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LES 1.000 ESCLAVES OUBLIES DU "COSTA MAGICA"

LES 1.000 ESCLAVES OUBLIES DU "COSTA MAGICA"

  Personne n'a pensé un seul instant à eux. Ni l'Etat français, puissance de tutelle à qui revient la charge de s'occuper de l'épidémie ni les activistes habituels.

 Eux ? Oui, les 1.000 employés du navire de croisière "COSTA MAGICA" ! Les petites mains : marins, femmes de ménage, cuisiniers, serveurs, mécaniciens etc...qui permettent aux voyageurs de passer "un séjour de rêve" comme disent les brochures publicitaires. Les sans-noms et sans-grades qui oeuvrent jour et nuit en coulisse pour des salaires de merde. Jour et nuit car sur beaucoup de bateaux de croisière, sinon sur la plupart, la limitation du temps journalier de travail n'est pas respectée. On est pleine mer, loin des états et de leurs lois contraignantes. Alors, ces véritables esclaves de la mondialisation néo-libérale font douze, quinze heures par jour sans broncher.
 Philippins, Sri-lankais, Indonésiens, Sud-Américains, Caribéens, Africains, Arabes, Pakistanais, Indiens etc..., ils constituent une main d'œuvre taillable et corvéable à merci.
 Les compagnies jouent, en effet, sur le fait que des dizaines, des centaines de milliers de leurs compatriotes sont prêts à prendre leur place à tout moment. Celles-ci n'ont que l'embarras du choix. Cela a un nom : le capitalisme sauvage. Et cet adjectif, "sauvage", n'est aucunement exagéré : quand l'un de ces néo-esclaves tombe malade trop longtemps aux yeux des compagnies, il se voit rapatrié et licencié sans la moindre indemnité. Et chacun suppose bien qu'avec le rythme de travail qui leur est imposé 7 jour sur 7, beaucoup d'entre eux et d'entre elles ne tiennent pas le coup. Le "turn-over", comme disent pudiquement les managers, c'est-à-dire plus simplement le remplacement constant de ces travailleurs de la mer, est incessant. Ce sont des Kleenex pour les grandes compagnies !
 L'Etat français, par le biais de son représentant local, a pris ses responsabilités en faisant débarquer les 300 croisiéristes martiniquais bloqués sur le "Costa Magica". C'était le moins qu'il pût faire car c'est son rôle de puissance de tutelle. Les diverses collectivités martiniquaises ne pouvaient que lui demander de s'associer à la gestion de la crise. Rien d'autre ! La Martinique n'est ni autonome ni indépendante et cela parce que les Martiniquais le veulent. Aucun de nos élus ne peut fermer l'aéroport ni le port ou interdire à un bateau de croisière d'accoster. Il ou elle n'en a tout simplement pas ce droit ! Reste à espérer que les Martiniquais (es) mesureront à l'occasion de cette crise sanitaire à quel point leur pays est dépendant. Reste à espérer qu'enfin, ils commenceront à envisager de prendre davantage de responsabilités quand l'occasion leur en est fournie comme ce fut le cas en 2010 lors de la consultation sur l'Article 74.
 En attendant, les 1.000 esclaves modernes de ce bateau de croisière tout comme leurs frères et sœurs de misère qui galèrent sur tous ces navires sillonnant la Caraïbe d'une ile à l'autre, eux grâce auxquels, en temps normal, l'activité touristique prospère, méritent que nous songions à eux et quand le coronavirus se sera estompé et que la croisière reprendra de plus belle, que nous, croisiéristes martiniquais, leur accordions plus de considération. Oui, nous, qui, le temps d'une croisière, nous comportons trop souvent comme des Békés d'avant 1848.
 Ne serait-ce que parce que la grande majorité de nos ancêtres furent eux aussi des esclaves...
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Commentaires

voyageuse76 | 22/03/2020 - 23:23 :
Bonjour le Costa Magica attendait de réceptionner le matériel médical pour soigner l'équipage. Combien de malades sur le bateau ??? chiffres secrets ??? je pense que nous le saurons jamais. Courage à eux. Sur le Costa Favolosa idem .....

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