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LETTRE OUVERTE AUX AUTORITES AYANT GESTION DU SITE HISTORIQUE DES RUINES DE L’HABITATION DUBUC EN MARTINIQUE

Réparation : dénomination et symbolique du prétendu « château » Dubuc

{{Quelques éléments de réflexions quant à la dénomination de « château » donné aux ruines de l’ancienne Habitation à la Presqu’île de la Caravelle à Trinité qui appartenait au colon français esclavagiste DUBUC.}}

Ce lieu historique sur la Presqu’île de la Caravelle, site mémoire pour notre pays mérite bien d’être mis en valeur ; C’est une ancienne Habitation au sens donné dans nos sociétés coloniales américaines de Plantations, c’est à dire un lieu de productions destinées à l’exportation vers les métropoles des colons d’Europe avec pratique de l’esclavage ; c’est donc un site témoin de faits criminels contre l’humanité, d’extermination d’amérindiens spoliés, de déportations d’africains, d’esclavage, univers concentrationnaire de tortures et sévices, de l’antimélanisme. Ces faits ne sont évidemment pas à l’honneur du Sieur Dubuc, alors que le mot « château », « castillo » en espagnol, « castle » en anglais, a tendance à positiver ce personnage, voire à en faire son apologie. Par définition un château est un lieu souvent fortifié, où résident avec sa famille un important personnage, de nobles et respectables personnes. Une habitation coloniale n’est pas un château. Le choix du mot «château» n’est donc pas innocent et oriente les visiteurs dans le sens de la gloire et invite à l’apologie des Dubuc, pour alors minimiser les faits criminels contre l’humanité, contre des personnes d’ascendances africaines et amérindiennes.

Aujourd’hui, suite à la loi Taubira de 2001 relative à la « reconnaissance de la traite transatlantique, l’esclavage des amérindiens et des africains comme étant crimes contre l’humanité », suite encore aux principes et déclarations énoncés à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme en 2001 à Durban, de la déclaration et programme d’action, dans le cadre de mesures de prévention, d’éducation et de protection visant à éliminer au plans national, régional et international, le racisme, à éduquer aux droits de l’Homme, à réparer, il faudrait pour la Martinique faire du site de l’Habitation Dubuc sur la côte atlantique, un lieu vraiment pédagogique et touristique, un lieu mémoire en résonance avec des sites comptoirs outre atlantiques africains de déportations tels l’île de Gorée, Ouidah, Luanda, … tout en continuant à expliquer aux publics les aspects techniques et économiques de la plantation d’espèces végétales, de fabrication du sucre, … y compris les anecdotes et déboires relatifs aux Dubuc.

Il serait encore judicieux de nommer l’Habitation Dubuc, dans notre langue : « Bitasyon Dubuc » (langue née de ces sociétés coloniales et très certainement parlée par les personnes d’ascendances africaines réduites en esclavage, mais aussi par les esclavagistes et donc les Dubuc).

Martinique Caraïbe, octobre 2008

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