Accueil
Le billet du jour

Région Martinique : drôle d’EPIC…

   Peu de gens lisent les annonces légales des journaux. Pourtant on y trouve plus souvent que rarement des choses fort intéressantes. Et pour ceux qui aiment le suspense, des choses pour le moins intrigantes. Ainsi dans le dernier numéro du journal Justice, doyen presque centenaire de la presse écrite martiniquaise et organe du PCM (Parti communiste martiniquais), journal qu’il faut lire et faire lire car il est de grande qualité, on trouve à la page des « Annonces légales » ce qui suit :

   « Conseil Régional de la Martinique

              CONSTITUTION

       Il est créé par la REGION DE MARTINIQUE, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) conformément aux dispositions du code général des collectivités terrritoriales et notamment aux articles L 1412-1, L 1414-2 et R. 22 21 à R. 22 21 52.

      L’EPIC dénommé « Pôle de joaillerie de la Martinique » a pour mission la production et la commercialisation de bijoux ainsi que la formation à la production de bijoux.

     Son siège est situé à : Angle des rues Gabarres et Pointe Simon—ZAC de Pointe Simon—97200 FORT-DE-FRANCE.

     Cet EPIC jouit de la personnalité morale après publication et transmission au contrôle de légalité de la délibération du Conseil régional de la Martinique n° 13-1514-1 du 23 juillet 2015 adoptant ses statuts, et fixant sa dotation globale à un montant de UN MILLION CINQUANTE NEUF MILLE SIX-CENT QUATRE VING-NEUF EUROS (1.059.689. 0 euros) qui sera versée selon en échéancier allant de 2015 à 2017 »

   Bon, à première vue, on se dit « SUPER ! Notre joaillerie créole reprendra du poil de la bête ! ». Colliers-choux, épingles tremblantes, colliers-forçat, anneaux créoles etc…bref toutes ces merveilles qui rehaussaient la beauté de nos femmes d’antan pourront enfin renaître et damer le pion à toute cette pacotille vendue dans les boutiques de l’En-Ville comme dit Chamoiseau. Dans un second temps, on mène une petite enquête pour savoir d’où proviendra l’or qu’importera cet EPIC et si nos deux sources traditionnelles d’approvisionnement seront elles aussi réactivées. En effet, dans la seconde moitié du 19è siècle et le début du 20è, des milliers de Martiniquais ont émigré en Guyane et au Venezuela (dont ils ont créolisé le nom en « Bénézwel »), attirés par la découverte de l’or. Dès lors, par pacotilleuses interposées dans un premier temps, puis par certains émigrés eux-mêmes qui faisaient le va-et-vient entre ces deux pays et la Martinique tout un courant commercial du précieux métal avait vu le jour. Nos bijoutiers firent alors des merveilles qui enchantaient tous les voyageurs célèbres de passage chez nous : Paul Gauguin, Lafcadio Hearn, André Breton et tant d’autres.

   Or, après enquête, il s’avère que notre EPIC, au terme forcément d’un voyage épique, s’approvisionnera au…Brésil. Plus précisément dans l’Etat du Para dont Belem est la capitale.

   Very strange ! se seraient exclamé les inspecteurs Sherlock Holmes, Eliott Ness et Colombo. Y aurait-il anguille sous roche ? Que cache ce (porc-)EPIC ?

   Krishna et Erzulie nous le diront bientôt…

Commentaires

gégé | 11/10/2015 - 23:27 :
Brésil,,, or ,,, trafic ,,,, maison en bois ,,,importation ,,, ca pu le bizness a plein nez !!!!

Pages