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Non à l’animalisation de l’Université des Antilles !

Non à l’animalisation de l’Université des Antilles !

    Des faits extrêmement graves se sont déroulés lors du dernier conseil de la Faculté des Lettres et Sciences humaines du campus de Schoelcher (Université des Antilles), faits qui ont poussé le Doyen, le Pr Cécile BERTIN-ELISABETH, à les dénoncer à la communauté universitaire et à porter plainte auprès de la police...

 

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Monsieur le Président de l’UA,
 
 
Je travaille à l’UA(G) depuis 1996 où je m’investis pédagogiquement, administrativement et sur le plan de la recherche de façon conséquente.  Professeure des universités (1ère classe), j’occupe actuellement les fonctions de directrice de l’UFR Lettres et Sciences Humaines et de directrice-adjointe du groupe de recherches CRILLASH (EA 4095).
J’ai eu en 23 ans dans cet établissement le temps d’y connaître diverses tempêtes et de participer à des prises de positions éthiques. Je me pensais à l’université, dans mon université, avec des universitaires et des femmes et des hommes souhaitant, malgré leurs divergences naturelles, donner une orientation à dimension humaine à notre institution…
Ce jeudi 28 mars 2019, il m’a été démontré par une violence aussi inouïe qu’inadmissible, que l’UA n’était  plus un lieu de savoirs et d’échanges mais une arène où certains se rendaient à la curée…
Ce jeudi 28 mars 2019, un conseil plénier, le premier conseil plénier depuis les dernières élections de février s’est tenu en salle du conseil de la faculté des Lettres et Sciences Humaines en présence des élus enseignants, administratifs et techniques et étudiants, ainsi que des personnalités extérieures. La vindicte s’est cristallisée d’emblée autour de la présence de ces personnalités extérieures pour lesquelles j’ai écrit dès le 21 janvier aux services juridiques de notre établissement sans recevoir de réponse… Première irrégularité majeure : le Professeur Philippe Joseph s’est targué dans ce conseil d’avoir les réponses des services juridiques en tant que VP à l’innovation alors que c’est moi qui les ai officiellement demandées sans obtenir la moindre réponse.
Deuxième irrégularité tout aussi grave : alors que je n’ai fait que respecter la procédure mise en œuvre lors du renouvellement du précédent conseil, MM. Joseph et Chali et Mme Maignan, sans aucun respect de ma fonction, m’ont d’entrée de jeu invectivée, m’assénant que je voulais faire fonctionner ce conseil dans l’illégalité.
Troisième irrégularité encore plus alarmante : cette lettre ne constitue aucunement ma première alerte auprès de vous. Je vous ai signalé dès décembre 2017, en présence d’un des membres de mon conseil, les agissements inconsidérés et brutaux de votre VP à l’innovation. Vous avez choisi d’ignorer cet avertissement, allant même jusqu’à m’interdire d’importuner « votre » service juridique. Je vous rappelle qu’il s’agit bien du service juridique de l’université.
Je ne peux donc aujourd’hui que prendre acte de la situation où la complaisance dont vous avez fait preuve à l’égard de votre vice-président -nommé par vous et non élu- nous a menés.
Comme je le disais, ce jeudi 28 mars 2019, trois universitaires : Chantal Maignan, Maîtresse de conférences en Lettres modernes, Jean-Georges Chali, Professeur des universités au département de Lettres Modernes et Philippe Joseph, Professeur des universités au département de Géographie ont transformé, pendant près de deux heures, par leurs cris et hurlements,   une rencontre universitaire destinée au fonctionnement de l’UFR Lettres et Sciences Humaines en un insoutenable carnage.
Ce trio, en se relayant tour à tour, a tout fait pour  me « passer à tabac » verbalement, sans aucune considération pour leur statut d’élus ni la représentation qui lui est associée, et encore moins pour mon double statut d’élue au conseil d’UFR et de doyen de cette même UFR. Si des collègues n’étaient pas intervenus, des actes lourds auraient pu s’ajouter aux frappes verbales.
Ainsi, Philippe Joseph, Professeur des Universités et VP à l’innovation pédagogique nommé par vous,  a bondi au-dessus de la table pour m’arracher la pochette contenant les documents de travail du jour, avant de les jeter violemment par terre en précisant que c’était ainsi qu’il traitait ce conseil… Il a même incité un collègue à se battre avec lui… Il avait déjà, sans retenue aucune, mis en cause la qualité de la recherche d’un autre collègue (ainsi que la mienne)…
Ce même jeudi 28 mars 2019, Chantal Maignan, Maîtresse de conférences en Lettres modernes, Jean-Georges Chali, Professeur des universités au département de Lettres Modernes et Philippe Joseph, Professeur des universités au département de Géographie ont cherché à m’avilir sans relâche, pensant saper mon autorité devant enseignants, étudiants, personnalités extérieures, personnel administratif. Mais, en perdant toute retenue, c’est le statut d’élus qu’ils ont foulé aux pieds, c’est la représentation de l’université qu’ils ont mise à mal, devant un conseil effaré  qui n’a pas été davantage épargné par cette charge enragée aux décibels insoutenables.
Ce  même jeudi 28 mars 2019, j’ai subi une indigne tentative d’intimidation, un lynchage concerté contre lequel je vous informe que j’ai porté plainte à la police.  
À vrai dire, je vous écris, Monsieur le Président de l’UA, parce que c’est mon devoir de vous tenir informé de ce qui se passe dans l’établissement que vous dirigez. Comment attendre de vous que vous m’accordiez, après ces actes inacceptables et d’une rare violence, la moindre protection fonctionnelle, le moindre appui du service juridique de l’université ? Vous avez démontré, à plusieurs reprises, que vous n’entendez que les vôtres. À preuve, toutes ces personnes dont j’ai dénoncé à plusieurs reprises les agissements inconsidérés et les graves dérapages continuent de faire partie de votre entourage rapproché. Malgré de multiples plaintes venant de toutes parts, M. Joseph est toujours votre vice-président à qui vous avez continuellement réitéré votre confiance, en lui demandant officiellement d’assurer la police et la sécurité sur nos pôles. Quant à M. Chali, il est membre de votre bureau depuis 2018.
Jusqu’où ira l’escalade ? Devons-nous attendre que du sang soit versé ? Je ne saurais croire que nos divergences de positions quant à certaines affaires qui ont secoué et secouent notre établissement vous feraient oublier toute équité déontologique et tout sens de la responsabilité.
Monsieur le Président de l’UA, je vous demande très solennellement que le professeur Philippe Joseph ne soit plus membre du conseil de discipline et que face à la gravité des faits il soit traduit devant le conseil de discipline de l’Université des Antilles. Je vous demande qu’entre-temps il ne siège pas au conseil de faculté de mon UFR pour que nous ne soyons pas mis en péril.  
Laisserez-vous cette situation perdurer ou dois-je comprendre que l’UA n’est plus une université ?
Je demande à messieurs les Recteurs de Martinique et de Guadeloupe de prévenir nos autorités de tutelle pour qu’une protection me soit accordée, à ma famille et à moi -je rappellerai en effet que monsieur Philippe Joseph « dirigeait » il y a peu une pseudo-équipe de vigiles portant cagoule et raquette…- et que plus jamais les agissements inadmissibles dont je suis victime ne puissent se reproduire à mon encontre, pas plus qu’à celle de mes collègues, quels qu’ils soient.
Je continuerai de mener à bien les mandats pour lesquels j’ai été élue avec la même détermination et la même déontologie, même si je m’interroge sur le sens que vous donnez, Monsieur le Président, à la mission égalité hommes-femmes au sein de votre université, tout autant qu’au respect des fonctions électives qui ne peuvent plus s’exercer, sinon au péril de sa vie ou de sa santé.
 
Avec mes respectueuses salutations,
Cécile BERTIN-ELISABETH

Copie à Madame la VP Pôle Martinique, Messieurs les Recteurs de Martinique et de Guadeloupe, Monsieur le Procureur de la République et Monsieur le Préfet de la Martinique.

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