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Plus de visibilité pour les traducteurs : lettre ouverte aux éditeurs

Plus de visibilité pour les traducteurs : lettre ouverte aux éditeurs

La Foire du Livre de Francfort, organisée du 16 au 20 octobre dernier, fut l'occasion de célébrer les livres et leurs auteurs, quelles que soient leurs origines. L'invitation de la Norvège, mise à l'honneur, a été marquée par un salut adressé au travail des traducteurs et traductrices, qui sont les premiers vecteurs des textes et des échanges culturels. Les traducteurs tchèques ont saisi la balle au bond pour interpeler les éditeurs et réclamer plus de visibilité et de reconnaissance.

Dans le cadre de l'invitation de la Norvège, pays mis à l'honneur avec ses auteurs, ses livres et son patrimoine littéraire, plusieurs personnalités sont montées sur scène pour exprimer leur rapport à la littérature et leurs expériences personnelles en la matière.

L'auteure Erika Fatland, qui a notamment signé La frontière, Un voyage autour de la Russie de la Corée du Nord à la Norvège aux éditions Gaïa, traduit par Alex Fouillet, a rendu un vibrant hommage « [a]ux traducteurs, qui sont souvent ignorés, et qui sont les héros de la littérature que je fréquente au quotidien ». La ministre de la Culture norvégienne, Trine Skei Grande, lui a emboîté le pas, soulignant que « le Prix Nobel de la Paix devrait revenir à des traducteurs, car ils font un travail incroyable pour permettre de lire les histoires du monde entier, et ainsi nous comprendre ».

La Guilde des traducteurs tchèques, l'association des traducteurs tchèques du nord et le groupe Facebook « Faces of Translation » ont saisi l'occasion pour rédiger une lettre ouverte à destination des éditeurs, rapporte le CEATL, le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires.

« Chers éditeurs », commence le courrier, qui commence par remercier ceux qui valorisent et reconnaissent à sa juste valeur le travail des traducteurs, « non seulement en indiquant nos noms sur les couvertures des livres, mais surtout sur les outils promotionnels, y compris les présentoirs ».
 


La situation est toutefois loin d'être satisfaisante, selon les professionnels de la traduction : « Grâce à nous, vous pouvez publier la littérature étrangère traduite, qui constitue encore la plus grande part du marché [de l'édition] en République tchèque. » Aussi, la reconnaissance devrait être à la hauteur, avec des mentions sur les ouvrages, le matériel promotionnel, mais aussi les sites d'achat de livres.

Une situation qui est loin d'être spécifique à la République tchèque, puisque des sites d'éditeurs, y compris en France, ne mentionnent que discrètement les traducteurs des livres qu'ils publient - voire pas du tout. Ce qui oblige parfois à se rendre sur des sites marchands — y compris américains, un comble — pour retrouver la bonne référence. Quant à la visibilité, de trop nombreux jurys de prix littéraires, par exemple, oublient encore de mentionner les traducteurs pour une sélection d'œuvres étrangères...

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