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Vous connaissez Magic Johnson, mais pas Katherine Johnson...

Vous connaissez Magic Johnson, mais pas Katherine Johnson...

   Si les processus de crétinisation des masses mis en place par la plupart des chaînes de télévision et les réseaux sociaux est désormais bien connu et étudié, il y en a un qui est très peu pointé du doigt, voire carrément ignoré, y compris par les grands défenseurs du "monde noir", "afro", "kamite" etc..., à moins que ces derniers n'en soient objectivement complices : la présentation du Noir comme étant un sportif, un musicien, un chanteur, un acteur de cinéma ou un mannequin de mode. Et uniquement cela ! Résultat : tous les enfants noirs veulent devenir Magic Johnson, Beyoncé, Denzel Washington, Omar Sy, Neymar ou Mike Tyson.

   Cette image tronquée, voire désastreuse, rejette dans l'ombre les milliers de scientifiques, philosophes, psychiatres, écrivains, sociologues, anthropologues, traducteurs, chimistes, biologistes, chirurgiens, astrophysiciens etc..., faisant croire qu'ils n'existent même pas. Il est vrai qu'aucun scientifique noir ne participe au délire "noiriste" qui sévit sur le Net, en particulier sur Facebook, et qui veut faire croire que les Noirs auraient tout inventé, du décapsuleur à l'ascenseur ou du fil à couper le beurre au Tampax. C'est qu'un scientifique fonctionne sur des équations (sciences exactes) ou des concepts (sciences humaines) et non sur des élucubrations.

   Ainsi donc, si tout le monde connaît le basketteur Magic JONHSON, presque personne (dans le grand public) ne connaît la brillante mathématicienne et astrophysicienne Katherine JOHNSON qui, à la NASA, a calculé de nombreuses trajectoires et fenêtres de lancement de plusieurs dizaines de vols du programme MERCURY. Présentation :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Katherine_Johnson

Katherine Coleman Goble Johnson1, née le

à White Sulphur Springs, Virginie-Occidentale, est une physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale afro-américaine, qui a contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Réputée pour sa fiabilité dans la navigation astronomique informatisée, elle a conduit des travaux techniques à la NASA qui se sont étalés sur des décennies. Durant cette période, elle a calculé les trajectoires, les fenêtres de lancement et les plans d'urgence de nombreux vols du programme Mercury, dont les premières missions de John Glenn et Alan Shepard, et du vol Apollo 11 vers la Lune en 19692 jusqu'au programme de la navette spatiale américaine3,4,5. Ses calculs furent essentiels à la conduite effective de ces missions3. Johnson a également calculé les plans pour une mission vers Mars.

En 2015, Johnson a obtenu la médaille présidentielle de la Liberté. L'année suivante, elle est intégrée dans la série les 100 femmes d'exception de la BBC.

Sommaire

Jeunesse et formation

Katherine Coleman est née en 1918 à White Sulphur Springs, dans le comté de Greendrier en Virginie-Occidentale, États-Unis6, et fut la cadette de trois frères et sœurs. Son père, Joshua Coleman, était bûcheron et fermier et a travaillé à l'hôtel The Greenbrier. Sa mère, Joylette Coleman, était anciennement enseignante6,7.

Très tôt, Johnson a montré un talent pour les mathématiques. Ses parents l'ont encouragée à étudier. Comme le comté de Greenbrier ne proposait pas d'établissement scolaire public pour les jeunes Afro-Américains après le collège, les parents Coleman ont envoyé leurs enfants au lycée communal d'Institute, dans le comté de Kanawha, toujours en Virginie-Occidentale, et sur le campus de l'Université d'État de Virginie-Occidentale. Johnson n'avait que 10 ans à l'époque. La famille partageait son temps entre Institute, pendant l'année scolaire, et White Sulphur Springs durant l'été.

Johnson obtint son baccalauréat à l'âge de 14 ans, puis elle intégra l'Université d'État de Virginie-Occidentale, une université traditionnellement noire ("Historically black colleges and universities")8. Elle s'est inscrite à tous les cours de mathématiques proposés par l'université. De nombreux professeurs ont pris Katherine Johnson sous leur aile, dont la chimiste et mathématicienne Angie Turner King (en) et W.W. Schiefflin Claytor, troisième étudiant afro-américain à obtenir un doctorat en mathématiques, et mentor de Johnson durant tout le lycée9. Claytor rajouta de nouveaux cours de maths spécialement pour elle. Johnson reçut son diplôme de mathématiques et de français avec summa cum laude (« avec la plus haute louange ») en 1937, à l'âge de 18 ans7,10. Johnson a ensuite déménagé à Marion, en Virginie, pour enseigner les mathématiques, le français et la musique dans une école publique en Virginie8.

En 1939, après un premier mariage avec James Goble, Johnson quitta son poste d'enseignante pour intégrer le programme de mathématiques de l'Université de Virginie-Occidentale, à Morgantown, puis elle arrêta au bout de la première session pour fonder une famille. Elle avait été l'une des trois étudiants afro-américains, et la seule femme, à être sélectionnée pour intégrer l'université, par le président de l'État de Virginie-Occidentale Dr John W. Davis8 sur décision de la Cour suprême des États-Unis7,11. D'après la décision de la Cour, rendue lors de l'affaire Missouri ex rel. Gaines v. Canada (en)12 (1938), les États qui comptaient une école pour étudiants blancs devaient également fournir une éducation publique aux étudiants noirs, soit en autorisant Blancs et Noirs à fréquenter le même établissement, soit en créant une seconde école pour les Noirs.

Carrière


 
Katherine Johnson en 1966, à la NASA.

Après un début dans l'enseignement qui ne l'a pas satisfaite, Johnson s'est lancée dans une carrière de chercheuse mathématicienne, un domaine difficile d'accès pour les Afro-Américains et les femmes. Lors d'une réunion de famille en 1952, elle apprit que le National Advisory Committee for Aeronautics – future NASA – cherchait des femmes afro-américaines pour son département de navigation astronomique. Johnson s'est vue proposer un emploi en 1953 et l'a immédiatement accepté.

D'après les archives du National Visionary Leadership Project :

«Au début, elle travaillait dans un groupe de femmes affecté aux calculs mathématiques. Katherine surnommait ces femmes les "ordinateurs avec des jupes". Leur travail principal consistait à lire les données des boîtes noires d'avions et d'autres travaux mathématiques. Puis, un jour, Katherine et une collègue ont été temporairement débauchées pour aider l'équipe de recherche masculine sur les vols. Les connaissances de Katherine en géométrie analytique lui ont permis de s'intégrer rapidement au sein de ses nouveaux collègues et supérieurs, au point qu'ils ont "oublié de me renvoyer dans le groupe des femmes". Les barrières de race et de genre étaient toujours présentes, mais Katherine dit les avoir ignorées. Elle s'affirmait dans l'équipe, demandait à participer aux réunions où aucune femme n'avait encore été admise. Elle disait simplement aux gens qu'elle avait fait le travail et mérité sa place.»6,13

Distinctions et hommages


 
En 2015, le Président Obama attribue la médaille présidentielle de la Liberté à Katherine Johnson, alors âgée de 97 ans.

Katherine Johnson a reçu la médaille présidentielle de la Liberté en 2015, des mains du président Barack Obama14.

Elle est l'objet du livre intitulé Hidden Figures de Margot Lee Shetterly, adapté au cinéma en 2017 sous le titre Les Figures de l'ombre, où elle est incarnée par l'actrice Taraji P. Henson14.

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