoir accès. Alors pourquoi cette chape de plomb sur tout un pan de la conférence alors qu’en Europe il y a un discours sur la diversité ?

Pour un esprit averti, est-ce vraiment surprenant que les pays qui ont boycotté la Conférence Internationale Contre le Racisme soient des pays dont le racisme institutionnel à marqué au fer rouge pendant des siècles l’Histoire des peuples de la Terre : Australie, Nouvelles Zélande, Canada, États-Unis, Italie, Allemagne, Pays-Bas ? Est-ce vraiment surprenant que ceux de leurs pays amis qui ont accepté de participer à la conférence l’ont fait "pour éviter de perdre le contrôle total de la situation" ?

Pour essayer de cacher que dans leur grande majorité les États et les ONG participaient avec enthousiaste à cette conférence internationale de l’espoir, une minorité de pays occidentaux a tenté plusieurs mois avant son début et avec la complicité des grands médias, de kidnapper la conférence, voire de la faire annuler,

Pour tenter de cacher qu’ils n’ont pas respecté les engagements pris lors de la conférence de Durban en septembre 2001, voire qu’ils ont pris des mesures contraires à leurs engagements - notamment dans la suite de la "guerre contre le terrorisme", les arrestations au faciès, les détentions abusives, les reconduites musclées aux frontières, les rapts de parents immigrés devant les écoles, le traitement inhumain des migrants politiques ou économiques, les arrestations des militants des droits Humains et la pénalisation de leur lutte, la hiérarchisation institutionnelle et juridique des victimes de discrimination- ces quelques pays occidentaux ont voulu détourner les regards des vrais problèmes concrets abordés par les participants,

Ils ont voulu taire les démonstrations claires de leurs responsabilités passées et actuelles dans les conséquences désastreuses de leurs politiques honteuses sur les populations d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, d’Océanie, du Pacifique et du Proche-Orient,

Ils ont voulu mettre à l’index tous ces pays qui demandent dans leur grande majorité des Réparations pour ces Crimes Contre l’Humanité de l’Esclavage et de la Colonisation dont sont victimes les populations d’ascendance africaine sur tous les continents et dans toutes les nations de la Terre,

Ceux-là mêmes qui ont découpé les frontières coloniales à plusieurs reprises dans l’Histoire lors de conférences de partage dites internationales et qui prétendent vouloir protéger les peuples déstructurés à la suite de ces partages, ceux-là mêmes n’acceptent pas les résultats positifs des pressions exercées par ces peuples sur leurs gouvernants contraints alors d’exiger Réparations ; ils n’acceptent pas le fonctionnement démocratique mondial ; ils préfèrent se liguer dans une Alliance militaire qui regroupe les pays du Nord, l’OTAN, comme une préparation à un nouveau partage du monde.

Mais les très nombreux intervenants ne se sont pas laissés impressionnés par tout cet arsenal d’intimidation. Ils ont présenté leur bilan par rapport au plan d’actions arrêté à Durban en 2001, et ils se sont montré volontaires pour faire progresser la cause des minorités bafouées et des majorités dominées. L’intervention de la Ministre de la Justice de Bolivie (en version originale en langue espagnol) est remarquable de force saine du début à la fin.

Les pays qui ont choisi de boycotter cette conférence de l’espoir ont démontré qu’ils s’inscrivent dans l’arrogance d’une idéologie archaïque, rétrograde et anti-universelle de la supériorité d’une race, d’une culture ou d’une civilisation qu’ils veulent imposer au reste du monde, y compris à leur propre peuple, dans le cadre d’un système néo-féodal mondial. Ils ont réussi, momentanément, leur forfait habituel qui consiste à vider de leur contenu les lois et décisions favorables aux plus faibles.

Mais ils ne feront pas le poids face à la détermination des peuples du monde à se libérer physiquement et mentalement de la domination ; Ils n’auront pas d’autres choix que de rejoindre le vrai mouvement démocratique mondial, sinon ils sortiront eux-mêmes de l’Histoire. L’Universalité ne s’impose pas par la force ou la duperie.

Les peuples du monde continueront d’exercer leurs droits et leurs devoirs pour que leurs représentants les défendent contre la prédation néo-féodale mondiale et pour que les paroles ne soient pas que de belles promesses sans lendemain. Ils sauront donner un sens noble aux mots "démocratie" et "universel".

Vous trouverez dans le fichier ci-joint quelques extraits des interventions.

Gilbert Léonard

PDF - 45.9 ko
Extraits

Annonces

Brèves

25 mai 2012 - COOLITUDE À GRENADA (ESPAGNE)

En attendant l’affiche, je vous invite à un voyage à la rencontre des imaginaires, inspirée de (...)