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(RE)LIRE André BRINK, écrivain Sud-Africain (1935-2015)

Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES
 (RE)LIRE André BRINK, écrivain Sud-Africain (1935-2015)

« Je voyage beaucoup, mais je retourne toujours en Afrique du Sud, parce que mon cœur y est », disait André Brink. Il est mort, le 6 février 2015, à bord de l’avion qui le ramenait dans son pays après avoir été fait docteur honoris causa de l’Université Catholique de Louvain, en Belgique.

 

André Brink est un écrivain blanc afrikaner, connu pour ses prises de position courageuses en faveur des droits humainsà une époque où sévit dans son pays, l’apartheid. Mais dans son ouvrage intitulé Sur un banc du Luxembourg paru en 1982, André Brink avoue que c’est à Paris, en 1960,  qu’il a découvert que les noirs étaient ses semblables – il avait alors 25 ans. Jusqu’à ce moment, il avait intériorisé et accepté l’idée inculquée que les noirs étaient sur terre pour servir les blancs. Le massacre de Sharpeville, survenu lors de son séjour en France, et la réaction de l’opinion internationale achève de le déstabiliser, il ne sera plus jamais le même homme.

 

Interdit de publication dans son pays, surveillé, menacé, il fera paraître ses livres à l’étranger. Même après la fin de l’apartheid et l’élection à la présidence de Nelson Mandela, il conservera en lui, une certaine honte en tant qu’Africain blanc, face à la persistance du racisme dans son pays. Il critiquera par la suite la corruption des nouveaux leaders de l’ANC et dénoncera ce qu’il qualifiera de trahison.

 

André Brink a été rendu célèbre par son best seller Une saison blanche et sèche, paru en 1980, et dont le cadre est l’Afrique du Sud de l’époque. Un blanc de bonne volonté  y mène l’enquête pour connaître les circonstances de la mort suspecte de deux noirs. Ce roman a été mis en scène par la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy (1989).

 

André Brink dénonçait toutes les injustices ayant marqué l’histoire. Dans son roman intitulé Au-delà du silence, le contexte historique est rigoureusement exact. Il se penche sur le sort d’un autre type de victimes, les femmes, en l’occurrence des Allemandes expédiées en Namibie pour être « le repos du guerrier » des soldats, au temps de la colonisation de ce pays africain par l’Allemagne (1884-1915).Les jeunes femmes rêvaient d’un ailleurs paradisiaque, elles se trouvèrent plongées dans un monde de violence machiste et coloniale. Il faut  aussi (re)lire un roman paru en 1983, Un turbulent silence. André Brink y fait le récit d’une révolte d’esclaves. Cette épopée foisonnante  livre nombre d’enseignements sur la condition humaine.

 

    Marie-Noëlle RECOQUE DESFONTAINES

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