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A propos de la pétition d'AVAAZ sur la Syrie

UNE SOLUTION POUR LA SYRIE

Daniel Boukman

Suite au massacre perpétré, le 21 août dernier, dans un quartier de Damas , et aussitôt attribué à l’armée syrienne, le Président des Etats-Unis (suivi en cela par François Hollande) a menacé de « punir » le Président syrien Bachar El Assad... Suite. à l’accord du 15 septembre signé à Genève par la Russie et les USA (en l’absence du coq gaulois), cette menace, comme une baudruche, s’est dégonflée, ce qui ne veut pas dire que tous dangers d’intervention néo-impérialiste occidentale en Syrie est définitivement écartée.

Depuis deux ans, une guerre civile meurtrière se déroule en République Arabe de Syrie avec son cortège de destructions, de morts, de réfugiés en Irak, en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Egypte et au-delà...Un flot incessant d’informations diffusées tant par les media classiques (journaux, radio, télévision) que par des réseaux sociaux de toutes obédiences véhiculent, dans la plus totale des confusions, témoignages, discours, images... à l’égard desquels, pour savoir ce qui se déroule réellement en Syrie, la plus grande des circonspections est de mise...

Et dans ce concert de vérités / mensonges, il est à regretter la voix d’organisation à vocation humanitaire telle AVAAZ qui, le 6 septembre, sur internet, en lançant la pétition ci-jointe, a objectivement contribué, ces jours derniers, à amplifier l’imbroglio d’une situation syrienne dont, en définitive, les raisons fondamentales de ses malheurs renvoient , entre autres, à une politique dont l’Irak, la Libye ont aujourd’hui à subir les effets de destruction massive.

De Alice Jay - Avaaz.org [mailto:avaaz@avaaz.org]
Envoyé : vendredi 6 septembre 2013 06:50
À : danielboukman@gmail.com
Objet : Une solution pour la Syrie

Chères amies, chers amis,
Il y a quelques semaines les enfants de cette photo ont été assassinés à l'arme chimique dans leur sommeil, mais il semble que le monde les ait déjà oubliés et se perde dans un débat sans fin entre soit des frappes américaines, soit ne rien faire... Mais il y a aujourd'hui une lueur d'espoir pour une voie pacifique qui mette fin à ces massacres.

La guerre sanglante en Syrie s’est nourrie des rivalités entre l’Iran, principal soutien de Bachar El Assad, les Etats-Unis et leurs alliés respectifs. Mais la dernière attaque chimique a changé la donne et leurs discours: le nouveau président iranien, plus modéré, a condamné l’utilisation des gaz et Obama a annoncé être prêt à travailler avec "tout le monde" pour résoudre le conflit. Interpellons ces deux dirigeants pour qu’ils s’installent enfin à la table des négociations et fassent dialoguer les parties belligérantes avant que d’autres vies ne soient prises.

En ce moment même, les bruits de bottes résonnent au niveau mondial à propos de la Syrie mais si nous sommes suffisamment nombreux à dire aux présidents Rohani et Obama que le monde souhaite une diplomatie active, nous pouvons mettre fin au cauchemar de milliers d'enfants syriens terrifiés à l'idée de nouvelles attaques au gaz. Nous n'avons pas de temps à perdre. Cliquez maintenant pour vous joindre à l'appel -- quand nous atteindrons un million de signataires, nous remettrons notre pétition directement aux deux présidents:

La Syrie est le conflit le plus brutal de notre temps et cette attaque chimique sur des civils innocents est la pire chose que notre monde ait vu depuis 30 ans. Le monde a la responsabilité de protéger les Syriens de l’extermination, mais depuis deux ans la communauté internationale ferme les yeux, honteusement, sans porter secours aux victimes innocentes. Aujourd’hui, malgré des preuves accablantes sur la responsabilité des forces gouvernementales de Bachar El Assad dans l’attaque, les soutiens du régime syrien jouent sur le doute et, prudent vis-à-vis d'une guerre, le monde est toujours incertain quant au lancement d’une intervention humanitaire. Ces discussions sont une nouvelle chance de mettre fin au massacre.

On a toujours pensé que les Etats-Unis n'accepteraient jamais aucune discussion avec l'Iran et que l'Iran ne ferait jamais rien pour aider les Etats-Unis à résoudre la crise syrienne, mais la situation actuelle incite à l'espoir. Le Président Obama lancera peut-être des frappes, mais il n'a pas le soutien de l'opinion publique pour un engagement plus important, et il cherche une porte de sortie pour éviter une guerre longue. Et 130 membres du Congrès américain demandent au président Obama de discuter avec l'Iran. Un appel mondial et massif en faveur de la voie diplomatique peut amener Barack Obama à accepter des discussions.

L'ancien président iranien Ahmadinejad a dépensé sans compter pour soutenir le régime d'Assad en lui fournissant argent et armes. Mais le nouveau président Rohani a été élu sur la promesse de retisser des liens avec l'Ouest et de rechercher un accord avec l'opposition syrienne. Les attaques chimiques ont fortement érodé le soutien de l'opinion publique iranienne à Bachar El Assad, en rappelant les douloureux souvenirs des attaques chimiques iraquiennes contre l'Iran, et ceux qui connaissent bien le pays estiment que la pression monte pour reconsidérer le soutien de l'Iran à Bachar El Assad. Ceci pourrait être un moment charnière pour amener Hassan Rohani à la table des négociations.

Les discussions ne stopperont pas l'horreur en un jour, mais il n'y a pas de solution rapide et facile. Nous avons urgemment besoin d'avancer sur cette voie qui peut mettre fin aux massacres d'enfants innocents et rapprocher le monde plutôt de le déchirer. Amenons les Etats-Unis et l'Iran à discuter, maintenant:

Une feuille de route a déjà été discutée à Genève en vue d'un processus de paix pour la Syrie, mais c'est la première fois qu'il pourrait y avoir la volonté politique de dépasser les différences et de s'asseoir à la table des négociations. L'Iran est le seul pays au monde avec suffisamment d'influence sur la Syrie pour pousser le régime à discuter. Et les Etats-Unis, avec ses alliés au Moyen-Orient, peuvent de leur côté amener l'opposition à la table.

Il a malheureusement fallu les horreurs de la Seconde Guerre mondiale pour mettre sur pied les Nations Unies et la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. L'horreur de la guerre en Syrie peut amener les Etats-Unis et l'Iran, et leurs dirigeants modérés, à s'attaquer à leurs divergences qui n'ont que trop duré, et commencer à construire les bases d'une paix durable en Syrie et dans la région, avec des conséquences positives pour de nombreuses questions au niveau mondial, de la prolifération nucléaire à la paix en Israël et en Palestine. Notre communauté s'est mobilisée en soutien au peuple syrien depuis le tout début de la guerre civile. Aujourd'hui, ils ont besoin de nous plus que jamais. Faisons tout pour ne pas les décevoir.

Avec espoir,
Alice, Luis, Ian, Emily, Bissan, Antonia, Ricken, Lisa, Mais et toute l'équipe d'Avaaz

De : Daniel BOUKMAN [mailto:danielboukman@gmail.com]
Envoyé : vendredi 6 septembre 2013 18:09
À : 'Alice Jay - Avaaz.org'
Objet : RE: Une solution pour la Syrie

J’ai toujours cosigné les pétitions lancées par l’équipe d’Avaaz mais aujourd’hui, je refuse de m’associer à la présente en raison de son caractère pour le moins ambigu... Comme bien des réseaux sociaux et autres media, vous « exhibez » la photo montrant des enfants déclarés victimes de gaz chimique... J’ai en mémoire l’affaire des charniers de Timisoara : décembre 1989, lors de la chute du régime de Ceausescu, les médias occidentaux et en particulier français, annonçaient des centaines de cadavres ( le chiffre de 4630 avait même été avancé) ; Libération sous le titre de « Boucherie » écrivait « Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés terreux, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection »... Le Figaro, dans son édition du 30 janvier 1990, annonçait qu’il s’agissait d’un faux, que les morts à la télévision, avaient été déterrés du cimetière de la ville.

Loin de moi de dire que ce qui s’est passé, le 21 août dernier, dans un quartier de Damas est un remake de la macabre manipulation de Timisoara mais l’exploitation médiatique qui est fait à cette occasion, en France en particulier, pour en impliquer, sans le moindre doute, la responsabilité aux dirigeants de la Syrie, m’amène, tout en déplorant la mort de ces enfants, à me demander à qui profite le crime... Il est à noter que l’hypothèse - ne serait-ce qu’une hypothèse - que ce carnage soit le fait de « rebelles » agents des mêmes puissances qui s’apprêtent à « punir » Bachir En Assad pour, en affaiblissant la capacité de son armée, donner aux forces rebelles (lesquelles ?) l’occasion de renforcer leurs offensives de façon déterminante.

De plus, je ne comprends pas la mention que vous faites de l’Iran qui, comme de nombreux pays, condamne l’usage des gaz chimiques mais n’a jamais, comme bien des gouvernements arabes, d’Afrique, d’Asie, des Amériques, attribué à celui de la Syrie, la responsabilité de l’emploi de ces gaz.

Obama et Hollande ( et quelques autres qui finiront par céder aux pressions et prébendes de ces messieurs qui prétendent parler au nom de la « communauté internationale ») vont bientôt lancer le feu de leurs missiles et autres bombes sur Damas et autres place - fortes tenues par des forces gouvernementales syriennes afin de briser leur capacité militaire... Avec l’hypocrisie qui les caractérise, ces Tartuffes parlent de frappes ponctuelles mais déjà , aux Etats-Unis, le Congrès a concocté un texte qui limite cette intervention à 60 jours, avec la possibilité d’une prolongation d’un mois...Et alors le machiavel Obama pourra bientôt se réclamer d’un mandat « démocratiquement » voté pour parfaire la politique (de ces prédécesseurs) de destruction de tout Etat (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, demain Iran,) faisant entrave au néo-impérialisme US.

Désolé ! mais je me signe pas, dans sa forme actuelle, le présent appel ni ne prendrai en charge sa diffusion

Daniel Boukman

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