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Saint-Pierre de la Martinique et son volcan

Térèz Léotin
Saint-Pierre de la Martinique et son volcan

 De nos jours, lorsque nous, autochtones, nous traversons la ville de Saint-Pierre, si notre cœur se serre parce que nous pensons quelquefois à certains de nos ancêtres qui ont laissé leur vie en ces lieux, ce mémorable jour de l’éruption du 8 mai 1902 — personnellement nous y avons perdu une sœur de notre arrière-grand-mère maternelle —, nous ne pensons guère à cette grande capitale culturelle que fût la ville de Saint-Pierre. Nous traversons des ruines, nous apercevons des vestiges à peine ensevelis, nous voyons ce qu’est devenu le Théâtre, autrefois fierté des habitants et symbole de son rayonnement intellectuel. Et c’est tout. La vieille habitude, ajoutée à l’uniformité du temps qui passe, nous a rendus pratiquement indifférents. Comme pour nous réconcilier avec ce passé qu’il ne nous faut surtout pas oublier, l’ouvrage Saint-Pierre de la Martinique et son volcan meurtrier qui vient de paraitre aux Éditions Exbrayat, février 2020, sous les plumes de Jean-Claude Saint-Marc et André Exbrayat, nous restitue en image, ce que nous avons perdu.

On découvre l’histoire du Trou Caraïbe. On admire des photos, comme celles du Mouillage, du lycée de Saint-Pierre, aussi La Fontaine Agnès, le Sémaphore sur la place Bertin, la Grande rue et bien d’autres, que les documents d’époque font revivre. On y apprend notamment que des deux cloches provenant de la destruction de la ville de Kertch, prises de guerre de la campagne de Crimée (1853-1856), l’une fut installée dans l’un des clochers de la cathédrale de Saint-Pierre et que la seconde « la Sébastopol » fut placée, dans l’église du Saint-Esprit où nous savons tous qu’elle carillonne encore.

L’un des plus éloquents souvenirs, la photo du dôme au-dessus du mont Pelé qui culmina à 229 m de hauteur, est un témoignage édifiant, laissant voir l’ignorance réelle des chercheurs, des savants, des vulcanologues de l’époque sur ce type de volcan. 

Nous découvrons le Saint-Pierre d’autrefois, le Saint-Pierre des ruines qui vont au-delà de la seule geôle de Cyparis, la plus souvent visitée. On apprécie surtout la courageuse détermination de la population qui va assez rapidement se mettre à la reconstruction de la ville laquelle, sans mauvais jeu de mots de notre part, tel le Phénix renaitra de ses cendres. 

Il est aussi signalé dans ce document qu’au centenaire de l’éruption, la Bourse du commerce dite aussi Chambre du commerce ou encore Maison de la Bourse sera refaite à l’identique sur son ancien emplacement de la place Bertin où l’on peut désormais l’admirer. Ce livre mentionne que depuis 1990, la ville de Saint-Pierre est labellisée ville d’Art et d’Histoire par l’UNESCO. 

Ce bel ouvrage est le guide touristique parfait sur Saint-Pierre. À la fois très documenté et attrayant, c’est un miroir culturel. Nous devrions, en effet, l’avoir tous lu pour connaitre et nous réconcilier avec les splendeurs passées de cette ville et avec notre patrimoine. Nous ne vous en dirons pas plus pour vous laisser aller les découvrir. 

Vivement recommandé à chacun, des élèves, étudiants, bibliothèques, aux habitants et aux touristes, il est à se procurer absolument : Saint-Pierre de la Martinique et son volcan meurtrier, Éditions Exbrayat, février 2020, de Jean-Claude Saint-Marc et André Exbrayat, ouvrage cartonné, 130 pages, prix 24,90 €. 

Térèz Léotin