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LES ROIS ET REINES DU DEFICIT SE PLAIGNENT D'UN EXCEDENT DE...78 MILLIONS D'EUROS

LES ROIS ET REINES DU DEFICIT SE PLAIGNENT D'UN EXCEDENT DE...78 MILLIONS D'EUROS

   On aura tout vu dans cette ile pas plus grande qu'une tête d'épingle. Enfin, n'exagérons pas quand même !

   Disons qu'avec ses 380.000 habitants, elle est grande comme deux rues de Tokyo (42 millions d'habitants). Mais en dépit de son exigüité qui faisait le grand CESAIRE la qualifier cruellement de "petit rien ellipsoïdal", il s'y passe régulièrement des choses à faire se plier de rire non seulement les autres habitants de notre chère planète terre, mais même d'éventuels extraterrestres.

   C'est ainsi que la sénateuse C. CONCONNE, ex-PPM, s'est fendue ce jour de la déclaration ci-après :

   "78 millions d’euros d’excédent....oui 78 millions d’euros dans un tel pays aux tels besoins. Voilà l’hallucinant menu qui nous attend en séance plénière demain à la CTM. C’est le résultat du compte administratif (différence entre recettes et dépenses) de l’année 2019. Comme un mauvais rêve..."

   La Dame semble avoir la mémoire courte et cela tant au plan personnel qu'au plan politique. Sur le premier plan, passons ! Un magasin de chaussures de luxe en plein Foyal complètement paupérisé et vide de ses habitants dès 18h, ce n'était pas un business plan très fûfûte. Et les 300.000 euros de déficit qui en ont résulté, selon les tribunaux, c'était pas de la tarte. Plus sérieusement, au plan politique, la Dame semble avoir complètement rayé de sa mémoire deux choses :

 

   . quand Camille DARSIERES (PPM) quitte la présidence de la Région Martinique en 1992, il laisse 1 milliard de francs de déficit à son successeur, Emile CAPGRAS (Parti Communiste Martiniquais).

 

   . quand Serge LETCHIMY (PPM) laisse la même région en 2015, devenue dès lors CTM, il laisse, lui, une ardoise de 23 millions d'euros à son successeur Alfred MARIE-JEANNE.

 

   Franc ou euro, c'est kiff-kiff bourricot, quoi !

 

   Car enfin, est-ce que gérer c'est créer du déficit permanent ? Est-ce vivre à crédit du 1er janvier au 31 décembre et cela pendant des décennies ? Car si au moins tous ces prêts, emprunts etc. effectués par la Région de l'époque avait servi à "développer" la Martinique, on aurait pu comprendre. Si le nombre de petites et moyennes entreprises qui mettent la clef sous la porte avait significativement baissé, si l'effrayant chômage (notamment des jeunes) avait diminué, si le lycée Schoelcher avait été reconstruit, si le TCSP avait pu démarrer, si...si...si..., on aurait pu admettre les raisons de pareils déficits. On aurait même applaudi !

   Or, tel ne fut absolument pas le cas.

   Donc quand CONCONNE feint de s'émouvoir aujourd'hui pour un modeste, voire misérable 78 millions d'excédent (les types du CEREGMIA, quoique présumés innocents car non encore jugés, mais radiés à vie de la fonction publique, en ont piqué à eux seuls pas moins de 12), cela à la veille d'une plénière où les conseillers territoriaux seront amenés à se prononcer sur le compte administratif de la CTM, ça pue la manoeuvre politicienne de bas étage. Mais, au fond, rien de plus normal puisque la sénateuse appartient à l'opposition au sein de la CTM.

    Là, où on verra qui est qui, ce sera au sein de la majorité ou ce qu'il en reste. On verra si ceux qui réclament à cors et à cris un emprunt de 400 millions d'euros pour la relance d'après-Covid oseront refuser de voter ledit compte administratif et son excédent pour le moins riquiqui. D'autant qu'ils sont comptables de ces 78 millions d'euros d'excédent, les secteurs économiques leurs ayant tous été attribués au lendemain de la victoire de décembre 2015. On verra si les autres mouvements politique membres de la "majorité", comptables eux aussi de cette gestion, oseront opposer un "NON" massif à ce compte administratif. 

   Car, ce que les Martiniquais doivent savoir, c'est qu'en cas de rejet dudit compte, le Préfet mettra la CTM sous tutelle.

   Rien que ça ! Exactement comme il l'avait fait, quoiqu'à mots couverts, pour la ville de Fort-de-France l'an dernier (comme quoi même en pratiquant assidument une politique d'emprunts tous azimuts les dirigeants PPM se retrouvent quand même avec des déficits abyssaux !). Un vote négatif signifierait donc que nos chers (ères) élus (es) mettront volontairement, délibérément la CTM sous l'emprise de l'Etat. Très logique, n'est-ce pas, pour des gens qui se réclament de "la responsabilité martiniquaise" et se proclament pour certains autonomistes, pour d'autres indépendantistes !

   On a donc envie de rétorquer à CONCONNE : "Arrête ton cinéma ! ". Mais comme la scène politique martiniquaise semble devenue depuis quelque temps une foire d'empoigne, un véritable cirque (au sens tant français que créole du terme), on se gardera d'offenser le 7è art. En tout cas, TI SONSON doit savoir une chose, au moins une chose. Ceci : le budget annuel de la CTM se monte à 1 milliard 120 millions d'euros. Comme il est plein de bon sens, il ne manquera pas de comparer cette somme avec les...78 millions d'euros d'excédent que l'on reproche à CHABEN. Et avec les récriminations "coconnesques" selon lesquelles ces minuscules 78 millions auraient pu servir à "développer" la Martinique.  

   Sispann pwan Neg Matinik pou an bann tèbè, ébé Bondié !

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