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Békés martiniquais : de la stigmatisation à la "normalisation" ?

Békés martiniquais : de la stigmatisation à la "normalisation" ?

   S'il y a un groupe social qui doit bien rigoler et se frotter les mains devant l'affligeant spectacle de la plénière de la CTM du 30 juin, ce sont bien les Békés.

   Ils sont, en effet, subitement (et miraculeusement pour eux) passés de l'opprobre, de la stigmatisation même, à ce qu'on pourrait appeler, faute de mieux, "la normalisation". Voici que des élus (es) nègres, chabens, mulâtres, indiens et autres syriens se sont mis à prendre bruyamment leur défense au motif qu'"ils sont des Martiniquais comme les autres", "qu'il ne faut pas diviser les Martiniquais entre eux" et blablabla. Elus (es) du PPM/EPMN, du RDM, de BA PEYI-A AN CHANS et de PEYI-A comme déterminés à accorder "la nationalité" martiniquaise aux descendants des colons (non repentis). Belle unanimité, n'est-ce pas ! 

   On croit halluciner, mais c'est, hélas, la triste vérité.

   Ces élus (es) du PPM/EPMN, du RDM, de BA PEYI-A AN CHANS et de PEYI-A n'ont jamais ouvert la bouche aussi virulemment lorsque le scandale du chlordécone a éclaté il y déjà une douzaine d'années. Certains (es) se sont même complu à douter de l'empoisonnement de notre pays et puis, une fois mis devant l'évidence, ont lâché ici et là quelques phrases de timide condamnation sans jamais désigner les coupables à savoir les Békés. JAMAIS ! Et quand le leader du PPM, combattant de la 25è heure, a monté dernièrement sa commission d'enquête parlementaire sur la question, aucun Béké non plus n'a été mis sur la sellette. Aucun nom n'a été prononcé alors même que dans leur ouvrage, Chronique d'un empoisonnement annoncé (2007), L. Boutrin et R. Confiant écrivirent noir sur blanc le patronyme du principal importateur de ce dangereux pesticide interdit aux Etats-Unis (premier pays à l'utiliser) dès...1979 : DE LAGUARRIGUE.   

   Voici donc qu'aujourd'hui, à l'occasion d'une sombre affaire de terrain (3h hectares seulement), à Séguineau, au Lorrain, que le Béké BALLY refuse de lâcher et pour lequel le PPM/EPMN, le RDM, BA PEYI-A AN CHANS et PEYI-A ont voté une délibération leur accordant la somme mirobolante de 225.000 euros (alors que les Domaines, service de l'Etat français, les a évalué à...15.000 euros puisqu'il s'agit d'un terrain agricole), voici que les Békés se retrouvent bruyamment réintégrés dans "la grande famille martiniquaise" ! On vole à leur secours, on dénonce le racisme à leur endroit, on stigmatise ceux qui veulent que ce terrain soit acheté à un prix raisonnable. On braille, on hurle, on se voue aux gémonies.

   Beaucoup ont dû se frotter les mains du côté du CAP-EST !

   Ce retournement de situation était inespéré après les manifestations stupides de soi-disant activistes et le déboulonnement des statues de Schoelcher. Schoelcher qui, soit dit en passant, est arrivé en Martinique 2 siècles après Jésus-Christ et la Vierge Marie dont les statues trônent imperturbablement dans les 34 communes de la Martinique et que personne ne déboulonne. Sans doute ces activistes ignorent-ils que la colonisation, la Traite et l'esclavage avaient comme justificatif de christianiser les Nègres, de les amener au "vrai Dieu". Dès qu'un esclave débarquait aux Antilles, la première chose que l'on faisait était de les baptiser. Conclusion : les statues chrétiennes sont bien pires que celles de Schoelcher. Mais refermons la parenthèse...

   Le Béké se voit donc réhabilité sans rien avoir demandé. Bravo, chers (ères) élus (es) ! Car si, en effet, les Békés sont bel et bien des Martiniquais, cela ne suffit pas car de par les turpitudes de leurs ancêtres, ils doivent donner les preuves de leur martinicanité. Pas de belles paroles de pseudo-réconcliation, mais des preuves concrètes ! Si le groupe Béké était sincère dans son désir affiché de réconciliation, il aurait fait pression sur Bally pour que ce dernier cède gratuitement ces 3 petits hectares à la Collectivité martiniquaise. Soustraire 3 hectares à une "Habitation", ce n'est quand même pas la fin du monde. 225.000 euros, ce n'est pas ça qui enrichira davantage un Béké. Ce geste aurait été unanimement apprécié des Martiniquais dits "de couleur" puisqu'il leur permettrait de bénéficier enfin de l'eau potable sans coupures intempestives et interminables.

   Ce geste, ce modeste geste, le Béké de Séguineau ne l'a pas fait et sa caste ne l'a pas incité à le faire ! Ce qui est la preuve par neuf que leurs belles paroles de réconciliation sont du pipeau. Et ce n'est pas en faisant du cirque chaque samedi devant leurs supermarchés que cela les impressionnera. Mais le problème est plus profond que tout ce qui vient d'être dit en réalité : la Martinique est un territoire français et le droit français doit s'y appliquer. Nos élus (es) ont alors beau jeu de parler de "respect de la démocratie" et malheureusement, ils ont raison. La loi donne raison au béké de Séguineau. 

   Les Martiniquais dits "de couleur" n'ont qu'à s'en prendre qu'à eux-mêmes. Dans une Martinique souveraine, dans une Martinique martiniquaise, il y a belle lurette que les Békés auraient été mis au pas comme cela s'est passé dans les îles anglophones de la Caraïbe.

Commentaires

michel mirgan | 03/07/2020 - 00:53 :
"les statues chrétiennes sont bien pires que celles de Schoelcher" : Bien vu !!
Balivot | 03/07/2020 - 09:02 :
Nous sommes bien d'accord! Au risque de blasphémer, la chrétienté a fait bien pire au final oui, et nous avons été convertis en masse plus de dix ans avant l'abolition pour donner une ligne de conduite qui a évité un soulèvement du "peuple libéré"... Mais ce sont des symboles qui vont au delà de la politique (je ne parle bien évidemment pas de Dieu ou des croyances mais plutôt du détournement de tout cela qui a été fait par l'homme). Pour la conversion ce n'est pas moi qui le dit mais plutôt Paul Butel dans son excellent livre sur l'histoire des Antilles françaises. Quant au terrain de Seguineau, il pourrait être donné oui, le propriétaire n'est plus à cela près. Et pour connaitre un peu le dossier, il semblerait qu'il se soit débarrassé de tous ses terrains à coté depuis plusieurs années mais qu'il gardait cette parcelle agricole sachant qu'il pourrait en bénéfice du fait de ce problème. Reste à savoir pourquoi les agents de la CTM ont voté pour un rachat à 225 000 € ? La décision du leader maximo de ne pas payer est peut etre la seule bonne décision qu'il ait pris en 5 ans mais en tout cas elle parait evidente.

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